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La sélection de la semaine : Jim Hawkins, Undertaker, Hicksville, Le merveilleux spectacle de la téléréalité, Preacher, Enola et les animaux extraordinaires, Sauvage, Bran, Junker, Anatole Latuile, Bonolon, Vidocq, Snow illusion et Love DK

Par Casedepart @_NicolasAlbert

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Jim Hawkins, tome 1 : Le Testament de Flint, de Sébastien Vestra (Ankama)

Pour ce troisième samedi du mois de février, Case Départ vous propose sa belle sélection de la semaine. En vous ouvrant sa bibliothèque, le blog met en lumière de très bonnes bandes dessinées. Nous passons au crible, les albums suivants : Une très jolie libre adaptation de L’ile au Trésor : Jim Hawkins de Sébastien Vestra, Undertaker : un sublime western explosif signé Meyer & Dorison, Hicksville : le chef-d’œuvre de Dylan Horrocks, un album compilant les illustrations du blog de Benoît Feroumont : Le merveilleux spectacle de la téléréalité, la réédition du comics Preacher, la première aventure de la nouvelle série jeunesse Enola et les animaux extraordinaires, Sauvage : la biographie dessinée de la vie extraordinaire de Marie-Angélique Le Blanc, l’album fantastique de Flora Grimaldi et Maike Plenzke : Bran, le nouvel album de Simon Spruyt : Junker, le nouveau recueil d’histoires d’Anatole Latuile, le nouvel album d’histoires pour les tout-petits : Bonolon, la première enquête de Vidocq, le père de la police judiciaire, le très bon manga romantique et fantastique Snow illusion et le premier volet de L♥DK, un manga édité par Pika. Bonnes lectures.

Jim Hawkins

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De nombreux auteurs, romanciers ou cinéastes se sont essayés à l’adaptation plus ou moins fidèle de L’île au trésor de Robert Louis Stevenson. L’une des plus réussies est celle de Xavier Dorison et Matthieu Lauffray, Long John Silver (Dargaud). Découvrons un nouvelle version animalière, Jim Hawkins de Sébastien Vestra, aux éditions Ankama.
Résumé de l’éditeur : Un avenir de commis de cuisine et l’auberge familiale en héritage, Jim Hawkins sait qu’il ne restera pas longtemps sur la terre ferme. Son regard est ailleurs, tourné vers cette ligne de mer posée sur l’horizon, promesse d’inconnu et de mystères. Il suffirait juste d’un pas vers l’océan pour embrasser cette vie et devenir un autre.
Il suffirait d’un coup de pouce du destin ou de Bill Bones, ce vieux loup de mer fraîchement débarqué avec sa précieuse carte, pour que Jim bascule dans le tourbillon de l’aventure. Mais s’il y a une chose dangereuse en ce bas monde, c’est bien de posséder une fortune sur un morceau de papier…

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Jim Hawkins est une version du mythe de L’île au trésor extrêmement aboutie, tant scénaristiquement que graphiquement. Pour mener à bien son projet, Sébastien Vastra a décidé de transposer l’œuvre de Stevenson dans le monde animal. Ses personnages anthropomorphes à mi-chemin entre Blacksad et De cape et de crocs, donnent une nouvelle dimension au roman. Il faut dire que pour se démarquer des nombreuses adaptations et captiver encore le lectorat, il faut faire preuve d’ingéniosité ; et c’est le cas pour ce premier tome, Le testament de Flint.

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Le récit d’une belle fluidité (le narrateur est Jim) et le texte sont particulièrement soignés. L’histoire débute alors que son héros Jim a 15 ans. Fils modèle, attentif aux autres et dévoué, il aide ses parents tenanciers d’une auberge au bord d’une falaise. Peu fréquentée, c’est essentiellement la mère et son fils qui la gère ; le père étant atteint d’une grave maladie. L’appel du large, l’adolescent le vit à travers les récits de marins faisant escale dans leur établissement. Ce rêve est amplifié avec l’arrivée du Capitaine Bill Bones, gros morse à qui il ne reste qu’une défense. Au fil des jours, ses ennemis vont venir le pourchasser jusque dans l’auberge, afin d’y dérober son précieux coffre mystérieux.

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Cette belle galerie de portraits (Jim, sa mère, Bones, le docteur Livesay ou Trelawney) est fabuleuse. Il faut ajouter des méchants, affreux comme on les aime (Pew l’ignoble volatile aveugle ou Chien Noir) et l’on obtient une belle fable d’aventure emplie d’actions, de combats, d’intrigues et de mystères.

Le trait du jeune auteur (Mâchefer avec Duval, Spyder 3) est très réussi. Proposant des planches très équilibrées et aux cadrages (en plongée ou contre-plongée) intéressants. Influencé par Ayroles (De cape et de crocs), Otomo (Akira), les dessins animés des années 80 ou par le réalisateur Miyazaki, Sébastien Vestra est un jeune dessinateur à suivre.

