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Les jours venus, un film de Romain Goupil

Par Mpbernet

valeria et Romain

Un film totalement instrospectif et autobiographique de Romain Goupil, avec Romain Goupil dans le rôle principal, Valeria Bruni-Tedeschi, Marina Hands, Noémie Lvovsky, Jackie Berroyer ... et aussi, la famille du réalisateur (père et mère, épouse et enfants, belle-mère bosniaque nostalgique de Tito ...) plus un certain nombre de compagnons de route comme Arnaud Desplechin, Mathieu Amalric et Daniel Cohn-Bendit.

scène finale

C'est donc l'histoire d'un cinéaste au chômage qui reçoit une demande de la part du régime des intermittents d'avoir à documenter son dossier de retraite puisqu'il a ou va prochainement passer le cap des 60 ans, et donc basculer d'un régime dans un autre ...

Naturellement, ça lui fiche un coup de vieux (ça, on connaît !) et il revient sur sa vie passée : Sarajevo où il a rencontré sa femme, les premières années de ses enfants, sa folle jeunesse sur les barricades de 1968 quand il avait dix-sept ans.

Toute une vie consacrée à la "Gauche", d'abord comme trotskyste (Romain Goupil figure parmi les fondateurs des Comités d'Action Lycéens) et puis, au cours des années, il a bien relativisé ses engagements de jeunesse. Il a une idée de scénario, mais ne parvient pas à le rendre crédible, malgré les efforts de sa productrice ...

Par exemple, il répond à sa banquière - il est amoureux de toutes les jolies femmes tout en restant fidèle à la sienne - par un exposé très "politiquement correct" sur les raisons de la non-intervention de l'Occident en Syrie. Un comble !

Et l'homme est un brin autoritaire. Comme le dit Daniel Cohn-Bendit à la fin : "Trotskiste un jour, dictateur toujours !"

les-jours-venus 3

C'est légèrement foutraque, plein d'autodérision, monté avec finesse, avec un collage d'images personnelles - cet homme, né dans le milieu du cinéma, a toujours une mini caméra en main - et de séquences vécues, certaines d'une cruauté bien vue - je pense à une scène dans le métro avec une jeune aveugle.

Romain Goupil pense fondamentalement à la mort, réalise le fantasme assez répandu d'assister à ses propres funérailles - la scène finale est particulièrement drôle.

L'idée du héros : tourner un film sur un cinéaste (justement, comme par hasard !) qui déclenche une catastrophe (incendie, séisme...) dès que sa caméra tourne. En sous-texte, une interrogation sur le pouvoir du cinéma de faire bouger les choses. Ce long-métrage, "La défaite dépasse toutes nos espérances" dans la vraie vie de Romain Goupil, n'a pas vu le jour car l'acteur pressenti a refusé le rôle (exactement comme dans le film).

J'ignore si ces vaticinations d'homme sur le versant final de sa vie intéresseront les jeunes générations. Mais nous, nous avons bien ri. Et la réflexion sur le temps qui passe ne nous est pas totalement étrangère ....


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