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Propulse ( Public) - day 3( Alaska Gold Rush - Dario Mars and the Guillotines - THYSELF - Daggers ) - Botanique- Bruxelles, le 6 février 2015

Publié le 06 février 2015 par Concerts-Review

Charles Eloy

Pour clôturer le festival Propulse au Bota, nous entamons la soirée avec la trilogie hivernale.

Le premier jour : le groupe Alaska, Alaska

Le deuxième jour : « Eskimo » (composition de Empty Taxi)

Le troisième jour : Alaska Gold Rush

Cela nous change des  noms  de groupes comme Hot Chocolate, Sweet , 1910 Fruitgum Company qui ont bercé les oreilles de nos parents.

  ALASKA GOLD RUSH : Renaud Ledru à la guitare et Alexandre  De Bueger, un moustachu avec des longs cheveux,  à la batterie jouent un folk rock. Paradoxalement, leur musique ne représente pas le froid du grand nord, mais les richesses du Mississippi  et autres régions du sud des États-Unis.

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Leur premier EP, intitulé «Pilot Village Midnight » colle à leur musique.  Ils ont parcouru comme les pionniers dans la ruée vers l’Ouest et découvert des trésors dans les villages perdus dans le Nevada.

Le chanteur-guitariste possède une voix quelque peu nasale se prêtant à reproduire l’accent américain.

Leur répertoire reprend différents styles.« Dirty road » nous amène sur les chemins du rockabilly, un son direct. La batterie maintient un tempo à la manière des Stray Cats, qui a connu un vif succès dans les années 80.« Rich » contient essentiellement des éléments de musique country sur un tempo lent avec une batterie en sourdine.  Les paroles répétées . « I lost, I lost,…….. » peut exprimer le désespoir la population appauvrie durant la grande récession des années trente aux États-Unis. L’histoire se répète.  Une partie des Européens sont également touchés par la crise actuelle.

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Renaud et Alexandre nous piochent durant le concert une musique agréable à écouter.


DARIO MARS AND THE GUILLOTINES

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Dario Mars and the Guillotines est un quartet de rock puissant, un intrigant mélange de surf rock, rock psychédélique, rockabilly, garage rock, country couvrant 3 décennies de musique des années cinquante aux seventies.

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 La première composition « Cold sun » nous plonge dans un univers sombre et apocalyptique. La chanteuse  Bineta Saware fait discrètement des  murmures vocalisés renforçant cette sensation que nous sommes dans les ténèbres.  J’ai vu récemment Bineta, en guest, avec le groupe Wonder Monster au Bar du Matin.

Suit « How the story goes » avec une guitare  avec un son vintage flanger. Bineta, un tambourin à la main, tient bien la scène.

« The day I died » débute avec un jeu de guitare surf rock comme  l’américain Dick Dale, précurseur des groupes californiens (Beach Boys,….)

Renaud Mayeur, le compositeur principal du groupe, est au chant.  Après avoir écrit des musiques de films (Palme d’Or pour le métrage « El Dorado » de Bouli et autres récompenses),  il revient au-devant de la scène.

Son jeu de guitare varié et sa présence scénique me fait penser à Josh Homme des « Queens of stone age » dont Concert Monkey a fait un reportage lors du festival Sziget en Hongrie.

« Jailer », un morceau langoureux ressemble étrangement au style de musique qui a fait le succès de Vayos con Dios sur le continent européen. Une chanson bluesy peine de tourments.

« Banned from ever » démontre toutes les possibilités vocales, passant de rock au soul, de Bineta qui sait monter en puissance et créer des climax consécutifs, des chants entremêlés de cris venant du plus profond d’elle-même. Et surtout pour le plaisir du public.

Bineta, gracieuse en robe longue, mène le groupe avec une chorégraphie spontanée, à faire pâlir ou rougir Britney Spears.  Correct pour ne pas tordre les esprits. Bineta nous dévoile ses pieds, nous ne sommes pas à une revue au Moulin Rouge, Montmartre. Le groupe est signé par le label underground allemand « Van Records »

Setlist : Cold sun, How the story goes,Death is dead, the day I died, Jailer, Banned from ever, Somebody else

THYSELF

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Leur rock alternatif enchaîne après le passage de Dario Mars and the Guillotines qui sont des musiciens avec une grande expérience. Nous ressentons que les musiciens affectionnent la recherche de sons. Ils ont tous étudié à IAD (Louvain-La-Neuve) et certainement une base d’ingénieurs de son.

Il me semble qu’ils doivent encore évoluer vers un meilleur équilibre des compositions et l’usage des technologies, au risque de passer inaperçu.

 DAGGERS

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Une voix brute sortant de la préhistoire, un cas d’étude anthropologique. Le bassiste qui marche sur scène les jambes arquées comme un cow-boy dans une bande dessinée, genre les frères Dalton.Le groupe Daggers, des incompris de la société de consommation. Un groupe qui a réussi à survivre durant plus de sept ans. Combien de groupes peuvent en dire autant ?  Des spectateurs quittent la salle. Je reste ébloui par leur prestation scénique hors de commun. Le chanteur repose régulièrement sa main sur le crâne d’un photographe en première ligne.  Tu t’imagines que ce dernier a une perruque et qu’il l’arrache? Ma collègue photographe, toujours la même à mes côtés, râle.  Elle tire une photo de notre cow-boy bassiste avec ses jambes arquées qui gigotent.  Conséquence, nous avons une photo représentant le néant entre les jambes de notre musicien. Elle est dingue du show du bassiste  jouant la basse comme Sid Vicious des pseudo-anarchistes Sex Pistols et reprend une série de photos.

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Daggers, c’est un spectacle hallucinant. Je leur conseille de prendre contact avec le manager de Kiss et faire une reprise de Neanderthal Man du groupe  de rock progressif Hot Legs (1970) pour leur garantir des tournées internationales.  Le titre de leur album « It’s not jazz, it’s blues », les plate-formes digitales ne savent pas dans quelle catégorie de musique classer Daggers. Une situation inédite.

La quatrième édition du festival Propulse a tenu ses promesses en représentant des groupes de différents styles et niveau. En fin de compte, je crois que  le public donne la note finale. La libre expression à la Charlie est bien passée avec des phrases à double sens, ne nécessitant pas à se taper dessus. Quelques unes venant de spectateurs...    « Qu’ils sont bons, qu’ils sont bons » « Où est-ce que les programmateurs vont les chercher » « Excellente découverte »« J’ai des amis qui jouent mieux que les musiciens sur scène »

Je suis bien heureux de retrouver une ambiance conviviale et bon-enfant où tout le monde s’est drôlement bien amusé.


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