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Au Bord du monde

Publié le 26 février 2015 par Pralinerie @Pralinerie
Au Bord du mondeOui, je sais, je ne parle jamais assez tôt de ce que j'ai pu découvrir. Voilà plus d'un mois que j'ai vu ce film. Il nous présente des habitants peu entendus de la capitale, ses sans-abris. Ce documentaire de C. Drexel nous conduit à rencontrer au fil des nuits des hommes et des femmes qui vivent dans les rues de Paris. Entre vues d'architectures, froide et monumentales, et rencontres de SDF, le film nous fait découvrir un autre visage de la ville. Une ville endormie, presque morte, qu'animent uniquement les discussions avec les clochards. Une ville belle mais désincarnée, et dont les monuments, les ponts, les métros semblent avoir écrasé l'homme. Une ville déshumanisée. La seule vie que l'on voit, c'est celle de ces SDF. Jamais on ne comprend comment ils se sont retrouvés à la rue. Jamais on ne voit le basculement. Mais l'on entend à travers leurs histoires une vie qui a pu ressembler à la notre et qui est sortie des rails. Cette nouvelle vie, elle demande discrétion (pour ne pas se faire virer par la police), débrouillardise (pour dîner et dormir), espoir et force morale (pour survivre).  A travers les mots de ces hommes et femmes, un autre monde se dévoile. Un monde où l'on dort dehors ou dans un tunnel routier. Un monde où l'on ne possède plus rien. Et où l'on se rend compte de la vanité des objets. Un monde qui a une sociabilité à part. Un monde qui tente de se raccrocher au nôtre via les journaux et jette un œil critique sur l'évolution sociale mais qui n'existe pas pour nous. Cette mise à l'écart, accentuée dans le film par la solitude de chacun des sans-abris, interroge sur notre confort. Cependant il reste beaucoup de zones non explorées dans ce documentaire notamment sur les réponses à proposer : comment peut-on éviter cela ? Comment réformer nos sociétés ? Et le film laisse malheureusement de côté les ravages de l'alcoolisme, de la violence, de la folie dans ce monde parallèle.  Un regard esthétique et plein d'émotions sur ces hommes de la rue, un film qui a le mérite de leur donner la parole, mais qui reste un peu trop à la surface à mon goût.

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