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Trois jours – Laurence Barry

Publié le 12 mars 2015 par Marylin Millon @leboudoirlitt
Trois jours – Laurence Barry

BARRY, Laurence. Trois jours. Editions Carpentier, 2015, 238 pages, 18,90 €.

L'histoire :

Samuel et Sarah, les parents, la soixantaine. Judith et Juliette, les deux filles, la trentaine. Et Jonathan, le jumeau de Juliette, mort dans un attentat terrorisme à Tel-Aviv. Cette famille juive, détruite par la perte du fils, peine à se relever. Lorsque Juliette, parisienne, leur apprend qu'elle est en couple avec Mehdi, c'est le drame. Judith fera tout pour séparer les tourteaux.

Ce que j'ai apprécié :

- Ce roman, c'est l' histoire d'une génération détruite par les ravages du terrorisme et des amalgames. De confession juive, français d'origine marocaine, les parents Sarah et Samuel ont toujours prôné l'importance de la laïcité et de la tolérance. Mais quand leur fils meurt à Tel-Aviv, dans un attentat terroriste (palestinien), toutes les belles pensées s'écrasent au sol. Déjà, impossible de se relever complètement de la mort d'un enfant. Mais quand la cadette leur apprend son idylle avec un musulman, s'en est trop. Judith, désemparée, va s'envoler pour Paris, pendant trois jours, en imaginant un plan qui séparerait Juliette de son amant musulman .
Evidemment, Judith paraît machiavélique dit comme cela. Et pourtant, il faut bien comprendre que c'est une femme brisée par la mort de son frère et la démence naissante de son père. J'ai beaucoup aimé ce personnage, très discrète et surtout complètement dépassée par les évènements qui se jouent devant elle.

- L'histoire de cette famille, celle de Juliette et Mehdi, ce pourrait être l'histoire de beaucoup de français . Tomber amoureux et se heurter de plein fouet aux traditions familiales et à la peur. Cette peur que les violences commises par une minorités fait peser sur toute une population.
Le personnage de Judith est l'incarnation de cette peur : peur d'affronter sa soeur et ses parents, peur de quitter ses enfants, peur de se balader dans un endroit peuplé de Tel-Aviv, peur d'être juive aussi.

- Et puis, c'est aussi un roman sur la gestion du deuil et la séparation que peut engendrer dans une famille un décès tragique alors même que les membres restant auraient besoin de se soutenir. Quoiqu'il en soit, dans cette famille, chacun fait ce qu'il peut pour essayer de s'en sortir, le plus souvent inconsciemment, que cela fasse du mal aux autres ou non.
J'ai trouvé les personnages tous très attachants malgré leurs agissements parfois terribles : rejet d'une fille, pensées racistes, etc. C'est une des génèses du racisme qui prend corps entre ces lignes . Un racisme qui n'en est pas vraiment un, puisqu'il naît d'un désespoir qui ne demande qu'à être apaisé, guéri.

Ce que j'ai moins/pas apprécié :

- La couverture ! Non mais ce n'est pas possible de faire des couvertures pareils... Surtout pour un roman aussi intéressant. C'est tellement dommage ! Honnêtement, qui s'arrêtera dessus en librairie ? Soyons sérieux quelques secondes : c'est un repousse-lecteurs.

En bref ?

Un roman court mais tellement complet ! Conflit israélo-palestinien , drame familial , attentat, , ... Les sujets abordés le sont avec beaucoup de justesse, c'est tendre et en même temps dur et réellement émouvant à certains moments.


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