  • Jim Hawkins, tome 1 : Le testament de Flint
  • Auteur : Sébastien Vestra, d’après l’œuvre de Robert Louis Stevenson
  • Editeur : Ankama
  • Prix : 14.90€
  • Sortie : 23 janvier 2015

Undertaker

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Etre undertaker (croque-mort) dans les Etats-Unis du 19e siècle n’est pas très bien vu. A bord de son corbillard, il annonce la mort et tout son folklore. Parcourant les routes entre les petites villes, Jonas Crow se rend à Anoki City pour Cusco, patron d’une mine d’or mais pas encore mort. Associé à Ralph Meyer, Xavier Dorison imagine une nouvelle série Undertaker, une western d’un nouveau genre.

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  • Undertaker, tome 1 : Le mangeur d’or
  • Scénariste: Xavier Dorison
  • Dessinateur : Ralph Meyer
  • Editeur : Dargaud
  • Prix : 13.99€
  • Sortie : 30 janvier 2015

Hicksville

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Publié initialement en 1998 en langue anglaise, Hicksville est l’œuvre majeure de Dylan Horocks. Augmentée d’une introduction pour la nouvelle édition parue chez Casterman à L’Association en 2001), l’histoire met en scène un journaliste parti à la rencontre de la nouvelle star des comics. Une ode au Neuvième art !
Résumé de l’éditeur : Le journaliste Léonard Batts a décidé d’écrire la biographie de la nouvelle star du comics américain Dick Burger. Il part enquêter dans sa ville de naissance, Hicksville, au nord de la Nouvelle Zélande. Dans ce patelin perdu au milieu de nulle-part, il va découvrir la capitale improbable et méconnue de la bande dessinée mondiale… A Hicksville en effet, chaque habitant est un spécialiste passionné de BD, chaque librairie, bibliothèque renferment des trésors à faire pâlir n’importe quel collectionneur. Cependant, à l’évocation du nom de Dick Burger, Léonard Batts se heurte au mutisme le plus total. Quel lourd secret se cache dans le passé de la star ?

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Le récit de Dylan Horrocks est un véritable hymne à la bande dessinée ; il déclame tout son amour au 9e art (la bande dessinée européenne et les comics). D’une très grande qualité narrative, parfois ardu et dense, l’auteur australien navigue entre les lignes et les vignettes des grands auteurs.
Son héros, Léonard, journaliste simple, parfois naïf, part en Nouvelle-Zélande, sur le trace du nouveau petit génie du dessin, Dick Burger, le nouveau Jack Kirby, rien de moins. Il souhaite écrire un biographie sur ce jeune prodige. Dans cette ville fantasmée, au cœur du pays des maoris, tous les habitants ont de près ou de loin, des liens avec le monde de la bande dessinée. Mais pourtant, ils n’entendent pas aider le jeune homme dans sa quête : le fait de mentionner le nom de l’auteur et toutes les bouches se ferment ; le long périple de Léonard pour arriver dans le ville en témoigne. Pourquoi tant de mystères autour de Dick ?

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Ce formidable roman graphique original et singulier, part dans tous les sens mais nous en apprend beaucoup sur la bande dessinée mais aussi sur Dylan Horrocks, entre ses envies, ses souvenirs personnels et ses propres créations. Dans son introduction, le lecteur apprend que son père a un côté Capitaine Haddock (qui se rêvait en dessinateur et qui possédait de nombreux albums de Tintin en français), qu’il aimait Les Peanuts de Schultz, les Moomins de Tove Jansson ou Capitain Marvel. Il entrecoupe son histoire de mini-récits avec des super-héros.

Le trait en noir et blanc de l’auteur d’At Work (Casterman, 2015) est d’une belle simplicité mais dégage une grande force, dans la veine de Charles Burns. Un dessin qui évoluera pour atteindre sa plénitude dans Magic Pen (Casterman, 2014), publié après Hicksville.

  • Hicksville
  • Auteur : Dylan Horrocks
  • Editeur : Casterman
  • Prix : 22€
  • Sortie : 14 janvier 2015

Le merveilleux spectacle de la téléréalité

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On ne peut pas dire que la téléréalité soit un univers familier pour Benoît Feroumont. Il faut préciser que Le royaume (6 tomes parus chez Dupuis) est à mille lieues de Koh Lanta. Pourtant l’auteur ve se prendre au jeu livrant sa vision décalée et amusante du programme de TF1. Editée par Dupuis, Le merveilleux spectacle de la téléréalité est la transposition papier des illustrations livrées sur son blog.
Résumé de l’éditeur : Il y a quelque temps, grâce à ses enfants, Benoît Feroumont découvre Koh-Lanta, « une téléréalité qui érige la compétition, le coup bas, la stratégie bas de gamme comme manière de vivre ». Livrés à eux-mêmes sur une île déserte, les candidats de Koh-Lanta luttent pour survivre, traqués par l’oeil impitoyable de la caméra. Car, comme le rappelle inlassablement l’animateur Denis Brogniart, à la fin, il n’en restera qu’un.

Autant dire qu’il s’agit là d’un merveilleux laboratoire d’observation de la nature humaine, mise à l’épreuve par un étonnant mélange d’humiliation orchestrée, de vraies fausses situations conçues pour piéger les candidats et d’encouragement aux stratagèmes les moins honorables pour gagner.

