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Je vous écris dans le noir

Par Filou49 @blog_bazart

09 février 2015

écris noir

Avec d'autres vertus indéniables, un des atouts incontestables de la littérature est certainement celui de permettre de mettre en lumière des faits ou/ et des personnages qui avait été sous le feu des projecteurs à une certaine époque, mais que le temps a effacé au profit d’autres.

Après le producteur Jean Pierre Rassam brillamment mis en avant par Christophe Donner, le romancier français Jean Luc Seigle (auteur notamment du très remarqué "en Veillisant les hommes pleurent", Grand Prix RTL Lire 2012) a eu le désir de faire connaitre aux générations nées après les années 60 ( ce qui est mon cas) le nom de Pauline Dubuisson, au destin hors du commun et qui avait été immortalisé au cinéma par Henri Georges Clouzot dans son film la Vérité, sous les traits de l’icône incontournable de ces années là, j’ai nommé Brigitte Bardot en personne ( même si le nom de son personnage avait été modifié).

Ayant vu très peu de films de HG Clouzot à part Les diaboliques et un ou deux autres, je n’ai jamais vu ce film La Vérité qui a pourtant connu un succès foudroyant à  l’époque de sa sortie, le début des années 60, et du coup, c’est sous la plume de Jean-Luc Seigle que j’ai fait connaissance avec cette Pauline Dubuisson qui a vraiment connu une destinée incroyable, échappant par deux fois à la peine de mort pour deux chefs d’accusations différentes, à quelques années d’intervalle.

Fille de militaire dont deux de ses frères furent mort pendant la guerre, la jeune fille a  été  tondue en place publique à tout juste 16 ans pendant la Libération, puis victime d’un viol collectif et condamnée au peloton d’exécution, pour avoir couché avec un médecin allemand de l’hôpital de Dunkerque. Sauvée par son père colonel, elle rencontre Félix Bailly à la faculté de médecine de Lille, qu’elle tuera  de trois coups de revolver, crime passionnel dû à leur histoire d’amour particulièrement cahotique.

Je vous écris dans le noir: Pauline Dubuisson, la tragique héroïne réhabilitée par la littérature..

Arrêtée et jugée, elle échappe à la peine de mort pourtant réclamée avec passion par le procureur, et est condamnée à la perpétuité en 1953, et son père qui ne se remet pas de l’arrestation de sa fille, se suicide.

Si Pauline échappe une nouvelle fois au jugement annoncé, et elle est libérée six ans plus tard pour bonne conduite, elle ne se remettra jamais totalement de tous ces faits qui ont brisé sa vie et s’en ira vivre au Maroc pour se faire définitivement oublié.

Si cette partie de sa vie n’est connue par personne, l’auteur Jean Luc Seigle, et c’est évidemment la liberté et l’audace de tout grand romancier qu'il est,  décide d’imaginer cette vie au Maroc et une nouvelle histoire d’amour avec un certain Jean à qui elle dissimule tout d’abord sa véritable identité

En choisissant Pauline comme narratrice, en lui laissant la parole comme elle ne l’a sans doute jamais eue, Jean-Luc Seigle  nous montre que son héroïne n'était peut etre pas aussi froide et calculatrice que ce que Clouzot nous avait montré, et  sa volonté d’entreprendre cette réhabilitation littéraire ne peut que me toucher profondément.

Travail littéraire d’une grande finesse, et très joliment écrit, voici un bien  beau livre, et assurément un des meilleurs que j'ai pu pour l'instant découvrir en cette  rentrée littéraire de janvier 2015.


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