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Vers de nouveaux mythes...

Publié le 09 mars 2015 par Theatrummundi

ventre et mains.jpg


I 

« Le seul travail au fond, aujourd’hui comme hier, est de passer la censure. » Hemingway. 

Je crois qu’on avait demandé à Heiner Müller pourquoi il s’était installé à l’Est à la fin de la guerre, et roué comme pas deux, il avait répondu que quand même, pour un écrivain, une dictature c’était plus intéressant. Je crois que je vais rester en France.  

Je me souviens nettement d’avoir lu cette réponse de Müller, mais je n’ai jamais pu retrouver où. C’est peut-être une interprétation qui m’arrange. 

En revanche, je suis certain d’avoir inventé ce soir la citation d’Hemingway.

II 

Je suis assez payé pour savoir qu’à notre époque encore, il reste des catholiques. C’est assez étrange, si l’on considère qu’il ne s’agit pas toujours d’une posture, d’un code social, d’un rituel à vide ; cela peut même être touchant. Mais j’ai découvert récemment qu’on pouvait trouver des gens sérieux, ou prétendant au sérieux, qui se disaient païens ; bien sûr, ils ne vont pas jusqu’à croire vraiment à des divinités à la con. Mais ils vont parfois tout de même jusqu’au suicide, si ce suicide peut faire un gros entrefilet ; ce sont des stoïciens à la Warhol, des modernes à vous ringardiser fissa ce pauvre Montherlant. Sinon, je viens de lire en ligne un article du Figaro (1), où il est question au Royaume-Uni d’une femme qui a accouché de l’enfant de son fils, lequel a été reconnu parent unique par la justice. Le type travaille au supermarché, est célibataire et homosexuel. C’est intéressant, cette fois, qu’on ne soit pas dans la haute. Je suis curieux de cette époque, elle va produire de nouveaux mythes. Au sens des mythes anciens. Mais tout neufs. Et recyclant les anciens, sans doute n’importe comment, ainsi qu’il sied. Car cette époque post-démocratique promet grave. 

III 

Ce père d’un nouveau genre dit à propos de son fils : « Je me fiche de ce que les gens pensent. Il est soigné. Il est aimé. J'ai tout payé moi-même. » Cette citation est exacte, je le jure, quoique je ne puisse pas savoir ce qu’elle doit ou non à l’esprit de synthèse de la journaliste. Je crois que ce monde, pour un écrivain, va être encore bien mieux qu’une dictature. J'ai tout payé moi-même.

  1. « Royaume-Uni : Une mère donne naissance à l’enfant de son fils », par Eugénie Bastié (merci)

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I 

« Le seul travail au fond, aujourd’hui comme hier, est de passer la censure. » Hemingway. 

Je crois qu’on avait demandé à Heiner Müller pourquoi il s’était installé à l’Est à la fin de la guerre, et roué comme pas deux, il avait répondu que quand même, pour un écrivain, une dictature c’était plus intéressant. Je crois que je vais rester en France.  

Je me souviens nettement d’avoir lu cette réponse de Müller, mais je n’ai jamais pu retrouver où. C’est peut-être une interprétation qui m’arrange. 

En revanche, je suis certain d’avoir inventé ce soir la citation d’Hemingway.

II 

Je suis assez payé pour savoir qu’à notre époque encore, il reste des catholiques. C’est assez étrange, si l’on considère qu’il ne s’agit pas toujours d’une posture, d’un code social, d’un rituel à vide ; cela peut même être touchant. Mais j’ai découvert récemment qu’on pouvait trouver des gens sérieux, ou prétendant au sérieux, qui se disaient païens ; bien sûr, ils ne vont pas jusqu’à croire vraiment à des divinités à la con. Mais ils vont parfois tout de même jusqu’au suicide, si ce suicide peut faire un gros entrefilet ; ce sont des stoïciens à la Warhol, des modernes à vous ringardiser fissa ce pauvre Montherlant. Sinon, je viens de lire en ligne un article du Figaro (1), où il est question au Royaume-Uni d’une femme qui a accouché de l’enfant de son fils, lequel a été reconnu parent unique par la justice. Le type travaille au supermarché, est célibataire et homosexuel. C’est intéressant, cette fois, qu’on ne soit pas dans la haute. Je suis curieux de cette époque, elle va produire de nouveaux mythes. Au sens des mythes anciens. Mais tout neufs. Et recyclant les anciens, sans doute n’importe comment, ainsi qu’il sied. Car cette époque post-démocratique promet grave. 

III 

Ce père d’un nouveau genre dit à propos de son fils : « Je me fiche de ce que les gens pensent. Il est soigné. Il est aimé. J'ai tout payé moi-même. » Cette citation est exacte, je le jure, quoique je ne puisse pas savoir ce qu’elle doit ou non à l’esprit de synthèse de la journaliste. Je crois que ce monde, pour un écrivain, va être encore bien mieux qu’une dictature. J'ai tout payé moi-même.

  1. « Royaume-Uni : Une mère donne naissance à l’enfant de son fils », par Eugénie Bastié (merci)


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