Benoît Feroumont entreprend rapidement de rendre compte, sur son blog, des épisodes de Koh-Lanta, et de la manière dont lui, téléspectateur, perçoit ce qui se joue, chaque semaine, sur l’écran de sa télévision. Un rendez-vous télévisuel auquel il revient, malgré la lassitude, et parfois l’exaspération, séduit par l’exercice créatif que ces comptes rendus constituent, et peut-être devenu aussi un peu accro à ce plaisir coupable.

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Un vendredi soir comme les autres chez les Feroumont : dîner et télé. Alors que Benoît dessine sans trop faire attention au programme, sa femme et ses deux enfants ont les yeux rivés sur Koh Lanta. Affalé dans son fauteuil, griffonnant et bougonnant à la vue des premières images, il va être happé par la mécanique du jeu de survie.
A travers les 190 pages de cet album, il livre sa vision, sans concession, de l’émission, mais sans aucune once de méchanceté. Il nous dit ce qu’il apprécie, ce qu’il déteste et c’est ce qui fait le sel de cet album. Fustigeant les alliances, la bassesse des candidats, les épreuves et la présentation de Denis Brogniart. Entre attirance et répulsion face au programme, il le dépeint de façon magistrale et très drôle. L’auteur de Gisèle et Béatrice (Dupuis, 2013) décortique ainsi le casting parfois bizarre des candidats, leur langage, les stratégies mais aussi les différents conseils où l’on élimine ces personnages haut-en-couleur.

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En ce qui concerne le trait de l’auteur, il est vif et jeté comme le veut l’exercice des dessins de blog, loin de ses magnifiques planches du Royaume. Il faut ajouter que Benoît Feroumont a travaillé sur des films d’animation, tous formidables : Les triplettes de Belville (Sylvain Chomet, 2003), Brendan et le secret de Kells (Tomm Moore, 2008) ou Astérix et le domaine des dieux (Alexandre Astier, 2014).

Pour admirer Le merveilleux spectacle de la téléréalité ou les autres illustrations de Benoît Feroumont, découvrez son blog : bferoumont.blogspot.be

  • Le merveilleux spectacle de la téléréalité
  • Auteur : Benoît Feroumont
  • Editeur : Dupuis
  • Prix : 18€
  • Sortie : 30 janvier 2015

Preacher

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Publié à la fin des années 90, Preacher a bouleversé le monde du comics. Publiée par Urban Comics, cette série culte est signée Garth Ennis et Steve Dillon et met en scène un pasteur touché par une force surnaturelle et qui lui donnera d’étranges pouvoirs.
Résumé de l’éditeur : Au premier abord, le révérend Jesse Custer ne semble pas différent des autres petits pasteurs de province des États-Unis. Isolé dans une petite ville du Texas, le temps s’y dilue sans agitation, et avec lui, l’ardeur de sa foi. Jusqu’au jour où un terrible accident vient anéantir son église et décimer l’ensemble de ses fidèles. Depuis lors, Jesse développe d’étranges pouvoirs émanant d’une force spirituelle appelée Genesis. En proie au doute et à de multiples interrogations, l’homme se lance alors à la recherche de Dieu et, chemin faisant, croise la route de Tulip, son ex-fiancée, et de Cassidy, un vampire irlandais. Un pèlerinage au coeur de l’Amérique, où le Bien et le Mal ne font qu’un.

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Le récit de Garth Ennis est son œuvre fondatrice éditée entre 1995 et 2000. Composée de 76 épisodes (66 dans la saison régulière, 5 numéros spéciaux et une mini-série en 4 numéros), l’histoire est empreinte de bel humour noir très subtil. D’une grande maîtrise narrative (surprises et rebondissements à foison), notamment lorsqu’il décrit l’enfance de Jesse Custer, cette saga est violente et sanguinolente, mâtinée de fantastique. Le langage cru et les personnages complètement barrés font de Preacher un titre provocateur.

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A la fois blasphématoire et même anarchique, l’album met en scène Jesse Custer, drôle de pasteur américain, sans filtre et brute de décoffrage. N’ayant pas la langue dans sa poche, il fut touché par une force surnaturelle venue de l’espace (le Genesis né d’un accouplement d’une démone et d’un ange) et fut transformé jusqu’au plus profond de lui. L’homme qui ne souhaite pas que l’on connaisse son passé (élevé durement par sa grand-mère ultra-catholique, puis petit malfrat dans son adolescence), il est depuis doté de La voix qui soumet n’importe qui à ses pulsions. Accompagné de Tulip, son ex devenue tueuse à gage et Cassidy, un vampire irlandais, il tente de rejoindre Dieu.

