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Régnier, sans partage...

Par Pmalgachie @pmalgachie
Je reprends, en titre de cette note, celui d'un entrefilet paru aujourd'hui dans Le Figaro littéraire. Le journal pose la question: Henri de Régnier sortirait-il enfin de son purgatoire? Il note en tout cas un frémissement, dont le premier signe a été la sortie, en 2013, de Monsieur Spleen, de Bernard Quiriny. Le 4 mars, les Editions La Tour verte rééditent Esquisses vénitiennes. Le 22 avril, c'est chez Fayard que sortira un fort volume consacré à Henri de Régnier par Patrick Besnier. Tout cela me réjouit, d'autant que c'est par l'intermédiaire de l'essai qu'avait écrit Bernard Quiriny que j'avais eu envie d'aller voir de plus près ce rayon du purgatoire littéraire. Et, depuis quelques jours, la Bibliothèque malgache a remis en vente, sous la forme contemporaine d'un livre numérique, et à petit prix (1,99 euro), Histoires incertaines, un recueil de trois nouvelles paru en 1919. Je vous donne ici la courte préface du volume. Régnier, sans partage... Les écrivains nous séduisent d’abord par leur œuvre. (Ce qui semble une évidence se perd parfois, à notre époque, dans les effets médiatiques derrière lesquels l’œuvre disparaît.) Mais les écrivains nous séduisent aussi par leurs lectures. Parfois parce que leur finesse apporte un éclairage inédit sur d’autres livres. Parfois parce qu’elles remettent en lumière un nom oublié. Bernard Quiriny, écrivain apprécié pour ses nouvelles et son roman, critique littéraire lucide, a agi en passeur pour rapprocher de nous les textes si lointains d’Henri de Régnier. Henri de Régnier… Ah ! bien sûr, on se souvient qu’il a existé, puisqu’on a croisé son nom ici ou là, généralement dans un contexte historique qui le tient à bonne distance et épargne le besoin de pénétrer dans son œuvre. Situé en parfait équilibre entre deux siècles – il est né en 1864 et mort en 1936 –, il semble aujourd’hui avoir été un notable des lettres dont les livres sont trop inscrits dans son temps pour avoir encore quelque chose à nous dire. Et voilà que Bernard Quiriny affirme le contraire. Sans tenter de le hisser à un autre statut que le sien – écrivain mineur, c’est dit et ce n’est pas si péjoratif qu’il y paraît, – il en a fait, dans Monsieur Spleen (Seuil, 2013), non seulement un personnage digne d’intérêt, ce dont on se doutait un peu en raison de la place qui fut la sienne, mais aussi l’auteur de livres qui mériteraient d’être lus. En outre, Bernard Quiriny est convaincant. Son analyse passionnée est de celles qui vous donnent envie, toutes affaires cessantes, de prendre le chemin qu’il nous montre. Que choisir dans l’impressionnante production de l’écrivain ? Bernard Quiriny a pensé à tout: il a désigné le premier ouvrage qui mériterait de revivre. « Le jour où on rééditera Régnier, il faudra commencer par les Histoires incertaines. Le fantastique connaît ces temps-ci un petit retour en grâce, qui s’explique peut-être par les mêmes raisons que sa vogue au XIXe siècle – dégoût du matérialisme, envie de réenchanter le monde, etc. » Les voici donc à nouveau, ces Histoires incertaines situées, pour deux d’entre elles, à Venise, ville chérie par Henri de Régnier qui a souvent écrit sur elle. Elles sont pleines d’une rêverie dont l’objet est presque indéterminé. Elles mettent en scène des collectionneurs, des antiquaires, des érudits dans le décor de maisons anciennes chargées d’un passé mystérieux. Elles sont peut-être moins fantastiques, au sens propre, que Bernard Quiriny n’a envie de le croire, mais elles actionnent les mécanismes propres au genre pendant un temps assez long pour faire penser que nous sommes en effet sur ce terrain. Elles ont, surtout, gardé tout leur pouvoir de séduction. Il ne reste plus qu’à les lire.

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