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Cinéma: "A most violent year" de J.C. Chandor

Publié le 26 février 2015 par Paulo Lobo
On est en 1981, à New York, année où les crimes violents atteignent des chiffres au sommet. Abel Morales, un entrepreneur hispanique à la tête d'une société spécialisée dans la livraison de fuel domestique, est en passe d'acquérir un terminal de livraison placé à un endroit stratégique. Dans un secteur dominé par la rivalité et la corruption, Abel est déterminé à rester intègre, honnête et à n'avancer que grâce à la sueur de son front. Il compte pour cela sur l'aide de sa femme, Anna, aimante maman de ses enfants et également partenaire en affaires, car c'est elle qui s'occupe des comptes de la firme. La probité d'Abel va cependant être mise à l'épreuve : non seulement ses camions se font détourner de plus en plus fréquemment par d'inconnus adversaires malveillants, mais en plus le procureur général décide de poursuivre sa société pour différents chefs de mauvaises pratiques. Cerise sur le gâteau : Abel se fait larguer par sa banque, et il lui faut trouver 1,5 million de dollars en quelques jours pour conclure la transaction portant sur le terminal tant convoité...
Vous ne m'en tiendrez pas rigueur, j'espère, mais je l'ai trouvé lourd et pesant, ce film supposé noir de JC Chandor! Certes, l'ensemble est élégamment ficelé, avec pas mal de style : les atmosphères, le look des personnages, l'intrigue rationnelle, le montage sobre et fluide... je reconnais que le réalisateur a soigné son emballage sous toutes les coutures. Mais il déploie son histoire avec tellement de mollesse et de bon goût, avec tellement de retenue, qu'on en vient à se dire "ok, et alors?" Les très nombreux face-à-face (ils constituent l'essentiel du film) me semblent ternes, convenus, soporifiques, sans texture psychologique ni réels enjeux émotionnels. Quand aux quelques scènes d'action qui surgissent ici et là, elles m'apparaissent déplacées et incongrues, comme des petites broderies récréatives, ne contribuant à aucun bouillonnement, à aucun suspense, à aucune densification dans le récit. Et puis, force est de constater qu'il manque dans cette proposition de JC Chandor un certain nombre d'ingrédients indispensables pour la saveur de tout bon film noir. D'abord, il est où le méchant ? Et bien, il n'y en pas vraiment, enfin, aucun personnage n'est digne de ce qualificatif. Ensuite, elles sont où les zones d'ombre, les gouffres insondables des âmes corrompues ou encore la dissection des affres de la société vicelarde ? Il n'y a aucun vertige dans "a most violent year", aucun lâcher prise, aucune réelle remise en question de quoi que ce soit. Même les acteurs ne tirent pas leur épingle du jeu, engoncés qu'ils sont dans leurs habits de circonstance, à l'image de Jessica Chastain, transformée en blonde platine, mais à aucun moment sensuelle, dangereuse ou retorse, non, juste raisonnable et mesurée.   

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