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Si Preacher est le chef-d’œuvre d’Ennis, c’est le cas aussi pour Steve Dillon pour le dessin. L’auteur de Hellbalzer, avec le même scénariste (1992) propose des planches d’une grande force graphique. Influencé par les albums de Moebius (notamment visible pour les visages), les gueules cassés sont formidables.
Une rubrique Courrier des lecteurs est traduite en fin d’albums, ainsi que les couvertures des épisodes signées Glenn Fabry et des covers par d’autres illustrateurs. A noter qu’une adaptation télévisée fut réalisée à partir de 2014 par AMC (chaîne qui diffuse Walking Dead) et que la série fut récompensée par 3 Eisner Awards (meilleur scénariste en 1998, meilleure série régulière en 1999 et meilleure colorisation en 1997).

  • Preacher, livre 1
  • Scénariste : Garth Ennis
  • Dessinateur : Steve Dillon
  • Editeur: Urban Comics, collection Vertigo Essentiels
  • Prix: 28€
  • Sortie: 23 janvier 2015

Enola et les animaux extraordinaires

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Enola est une jeune fille exceptionnelle. Elle exerce un drôle de métier : vétérinaire pour les animaux de contes et légendes. Pour sa première aventure, La gargouille qui partait en vadrouille, elle vient en aide à une statue malicieuse placée en haut de l’église d’un petit village. Cette nouvelle série jeunesse proposée par les éditions La gouttière est scénarisée par Joris Chamblain et mise en image par Lucile Thibaudier.
Résumé de l’éditeur : Caché au cœur d’un Muséum d’Histoire Naturelle se trouve le cabinet d’Enola, une vétérinaire hors du commun. Sa spécialité ? Les animaux des contes et légendes! Centaures, phénix et autres gargouilles n’ont aucun secret pour elle.
Avec son compagnon de route Maneki et à l’aide des inventions du génial Archibald, elle parcourt le monde pour soigner les maux des créatures extraordinaires.
La petite souris n’est pas passée? Votre minotaure semble égaré ? Demandez conseil à Enola, elle saura vous aider !

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Après l’excellent série Les carnets de Cerise (avec Aurélie Neyret, trois tomes chez Soleil), Joris Chamblain imagine un nouvel univers merveilleux et fantastique pour les enfants Enola et les animaux extraordinaires. Pour ce premier volet, le jeune lecteur entre rapidement dans le vif du sujet. A peine le temps de découvrir la jeune fille et Maneki, son chat mais aussi Archibald, vieil inventeur, qu’elle est appelée à l’aide par le curé et le sculpteur d’un village. Teinté d’un bel humour, le récit est rythmé et le jeune lectorat (dès 8 ans) passera un agréable moment de lecture-plaisir. Nous décelons tout le potentiel de ce monde imaginaire et de son héroïne ; la série devrait plaire et avancer dans des directions originales. Les animaux (Maneki, le phénix) ou les gargouilles sont personnifiés ce que vont forcément apprécier les enfants.

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Pour accompagner son scénario, Joris Chamblain a fait appel à Lucile Thibaudier, auteur de Sorcières Sorcières (Kennes éditions, 2014). Son trait tout en rondeur est d’une grande douceur et ses couleurs apportent beaucoup de chaleur au récit. Ses planches composées de grandes cases sans cadre (jusqu’à 5 vignettes maximum) permettent d’observer tout son talent. A noter des décors sont aboutis et que les engins volants (l’hélicoloptère) sont dignes de ceux de Jules Verne. Après quelques légers réglages, Lucile Thibaudier deviendra une grande dessinatrice.

Joris Chamblain et Lucile Thibaudier : deux jeunes auteurs à suivre.

  • Enola et les animaux extraordinaires, tome 1 : La gargouille qui partait en vadrouille
  • Scénariste : Joris Chamblain
  • Dessinateur : Lucile Thibaudier
  • Editeur: La Gouttière
  • Prix: 10.70€
  • Sortie: 30 janvier 2015

Sauvage

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Surnommée la Sauvage, Marie-Angélique Le Blanc a connu un destin incroyable au 18e siècle. Arrachée à sa mère au Canada, arrivée en France, elle se réfugie dans une forêt et vit alors en véritable ermite, retournant à l’état naturel et sauvage. Recueillie, elle deviendra une attraction des salons littéraires de l’époque, après avoir été instruite. Sauvage est la biographie dessinée et fictionnelle de la jeune femme, établie par Jean-David Morvan et Aurélie Bévière aidés de Gaëlle Hersent au dessin.

Résumé de l’éditeur : 1720. Âgée de huit ans, une petite fille, partie du Canada, fuit l’esclavage. Arrivée à Marseille, après avoir subi viols et brimades, elle se réfugie dans les forêts de Champagne. Ainsi débute dix années d’errance jusqu’à sa capture et sa progressive réhabilitation. Mêlant nature et culture, bestialité et aristocratie, violences et douceurs, cet album de contrastes raconte l’histoire extraordinaire de Marie-Angélique, l’enfant sauvage.

