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Elle s’appelait Scorpion : Sombre Cavale

Publié le 16 février 2015 par Diana

Elle s’appelait Scorpion : Sombre Cavale

Deuxième volet des aventures de Sasori, Elle s'appelait Scorpion/Joshuu Sasori: Dai-41 zakkyo-bô (1972) voit à nouveau l'actrice Meiko Kaji endosser le rôle de Matsushima " Sasori " Nami. Toujours dirigé par Shunya Ito, l'œuvre s'inscrit dans une suite logique où l'on retrouve Sasori un an après sa première aventure. Emprisonnée, affaiblie et humiliée, Matsu n'en garde pas moins une même détermination.

On la retrouve donc en prison où l'infâme directeur borgne, Goda la maltraite et tente de casser son image qui influence grandement ses co-détenus. Ce dernier n'a pas oublié que son œil perdu était de sa faute. Pourtant, lors d'une journée de travaux forcés comme punition, Matsu parvient à s'échapper avec six autres détenus. Goda en fait une affaire personnelle et met tout les moyens pour arrêter leur cavale.

Elle s’appelait Scorpion : Sombre Cavale

Dans ce Elle s'appelait Scorpion, Meiko Kaji continue à incarner le spectre d'un soulèvement contre l'infamie des autorités qu'elles soient de l'univers carcéral qui fait peu d'état des prisonniers, ou bien d'une société qui fait peu d'état des femmes. Le charisme de l'actrice joue pour beaucoup. Sasori garde un profond ressentiment avec ce mutisme encore plus marqué, un même faciès froid qui n'exprime rien. Exit le sourire " chair de poule " du premier volet, ici l'actrice se concentre sur le regard. Un regard impassible, des yeux " assassins ". Ce regard qui parvient à voir et à nous faire partager le passé de ses compagnes de cavale. Des femmes qui ont tout comme elle une dent contre la gent masculine.

Elle s'appelait Scorpion répond aux attentes d'une suite, sachant que le premier volet frappait fort. La violence de l'œuvre est ici plus sombre. La part sombre de l'être humain qui s'exécute par une barbarie de la vengeance ou de façon gratuite. Si l'œuvre est moins emprunte d'érotisme, les limites sont parfois dépassées avec une rage peu commune. Une rage dont les hommes en sont la cible. Des hommes à la fois juge et bourreau qui annihilent tout espoir de liberté comme d'émancipation.

Elle s’appelait Scorpion : Sombre Cavale

Instant interprétation : Il faut voir ces prisonnières habillées de poncho (couverture) qui ressemblent étrangement à des toges. Voir aussi Matsu crucifiée et violée dans un environnement hostile, une carrière de pierre qui fait échos à un désert. Nous ne sommes alors pas loin d'une œuvre (blasphématoire ?) qui rejouent les récits bibliques d'un peuple (les hébreux/les prisonnières) cherchant la Terre promise/la liberté avec toutes les humiliations perpétrés par les égyptiens/les surveillants de prison. Matsu serait-elle un Moïse au féminin, une espèce de Messie, reine des prisonnières et des femmes-esclaves ? Une chose est sûre, elle n'en reste pas moins le symbole d'une révolte, celle des femmes.

D'un film de prison de femmes, Elle s'appelait Scorpion de Shunya Ito s'inscrit dans la pure tradition des films de cavale. Sept femmes qui courent à la recherche d'un passé respectif. Un passé qui leur échappe à mesure que leur avancée s'opère dans des paysages de désolation (village abandonné, flan de montagne nu, décharge...) jusqu'au dénouement finale. Matsu, seule survivante de cette échappée tragique endosse le costume noir de Sasori pour exécuter une Vengeance collective, celle du groupe d'évadées. Par sa main, Sasori frappera sept fois, sept coups de couteau pour les sept fugitives dont elle faisait partie. L'œuvre se termine sur une victoire, l'allégorie de la liberté pour les femmes (ici les prisonnières). Ces dernières courent sans s'arrêter, heureuses. Matsu continuera à courir et à travers elle, toutes celles enfermées dans leur condition.

Elle s’appelait Scorpion : Sombre Cavale

Shunya Ito fait à nouveau preuve d'un énorme talent de réalisateur. Chaque plan semble être un tableau de maître où premier et arrière plan sont composés de la même façon. Le cadrage, l'utilisation du cinémascope participe à la théâtralité de certaines scènes. La musique y est magnifiquement utilisée, une héroïne de plus à cette œuvre dynamique et franche. Parfois irréelle, l'œuvre est d'une beauté esthétique impressionnante.

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