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Comment le petit Français apprend à écrire

Publié le 09 février 2015 par Leoweb
09.02.2015 16:51

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GRAMMAIRE FRANÇAISE


Comment le petit Français apprend à écrire
Comment le petit Français apprend à écrire

Rollo Walter Brown – Traduction française – Ed HATTEMER 2014

L'auteur, professeur américain, a consacré en 1912 une année scolaire à visiter de nombreuses classes françaises pour observer et analyser finement ce qui est alors l'enseignement du français dans les écoles, collèges, lycées. Il y cherche matière à améliorer l'enseignement de l'anglais aux "petits américains".

  • Le goût des Français pour le bien parler et le bien écrire, goût développé tout au long du XIXe siècle.
  • La formation très exigeante des enseignants, leur culture
  • Le sérieux des enseignants et des élèves, l'enthousiasme de ceux qu'il a rencontrés, l'importance attachée à l'étude du français, le travail important demandé aux élèves.
  • L'aisance des relations entre élèves et enseignants, sans que jamais ces derniers ne se mettent au niveau des élèves.
  • La liberté laissée aux élèves de penser et de s'exprimer, dans le respect qu'ils doivent à leurs maîtres.

Les méthodes générales.

  • La primauté de la composition française
  • L'enseignement méthodique, sans être cloisonné, du vocabulaire et de la grammaire, dès le plus jeune âge.
  • La place de l'explication de texte dans les dernières années de la scolarité.
  • La lecture de textes choisis dans des oeuvres littéraires, dès le plus jeune âge.
  • L'exercice de la mémoire.
  • L'impératif que tout texte dit ou écrit par un élève soit soutenu par une pensée consciente.

Les pratiques pédagogiques.

  • L''art de questionner, l'habileté à poser de nombreuses questions à plusieurs élèves, pour les obliger à exercer leur pensée et pour contrôler leurs acquis
  • L'art de soutenir l'intérêt des élèves par des apports personnels du maître judicieusement choisi.
  • La correction largement orale, mettant en évidence les défauts comme les qualités des devoirs.

 Il semble raisonnable de considérer que c'est l'instruction qui permet à des barbiers, des cordonniers, des garçons de course, des conducteurs d'autobus, des épiciers et des serveuses d'expliquer des usages grammaticaux et rhétoriques, et que c'est cette instruction qui a contribué à leur donner une conscience de la langue qui, dans une large mesure, leur permet de parler et d'écrire correctement.

Au lieu de donner simplement la structure des programmes et des cours, j'ai cherché à dévoiler la pratique quotidienne des enseignants - la pratique qui, après tout, façonne les habitudes d'esprit des élèves - et de suggérer le point de vue ou l'esprit de la vie éducative de la nation.

Il est extrêmement difficile de retranscrire par écrit l'esprit d'une leçon. Les notes de cours des professeurs, et les autres notes que j'ai pu me procurer me permettent toutefois d'indiquer ce qui s'est passé pendant la leçon.

Pour qu'un garçon puisse résister à l'influence néfaste qu'exerce sur lui le langage de la rue, il doit posséder une connaissance suffisante qui lui permette de renforcer les bonnes habitudes de langage qu'il contracte à l'école ou à la maison.

(Après un texte de 9 lignes extraites de La chèvre de M. Seguin). Le petit français âgé de 10 à 12 ans a développé une ouïe fine et une écriture rapide à tel point qu'il peut noter une dictée de ce genre avec une exactitude surprenante.

La dictée empêche l'élève de séparer la langue orale de la langue écrite.

De nos jours, l'opinion dominante est que l'élève doit avant toute chose être capable de penser avec vigueur, d'examiner ses pensées avec sûreté et de s'exprimer avec correction et clarté selon son tempérament et son caractère.

 (En composition française) la question du sujet est d'importance capitale. Ces sujets sont conçus pour développer, dans l'ordre, les capacités de concentration et d'observation, l'imagination, les habitudes de réflexion.

Pour aider les élèves à écrire, les enseignants français suivent une pratique d'une manière si générale qu'elle doit être considérée comme une partie essentielle de leurs méthodes d'instruction. Il s'agit de la préparation du sujet en classe.

Quand le maître essaye d'imprimer une définition ou un principe dans l'esprit de l'élève, il commence par un exemple, explique ensuite la définition et termine par un autre exemple….. Au cours de la leçon (l'enseignant) parvient toujours d'une manière assez fabuleuse à poser plusieurs questions à chaque élève … De par la culture très vaste qu'il possède, il parvient à donner à ses cours un caractère informel et propice à l'échange avec les élèves.

Lorsqu'il aborde l'étude systématique d'un texte, il donne de la vie et de la couleur au plan de l'oeuvre grâce à ces observations spontanées.

Je ne veux pas dire que tous les enseignants que l'on peut rencontrer en France se montrent à la hauteur de cet idéal ; mais on ne peut qu'admirer l'habileté de la plupart d'entre eux à instruire les élèves de cette manière fortuite. (fortuite : improvisation du maître en rapport direct avec le sujet, pour renforcer l'intérêt des élèves. NDLR)

Le maître doit donc non seulement posséder une bonne connaissance de son métier, mais également avoir un "sens pédagogique" pour déterminer si la réponse qu'appelle telle question doit tenir en une phrase ou bien faire l'objet de cinq à dix minutes d'explication.

Le plus simple est de l'oublier. Les raisons ne manquent pas :

  • tout y est faux, l'auteur a menti ou a été abusé ; on sait bien qu'à cette époque, les élèves étaient des esclaves passifs et muets, sous la domination de maîtres qui dispensaient un enseignement frontal
  • tout cela est impossible de nos jours, car nos élèves sont des mutants, originaux et créatifs mais fragiles, incapables de résister à de telles charges de travail - mais en revanche, grâce au numérique, capables de faire trois choses à la fois.
  • tout cela est inutile, puisque désormais tout le savoir du monde est accessible en deux clics de souris.

Quant à nous, nous voyons cette traduction publiée au bon moment, alors que de plus en plus de nos concitoyens doutent de notre système d'enseignement. Ils ne comprennent pas comment nous en sommes arrivés là, et ne voient pas ce qu'il faudrait faire. Car quarante ans de destruction progressive de la transmission du savoir font que beaucoup n'ont jamais vécu un enseignement simplement raisonnable.

Lorsqu'enfin nous aurons décidé de replacer notre enseignement au rang qu'il avait en 1912 - et même en 1960 - celui d'une école "où les professeurs enseignent et où les élèves apprennent" – cet ouvrage contribuera à restaurer ce que l'auteur a qualifié "esprit de la vie éducative de la nation", esprit d'ambition, d'exigence, d'enthousiasme, de liberté et d'optimisme.

En effet, tout ce qui est décrit par R W Brown est possible – et même réalisé aujourd'hui dans certains établissements par des enseignants véritablement d'élite.

COMMENT LE PETIT FRANÇAIS APPREND À ECRIRE

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COMMENT LE PETIT FRANÇAIS APPREND À ECRIRE Une étude sur l'enseignement de la langue maternelle


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