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Fondée sur un fait historique authentifié dans de nombreux documents, cette biographie de Marie-Angélique Le Blanc est extraordinaire. Pour décrire ce destin hors-du-commun mais aussi romancer les zones d’ombres non-connues, Aurélie Bévière et Jean-David Morvan ont misé sur le spectaculaire. Pour mener à bien leur projet, ils se sont inspirés d’un livre de Serge Aroles : Marie-Angélique (Haut-Mississippi, 1712 – Paris, 1775) : Survie et résurrection d’une enfant perdue dix années en forêt (2004).
Ecrit comme une fable, le récit d’une grande modernité, use habilement des allers-retours dans la vie de la jeune femme. Entre 1712 et 1775, le tout Paris connaît son histoire. De sa « vente » forcée par sa mère à des français à ses fulgurances dans les salons littéraires, sa protection par la femme de Louis XV, en passant par son passé d’ermite ou son placement dans une institution où elle deviendra religieuse, tout y est.

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La couverture mystérieuse invite le lecteur à ouvrir l’album. Pour mettre en image Sauvage, Jean-David Morvan et Aurélie Bévière ont choisi Gaëlle Hersent, ancienne élève des Beaux-Arts d’Angoulême. Son trait vif et semi-réaliste ainsi que son découpage imposent un rythme fou à l’album. Les expressions des visages sont d’une très grande force. Pour restituer au mieux l’ambiance de la Cour, elle s’est inspirée des peintres du 18e siècle comme Frogonard, Chardin, Watteau ou Liotard et s’est beaucoup documentée sur la culture amérindienne pour l’enfance de Marie-Angélique. Il faut ajouter que les magnifiques planches muettes apportent des respirations bienvenues dans cet album parfois cruel.

Le premier album de la jeune dessinatrice est particulièrement abouti ; une vraie réussite. Une jeune auteure à suivre.

  • Sauvage
  • Scénariste : Jean-David Morvan et Aurélie Bévière
  • Dessinateur : Gaëlle Hersent
  • Editeur: Delcourt, collection Mirages
  • Prix: 24.95€
  • Sortie: 28 janvier 2015
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Bran

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Sur l’île d’Errance, dans la forêt interdite vivent les Créatures, des humains qui peuvent sur transformer en animaux. Bran, prince cruel héritier du trône, blesse l’une d’elles. C’est le début de Bran, une histoire imaginée par Flora Grimaldi, mise en image par Maike Plenzke et publiée par les éditions Glénat.

Résumé de l’éditeur : Sur l’île d’Errance, les Humains se méfient comme de la peste des Créatures, des êtres magiques aux pouvoirs redoutables. Lors d’une partie de chasse dans la Forêt Interdite, le jeune et arrogant Bran blesse mortellement une biche aux cornes d’or qui s’avère être l’une de ces Créatures. Elle lui jette alors un terrible sort : le jour, Bran se changera en corbeau pour ne redevenir humain qu’une fois la nuit tombée. Rejeté par les siens, Bran trouve alors refuge auprès de Macha, une belle Créature-sorcière capable de se transformer en renard. Perdu dans un monde auquel il ne connaît rien, il se résout à la suivre dans son voyage à la recherche d’un remède pour une jeune Créature sur le point de mourir. Remède qui pourrait bien être en mesure de guérir aussi le mal de Bran…

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Ce très joli récit en un tome est construit comme une fable faisant intervenir la fantastique. Flora Grimaldi livre un scénario agréable et relativement bien maîtrisée, à la narration fluide et d’une grande lisibilité. L’histoire très originale ciblée pour le jeune lectorat met en scène un univers empreint de magie et d’êtres fabuleux. Tous les ingrédients sont réunis pour une magnifique histoire douceâtre et pourtant Bran est très sombre. En effet, le point fort est la cohabitation des plus délicates entre les humains et les Créatures. Le personnage de Bran, héritier hautain et sans scrupules va évoluer au fil des pages, passant d’être cruel à un homme plus compréhensif après avoir été transformé lui-même par en créature (en corbeau). Blessant d’une flèche une fille-biche, il va faire équipe avec Macha, fille-renarde, missionnée par les autres Créatures pour des tâches ardues.

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Si le lecteur passe agréable moment de lecture, il le doit aussi à sa partie graphique très colorée. Maike Plenzke propose de sublimes planches, grâce à un trait maîtrisé utilisant l’ordinateur et proche des films d’animation. Sans contours pour l’encrage, les personnages sont d’une grande élégance et très modernes.

  • Bran
  • Scénariste : Flora Grimaldi
  • Dessinateur : Maike Plenzke
  • Editeur: Glénat
  • Prix: 14.95€
  • Sortie: 14 janvier 2015

Junker

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Deux frères que tout oppose, c’est très classique. Mais là où l’originalité s’installe c’est lorsque Simon Spruyt en fait des prussiens, envoyés dans une école militaire, du début du 20e siècle. Prêts à servir le roi Guillaume II, ils avancent dans des directions différentes dans Junker, publié par Cambourakis.

Résumé de l’éditeur : Début du XXe siècle, quelque part en Prusse. Ludwig et Oswald von Schlitt sont deux frères au destin tout tracé. Désormais seuls garants de l’honneur de leur nom – leur père a laissé sa jambe et son prestige au combat lors de la guerre franco-prussienne de 1870 – Ludwig et Oswald sont envoyés à l’école des cadets où ils apprendront à servir leur roi, l’impopulaire Guillaume II, et où Ludwig se prendra de passion pour la fameuse mitrailleuse Maxim, arme diabolique qu’il apprendra à maîtriser parfaitement, jusqu’à succomber à sa fascination et déclencher d’un coup de feu fatal la Première Guerre mondiale.

