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Kiri Te Kanawa

Publié le 09 mars 2015 par Cinealain
Kiri Te Kanawa

Une voix qui m'accompagne depuis déjà longtemps.

Aujourd'hui encore, elle enveloppe des moments de vie, pour qu'elle reste ce qu'elle devrait toujours être. Belle.

Kiri Te Kanawa est entrée très tôt dans la légende des "grandes voix".

Une éblouissante carrière.

Mon premier souvenir remonte à 1978.

La grande époque de l'ère Liebermann à l'Opéra Garnier. À cette période, quand on était jeunes, pas forcément très argentés, aller à l'opéra Garnier, était une chance.

Une aventure aussi, pour tenter d'obtenir des places à des prix raisonnables, quand il était impossible de les réserver au prix fort, et longtemps à l'avance.

La chose n'était pas toujours aisée. Il fallait s'armer de patience, faire la queue depuis le petit matin pour espérer une, voire deux places.

Ces heures d'attente étaient déjà des moments de joies. La convivialité prenait toujours le pas sur le froid ou la pluie. Il n'était pas rare que dès quatre heures du matin, la foule soit déjà nombreuse. Les mieux équipés s'assuraient d'un minimum de confort avec dépliant, journaux, et thermos.

La conversation s'installait facilement.

À tour de rôle, chacun gardait la place de l'autre le temps d'aller boire un café, ou simplement sortir de la file d'attente pour marcher et se dégourdir les jambes.

Pour rêver, aussi, d'une soirée encore hypothétique.

Pour ce premier spectacle à Garnier, la chance était au rendez-vous. Elle s'est concrétisée en début d'après-midi. Deux places, qu'une personne m'a cédées pour un coût qui dépassait largement mon budget. Mais après tout … 

Au programme, La Bohème.

Wilhelmenia Fernandez à ses débuts n'était pas encore La Diva de J.J. Beinex, mais déjà une convaincante Musetta.

Placido Domingo et Kiri Te Kanawa, enfin. Tous deux à l'apogée de leurs incroyables voix et de leur beauté. Un couple de scène crédible dans leurs rôles. Beaux et émouvants. Je sais pertinemment que les puristes se souviendront d'autres Mimi, ou d'autres Rodolfo. 

Mais qu'importe.

Pour cette première soirée à Garnier, comment oublier ces voix qui m'ont transporté et fait vibrer ?

Dès la fin du premier grand air de Rodolfo, les applaudissements nourris, les tapements de pieds, et les bravos du plus haut des balcons trouvent un écho très favorable chez les privilégiés de l'orchestre.

Je n'oublierai jamais cette émotion profonde et particulière, moi qui ne connaissais à l'époque que les spectacles de variétés. Placido Domingo salue discrètement et s'efface en regardant Kiri Te Kanawa.

Sa voix magnifique impose le silence absolu dans la salle que l'on sent déjà conquise. Une de ces voix qui marque, à la fois forte et émouvante.

"Mi chiamano Mimì,


ma il mio nome è Lucia."

De cette Bohême vient mon admiration pour Kiri te Kanawa.


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