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Inédit à Lyon, Paul Vecchiali présente son film « Nuits blanches sur la jetée », mardi 17 mars au Ciné Mourguet

Publié le 04 mars 2015 par Journal Cinéphile Lyonnais @journalcinephil

Le Ciné Mourguet nous prépare une belle soirée, mardi 17 mars à 20h en recevant Paul Vecchiali. Ce dernier accompagnera son dernier film « Nuits blanches sur la jetée » (inédit à Lyon). L’échange avec les spectateurs après le film promet d’être passionnant.

vecchiali
Depuis le début des années soixante, Paul Vecchiali poursuit sans trêve une œuvre cinématographique hors normes, libre et en constant renouvellement. Salué par Pasolini, proche de Jacques Demy, ce fin connaisseur du cinéma français des années trente est aussi l’un des plus attentifs à l’état présent du monde.

La soirée est organisée en partenariat avec l’Université Lumière Lyon 2. Signalons que le réalisateur donnera une Master class, le 17 mars 2015 de 12h30 à 15h30, au Grand amphithéâtre du campus Berges du Rhône.

Retrouvez toutes les informations pratiques sur www.cinemourguet.com

Ciné Mourguet, 15 rue Deshay, 69 110 Sainte-Foy-lès-Lyon
Bus C19 – Arrêt Ste Foy Mairie, Bus 49 – Arrêt Ste Foy Châtelain. À  20 minutes de Perrache ou Francheville Taffignon
Bus 90 – Arrêt Ste Foy Châtelain. À 30 minutes de Gare de Vaise

Nuit Blnche sur la jetée

Nuits Blanches sur la jetée
France – 2014 – 1h34 – Drame de Paul Vecchiali.
Avec Astrid Adverbe, Pascal Cervo, Geneviève Montaigu
Date de sortie 28 janvier 2015

 Prix de la critique indépendante et Prix du meilleur réalisateur au festival de Locarno 2014

Synopsis

Un noctambule se promène chaque nuit sur la jetée du port où il passe une année sabbatique. Là, il rencontre une jeune femme qui attend l’homme de sa vie. Pendant quatre nuits, aussi réelles que fantasmées, ils vont discourir sur la vie et lui tombe petit à petit amoureux d’elle. Mais l’amant attendu finit par arriver…

Paul Vecchiali, un cinéaste peu diffusé et multitâches 

Depuis A vot’bon coeur (2003, sorti en 2005), Paul Vecchiali a tourné une dizaine de films (Les gens d’en bas) qui, produits en marge de l’industrie, n’ont pas connu de diffusion en salles.

On se réjouit que Shellac ait pris l’initiative de distribuer ces Nuits blanches sur la jetée qui furent un des moments forts du dernier Festival de Locarno et de ressortir parallèlement huit films majeurs du cinéaste. La  première partie de la rétrospective est sortie le 11 février 2015 avec quatre films cruciaux des années 70 : L’étrangleur, Femmes, femmes, Change pas de main et Corps à coeur).

Alors qu’il réalise, écrit et produit son film, Paul Vecchiali est aussi l’un des interprètes de Nuits blanches sur la jetée. Le cinéaste est un homme multitâches, on le retrouve aussi au poste de chef décorateur et chef costumier pour son long-métrage. Il ajoute : « (…) en jouant moi-même le personnage du vieux, c’est un peu comme si je transmettais le relais de la mise en scène au personnage de Fédor. »

Nuits blanches

L’adaptation d’un nouvelle de Dostoïevski 

En adaptant à son tour la nouvelle Les Nuits Blanches (Souvenir d’un rêveur) de Dostoïevski (1848) , et en la transposant sur la jetée du port varois de Sainte Maxime, Vecchiali se démarque évidemment de la version récente de James Gray (Two lovers, 2008) mais aussi de celles de Visconti (1957) et de Bresson (Quatre nuits d’un rêveur, 1971), auxquels il prend cependant soin de rendre hommage au générique, ainsi qu’à Maria Schell, Natalia/Nastenka des Notti bianche, et à Danielle Darrieux, à qui Ophuls, pour Madame de… avait demandé de jouer à la fois dans la présence et dans l’absence.

Une scène tournée à l’aide d’un Iphone

La séquence réunissant Pascal Cervo et Geneviève Montaigu a été tournée à l’aide d’un Iphone, en intérieur, avec des rideaux rouges. Le résultat était beaucoup trop coloré et la teinte rouge trop dominante, c’est pourquoi, le réalisateur Paul Vecchiali a préféré traiter cette scène en noir et blanc, car elle était réussie par ses interprètes.

Nuits blanches2

Nuits blanches sur la Jetée  vue par culturopoing.com

 » Nuits blanches sur la Jetée  joue donc d’une théâtralité de plein air. C’est d’abord la théâtralité du texte, souvent respecté à la lettre (malgré des aménagements), constitué de longs développements pour les interprètes (Astrid Adverbe et Pascal Cervo, remarquables), et écrit dans un langage soutenu, au caractère anachronique sinon un peu irréel. C’est ensuite celle de la mise en scène qui découpe le port et ses abords ouvragés pour en faire une succession de scènes. Ces fonds se prêtent soit à l’interprétation frontale du texte, soit à des déplacements chorégraphiés plus dansants : des entrées et sorties de champs qui sont parfois le fait volontaire des personnages. Vecchiali s’amuse des procédés de mise en scène : Fédor abandonne Natacha qui répond à son téléphone portable, et part vexé se réfugier dans l’ombre ; la jeune femme lui rendra la pareille, joueuse, en l’éjectant hors du cadre durant une scène de danse. C’est enfin celle des lumières, des ombres et des couleurs du port, qui dénaturent les choses et les êtres, les éloignent ou les rapprochent comme des manifestations insaisissables. Bien évidemment, cette théâtralité est traitée en cinéaste : c’est aussi le point de l’image, les ruptures impromptues du montage et des échelles de cadrage, la sur ou la sous exposition, et même le son qui se dissipe par endroit.

L’humour de Vecchiali s’exprime tout du long dans les artifices avoués des procédés et la façon que ceux-ci ont de dérouter, spectateur et représentation, par des ruptures de ton, de rythme, par de brusques inserts diurnes, ou des changements dans la qualité de l’image. C’est le I-phone qui se mue en sono ou même se substitue à la caméra, tranchant du même coup, du fait de sa contemporanéité, avec le caractère anachronique et distancié du récit. Le petit théâtre du duo et le caractère littéraire de son texte sont tempérés, et en même temps exacerbés, par ce jeu de mise en scène incessant, qui fait de chaque spectateur crédule et incrédule à la fois, un équivalent de Fédor et Natacha : des sortes de funambules qui donnent corps à leurs illusions. Il s’agira donc d’éprouver en permanence le doute et la fantaisie de cet échange. Que la romance ait réellement lieu ou non importe moins en soi que le plaisir, même cruel pour les personnages, à en alimenter le jeu. On ne peut que souhaiter de continuer à rêver avec Fédor, Natacha, Pascal, Astrid, et le vieux satyre ; mais aussi, avec les souvenirs qu’ils convoquent : Ophuls, Darrieux, et tous ceux que Vecchiali honore, en leur rendant le sourire. » culturopoing.com


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