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Etre né dans la famille Von Schlitt implique de grands sacrifices liés à de grandes responsabilités. Si le père fut un grand soldat qui perdit une jambe lors d’une bataille et ses deux enfants devaient absolument suivre ses pas. Oswald, frondeur et admirateur d’armes de guerre, tandis que Ludwig est un garçon effacé, plutôt loin de l’armée et sous le joug de son frère. La mère, quant à elle, se trouvait à Davos, dans un sanatorium car très malade.
Pour parfaire leur éducation, les deux jeunes adolescents sont envoyés dans une école militaire à Köslin, précédés par la réputation flatteuse de leur père. Entre l’exotisme des coutumes et les autres cadets, l’apprentissage n’est pas des plus simples.

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Dans cet album, Simon Spruyt propose une vision très personnelle des relations fraternelles à travers une histoire très originale. La toile de fond se situe en Prusse, le pays vainqueur de la Guerre contre la France en 1871. Dans ce pays heureux de l’issue du conflit, tout réussit aux habitants. Si l’esprit revanchard est du côté français, les prussiens, qui ont annexé l’Alsace et la Lorraine, sont bercés par une drôle d’euphorie. Le dessin de l’auteur Belge (SGF, éditions Même pas mal, 2014) est composé de traits très ligne claire et de teintes bleu-gris à l’aquarelle. Entre semi-réalisme et abstraction, les planches sont d’une belle qualité.

  • Junker
  • Auteur : Simon Spruyt
  • Editeur : Cambourakis
  • Prix : 26€
  • Sortie : 18 février 2015

Et pour quelques pages de plus…

Pour compléter notre sélection de la semaine, Case Départ vous conseille aussi les albums suivants :

Anatole Latuile

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Le roi du chahut est le huitième recueil des aventures d’Anatole Latuile, le sérial gaffeur, imaginé par Anne Didier et Olivier Muller, mis en image par Clément Devaux et publié par BD Kids.
Résumé de l’éditeur : Et onze nouvelles histoires d’Anatole Latuile ! Entre autres merveilles, vous apprendrez la manière délicieusement poétique dont s’y prend Anatole pour éviter que son (épouvantable) bulletin tombe entre les mains de ses parents. Ou bien le défi que s’impose le garnement pour introduire son chien au cinéma dans un cabas bricolé… De cyclones en ouragans, découvrez aussi comment Anatole entend se procurer la carte Morvox d’or qui complètera sa collection, ou la raison pour laquelle il met un chien dans son lit pour tromper la baby-sitter… Ébouriffant !

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Anatole Latuile est l’un des héros du label BD Kids des éditions Bayard. Succès en librairie (plus de 100 000 exemplaires vendus des sept premiers tomes), il bénéficie de la visibilité du magazine J’aime Lire (2 millions de lecteurs mensuels potentiels). Comme pour le précédent volume, ce petit génie de la catastrophe fait rire et sourire les jeunes lecteurs. Les mini-récits signés Anne Didier et Olivier Muller, qui sont frère et sœur, sont toujours d’une belle qualité, entre autre : Les bulletins, Anatole veut falsifier ses notes, Les fiches Tactic : le jeune garçon met la touche finale à ses modes d’emploi pour inventer des combines, Les parents d’Anatole ont décidé de le faire garder par une baby-sitter afin de l’interdire d’aller aux Feux d’artifice, Piège ton voisin : Anatole souhaite participer à l’émission télé en filmant le piège contre sa voisine ou encore Le goûter hanté : les deux amis préparent des éléments effrayants pour tromper des enfants lors d’un goûter d’Halloween.

A noter que Clément Devaux livre lui aussi une belle partition graphique, à la hauteur des aventures rocambolesques d’Anatole Latuile.

  • Anatole Latuile, tome 8 : Le roi du chahut
  • Scénaristes : Anne Didier et Olivier Muller
  • Dessinateur : Clément Devaux
  • Editeur : BD Kids, Bayard
  • Prix : 9.95€
  • Sortie : 04 février 2015

Bonolon

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La petite structure Nobi Nobi !, dont la ligne éditoriale est d’une belle qualité, propose le troisième recueil d’histoires pour enfants Bonolon, Ulyssia la fée bleue. Créé par Testuo Hara, les nouveaux récits sont animés par Seibou Kitahara et Go Nagayama.
Résumé de l’éditeur : Gentil géant aux allures de gros ours orange, Bonolon est un esprit de la nature qui vient au secours de tous les êtres vivants. Dès lors que les larmes d’une âme en détresse touchent les racines d’un arbre sacré, Bonolon, accompagné de son meilleur ami Gon, le petit chien, apparaît pour lui proposer d’exaucer son vœu le plus cher. Bien sûr, ses pouvoirs ne sont pas sans limite mais, chaque fois, Bonolon fait de son mieux pour répandre le bonheur autour de lui.
Au fil de cinq histoires tendres et émouvantes, suivez Bonolon qui parvient tour à tour à retrouver une amie d’enfance qui va lui rappeler des souvenirs du passé, à sauver une oasis menacée, à contrer un robot devenu fou, à aider un petit fennec à être plus sûr de lui et à faire réaliser à une petite fille combien sa maman l’aime.
Des choses simples, certes… mais qui changent la vie !

