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Doit-on rester en couple pour élever son enfant?

Publié le 10 février 2015 par Theworkingmum @theworkingmum1

J'ai eu un solide modèle familial : des parents amoureux, plutôt soudés, presque des rocs. C'est l'image que je me suis faite du monde des adultes, du couple, du rôle de parents. Je m'étonne encore aujourd'hui du changement de regard que je peux avoir, moi-même étant maintenant de ce monde, celui des grands à dire à ma fille ce qu'on a pu me dire " on fait pas toujours ce qu'on veut ", " t'es trop petite "... Signe que définitivement, j'ai vieilli. C'est très complexe en fait d'être adulte et encore plus d'être parent. La réplique " on fait pas toujours ce que l'on veut " caractérise exactement ma vie actuelle. D'ailleurs on le dit trop peu aux enfants que nous aussi, adultes, on en chie. Pardon, c'est vulgaire mais c'est la vérité. Le poids de la responsabilité. Bien entendu personne se plains : il y a toujours pire, cela ne se fait pas et justement il faut montrer qu'on est fort, qu'on a les réponses sinon c'est l'angoisse " y-a-t-il un pilote dans l'avion? ". J'aimerais justement plus d'humanité dans ce monde d'adultes. Humanité au sens de montrer ses doutes, le chemin que l'on fait pour choisir, démontrer justement cette capacité à réfléchir pour prendre une décision. C'est surtout ça être adulte : ne pas être sur que ce soit la bonne décision mais savoir pourquoi on l'a prise et assumer.

Pour en revenir au titre du billet (vilains doigts qui tapent comme mon cerveau pense), je suis dans un tourbillon. Dans l'oeil du cyclone. Parfois, je me sens si contrainte par les horaires car tout est minuté (voir microsecondé) que je me dis que ce serait plus simple de faire garde partagée. Oui pardon, bouh, c'est pas bien. Nous avons déjà avec super-papa-chéri eu des discussions en ce sens. Oui avec le baby blues, le changement de rythme qu'impose d'avoir un enfant, le fait de se faire passer en second et son compagnon aussi... De ne plus savoir la raison du pourquoi mais de faire parce qu'on y est contraint. C'est pas beau hein. Le plus souvent, heureusement, c'est beau.

Lors de ces moments de doutes, je me remémore les moments de ma jeunesse où je rentrais du boulot, je mangeais un plateau repas sans rien demander à personne (bah oui j'habitais seule), ne pas avoir à faire de compromis, je ne m'occupais que de moi et c'était déjà beaucoup... D'ailleurs, limite t'es déjà débordé...

Alors bien entendu dans cette vision, ce n'est pas le plateau repas qui m'excite ! Juste d'avoir du temps pour soi sans compter combien de temps pour toi tu as avant le moment fatidique où tu reprendras ta peau de Mère Thérésa (ou quasi car faut pas pousser on plus être parent c'est le plus beau métier du monde).

Doit-on rester en couple pour élever son enfant?

Je ne reviendrais pas en arrière car c'est un enseignement de la maternité : le temps est compté même quand on se s'en rend pas compte. Je sais que c'est précieux. C'est aussi pour ça que je planifie, que je m'organise, que j'optimise.

Aujourd'hui je suis pour extirper mon couple de cette fichue routine même si cela veut dire encore plus d'organisation. Si je veux profiter de mon homme, c'est la fille chez mamie donc je ne la vois pas. Si je veux profiter de ma fille, oublie ta vie de femme.

Voilà donc que je me sens tiraillée : être maman, être épouse, être une working girl, être patron même de sa boite, être sportive, être cuisinière, être chef des vacances...

La séparation peut être parfois une fuite. J'ai un ami qui avait beau avoir une relation de merde avec sa femme est resté longtemps pour les enfants. Quand les enfants ont été assez grands, ils ont demandé ce qu'il se passait, pourquoi cela se passait ainsi. Résultat : séparation. Sans rêver hein, il faut se reconstruire, ça fait mal, le modèle familial en prend souvent un coup... Mais le plus dur est avant le saut et pendant. Comme pour tout. Après c'est mode survie. Je me dis pourtant que parfois c'est notre fille qui nous a permis de passer certaines épreuves, ça donne un goût amer tout de même...

Cette semaine, je me suis dis " mais heureusement qu'on est deux ". Généralement, nous ne pétons pas les plombs en même temps, ce qui aide pour gérer les crises de notre fille, généralement je me lève le matin avant lui mais je prends du temps pendant la sieste de ma fille, j'ai pris un congé parental pour qu'il bosse à fond et à c'est l'inverse... On essaye d'être équitable. Heureusement qu'on est deux pour notre fille.

Heureusement qu'on est deux c'est aussi heureusement qu'il est là pour moi. C'est à ça que je vois que nous ne sommes pas que parents. Il manquerait sacrément quelque chose dans ma vie sinon. Heureusement qu'il est là pour moi. Pour me pousser à m'améliorer, pour m'ouvrir les yeux sur certaines choses, pour me soutenir quand ça va pas, pour rire avec moi même si en ce moment c'est pas les meilleurs moments. On a beau essayer de se planifier une sortie par mois obligatoire, même ça on y arrive pas ! Je me dis néanmoins que je ne pourrais pas si ce n'est " pas le bon " mettre ma vie de côté juste parce qu'il est le père de ma fille et ça lui aussi le dit. Oui, nous sommes exigeants. Là, c'est dans le bon sens, pour notre cause, notre bonheur à tous les trois.

Alors oui parfois je rêve de liberté mais je suis sure que c'est aussi un peu le syndrome de vouloir ce qu'on a pas. Une fois qu'on le sait, on se sent mieux. Bien même. C'est qu'au final tout est à sa place et ça, c'est les efforts qui payent.


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