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Voici les six nouvelles histoires de Bonolon, le gentil géant orange qui vit à Tasman, la forêt des arbres sacrés. Accompagné de Gon, son petit chien, il vient en aide à toutes les personnes qui pleurent. Parmi les histoires :
Ullysia la fée bleue. La petite fée pleure la fin de son habitat. Elle niche entre les racines d’une grand chêne au milieu d’un oasis. Il faut dire que ce lieu tropical est attaqué par Gesler, un gros vers monstrueux qui avale les arbres un par un. Les larmes d’Ulyssia interpellent alors Bonolon…
Le royaume mécanique. Mécanika est un royaume rempli de machines, d’appareils et d’engrenages. Le roi Blinkin adore tout ce qui peut lui faciliter la vie, contrairement à son fils Elkin, qui voit que toutes les machines envahissent la ville. Il ne reste qu’un magnolia immense, ce qui le fait pleurer.
L’amour d’une maman. Lily vit seule avec sa maman depuis la mort de son père. Mais voilà, la jeune fille est en constant conflit avec sa mère, qu’elle ne reconnaît plus ; elle qui fut une femme magnifique et aimante. Alors qu’elle doit porter une offrande au Dieu de l’arbre géant, Bonolon apparaît…

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Des histoires formidables pour les tout-petits, des odes à la nature, à l’écologie ; qui se terminent toujours bien, dans le respect de l’autre. A lire en famille.

  • Bonolon, volume 3 : Ulyssia la fée bleue
  • Scénariste : Seibou Kitahara, d’après les personnages de Tetsuo Hara
  • Dessinateur : Go Nagayama
  • Editeur: Nobi Nobi !
  • Prix: 16.50€
  • Sortie: décembre 2014

Vidocq

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La vie de Vidocq, ancien bagnard et chef de la sûreté au début du 19e siècle est digne d’une belle œuvre romanesque. Richard D. Nolane s’attaque à une adaptation dessinée, aidé par Sinisa Banovic pour la partie graphique.
Résumé de l’éditeur : En cet automne 1813, l’Empire de Napoléon vacille, ce qui favorise le crime. À la Préfecture de Police de Paris, au Quai des Orfèvres, une petite révolution a pourtant eu lieu deux ans plus tôt lorsque l’ex-bagnard évadé Vidocq a été nommé à la tête de la toute nouvelle Sûreté, une brigade efficace exclusivement composée de criminels repentis.
La Sûreté, et surtout son chef, sont aussi devenus les bêtes noires de certains policiers de la Préfecture, qui, comme l’inspecteur Javert, ne supportent pas les méthodes « borderline » et surtout les résultats de Vidocq, célèbre pour sa mémoire photographique des visages et son spectaculaire talent pour les déguisements. Mais Vidocq, sa notoriété aidant, est vite appelé à démêler des mystères sanglants au-delà des sphères de la pègre, comme celui du suicide au pistolet en pleine messe à Notre-Dame de Paris d’un colonel baron d’Empire et qui dissimule bien autre chose que la douleur d’un père anéanti par la mort de son fils en Russie…

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De Vidocq on croyait tout connaître, notamment par l’adaptation télévisée Les Nouvelles Aventures de Vidocq (ORTF 1971 – 1973) avec Claude Brasseur et Danièle Lebrun pour les plus anciens d’entre nous, mais aussi Vidocq, le film de Pitof avec Guillaume Canet et Gérard Depardieu (2001) ou enfin par les adaptations dessinées Les Aventures véridiques du policier bagnard Vidocq signées René Giffey et R. Laude en 1939 (Société parisienne d’édition) ou encore Alchimie du même Richard D Nolane et Olivier Roman (Soleil, 2010). Le scénariste s’y essaie encore, pensant que le matériel (la vie épique et romanesque) de son personnage peut encore délivrer quelques vérités ou anecdotes.
L’auteur en fait un héros à la Conan Doyle (proche de Sherlock Holmes), fin limier aux méthodes musclées et efficaces, il est considéré comme le père de la police judiciaire. A travers une intrigue relativement classique, il réussit néanmoins à faire passer un agréable moment de lecture. Son récit plutôt bien ficelé met en scène une époque napoléonienne qui plaît souvent aux lecteurs par ses personnages haut-en-couleur ou ses décors. Un moment historique propice aux intrigues et aux polars.
Le serbe Sinisa Banovic livre une prestation des plus honnêtes, efficace sans être révolutionnaire. Son trait réaliste est très maîtrisé et plus particulièrement les décors qui sont soignés.

  • Vidocq, tome 1 : Le suicidé de Notre-Dame
  • Scénariste : Richard D. Nolane
  • Dessinateur : Sinisa Banovic
  • Editeur: Soleil
  • Prix: 13.95€
  • Sortie: 21 janvier 2015

Snow illusion

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Les éditions Komikku diversifie leur catalogue. Après les excellents Eurêka (manga historique), Le chef de Nobunaga (manga historique et fantastique), 6 000 (thriller fantastique) et Minuscule (fable féérique), elles proposent Snow illusion, un manga d’Icori Ando. Cette romance navigue entre le réel et le surnaturel.

Résumé de l’éditeur : “On a dit qu’elle n’était peut-être pas humaine…”

Dans une ville au bord de la mer, Susumu croise une femme venue d’on ne sait où.
Son nom est Yuki. Elle est belle, travailleuse. Susumu l’épouse. Leur vie ressemble au bonheur… Jusqu’au jour où un autre homme sème le doute dans leur couple !

“Je cherche juste un homme avec lequel je pourrais vivre toute ma vie…”

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Alors que la ligne éditoriale de Komikku fait la part belle au fantastique, c’est encore le cas pour Snow illusion, un manga très original et surprenant. Si l’histoire d’Icori Ando commence comme un shôjo banal, une romance mille fois vue, elle dérive lentement après les vingt premières pages vers le fantastique. Ancré dans le monde réel, le récit flirte avec le surnaturel. D’ailleurs le lecteur éprouve un drôle de sentiment, ne sachant pas vraiment quels sont les éléments réels et ceux plus fantastiques. Le point fort de cette histoire mélancolique est contenu dans ce fil tenu entre les deux.

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Le fil conducteur du manga en un volume et découpé en 5 chapitres est l’amour et les sentiments entre les êtres humains. La psychologie de Yuki est singulière mais parfaitement cernée. Cette femme fragile, aimante, prête à aider son prochain, soumise mais qui semble s’évaporer dès le premier accrochage avec les hommes qu’elle aime. De leur côté, les hommes ont des personnalités très variées : Susumu, trentenaire, tombe follement amoureux d’elle au premier regard. Protecteur et un brin macho, il commande et régit la vie de la jeune femme. Il y a aussi Sota, jeune ébéniste, affranchi de l’emprise paternelle qui va être aidé par Yuki dans sa nouvelle entreprise et qui va tomber amoureux d’elle. Au gré des pages, le lecteur découvre donc les multiples aventures de cette femme mystérieuse.
Le trait d’une grande délicatesse du mangaka permet d’instaurer une ambiance douce et chaleureuse. Son dessin simple et d’une belle lisibilité permet de composer des planches équilibrées et d’une belle sensibilité.

  • Snow illusion
  • Auteur : Icori Ando
  • Editeur : Komikku
  • Prix : 8.50€
  • Sortie : 29 janvier 2015

L♥DK

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Les éditions Pika propose le premier volet de leur nouvelle saga romantique L♥DK, signée Ayu Watanabe.
Résumé de l’éditeur : Aoi vit seule dans son appartement et le garçon qui vient d’emménager juste à côté n’est autre que Shûsei Kugayama, le prince du lycée qu’elle déteste depuis qu’il a froidement rejeté les avances de sa meilleure amie. Mais ce n’est que le début de ses soucis puisqu’elle va inonder l’appartement de ce dernier par accident et devoir l’abriter chez elle le temps des travaux. Shûsei prend alors un malin plaisir à la taquiner dès que l’occasion se présente. Aoi se trouve ainsi tiraillée entre son amie, à laquelle elle n’ose pas révéler la situation et son nouveau colocataire, qui se révèle peu à peu bien différent de ce qu’elle imaginait…

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La série toujours en cours au Japon compte actuellement 15 volumes et paraîtra en France au rythme d’un volume tous les 2 mois. Prépublié dans le magazine Bessatsu Friends, ce shôjo est un véritable succès public au Japon mais risque de le devenir aussi en France, tant son histoire, qui peut sembler banale et classique, est finalement très accrocheuse. Le tome 8 de L♥DK (sorti le 13/12/2011) a été classé no 1 des ventes de shôjo au Japon durant la semaine du 12 au 18 décembre 2011.

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Son point fort repose notamment sur la psychologie forte des personnages : Aoi, jeune lycéenne, plutôt ingénue, agréable et prête à aider son prochain et Shûsei, garçon hautain, tombeur de toutes les jeunes filles et un brin provocateur. L’adolescente, qui n’a pas encore connu l’amour, doit faire face au jeune homme, à cause de plusieurs incidents (l’alarme incendie qui inonde l’appartement). Cette attirance-répulsion entre les deux permet de nombreux quiproquos et beaucoup d’humour. L’amour et l’amitié sont donc au cœur de ce petit manga qui ne paye pas de mine mais qui est rafraîchissant et agréable à la lecture.
Le trait d’Ayu Watanabe est d’une belle sensibilité et très tendre. La mangaka, qui a débuté sa carrière en 2002, a publié notamment Dear Friends (2005) ou encore Kindan no Koibito (2009).

  • L♥DK, volume 1
  • Auteur : Ayu Watanabe
  • Editeur : Pika
  • Prix : 6.95€
  • Sortie : 07 janvier 2015

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