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Exposition Gérard Guyomard à la Galerie Anne-Marie & Roland Pallade | Lyon

Publié le 13 mars 2015 par Philippe Cadu @ContempodeLArt

Gérard GuyomardGérard Guyomardhttp://www.pallade.net/

du 19 mars au 16 mai 2015

Vernissage jeudi 19 mars de 18:00 à 20:30 en présence de l’Artiste

Exposition d’œuvres historiques et emblématiques des années 60, 70, 80 et 90

Gérard Guyomard : pas figuratif, mais narratif

Au moment où l’on célébrait les quarante ans de peinture de Gérard Guyomard, notamment au Palais Synodal de Sens en 2007, j’observais que son art n’a jamais cessé, premièrement, de  relever de l’esprit anar, deuxièmement de procéder par superpositions et enfin d’être consciemment narrative. Huit années ont passé, nous nous approchons des noces d’or de Gérard avec la peinture : diable ! Tout ce qui a été dit et écrit le concernant reste vrai, mais il est sans doute temps d’essayer de découvrir ce qui fait, du strict point de vue artistique, la valeur profonde d’une œuvre qui se déploie avec une incomparable verve depuis près d’un demi-siècle. Il faut chercher et décrire l’oscillation perpétuelle, chez Guyomard, de l’irréfléchi au réfléchi, du vécu au perçu, ou autrement dit le pouvoir de voir assumé par son imagination. Cela nous donnera peut-être la clef de sa place originale dans le mouvement de la Figuration narrative.

Gérard Guyomard « Trodinfotulinfo. Epicétou! »
La phénoménologie nous enseigne que c’est avec le surgissement de l’espace et du temps que se produit l’avènement de la représentation : elle l’attribue à l’imagination transcendantale. Mais il y a aussi l’imagination empirique qui prolonge cette démarche et convertit l’apparence en objet. On comprend que ce que l’imagination apporte à la perception pour étendre et animer l’apparence, elle ne le crée pas ex nihilo. C’est avec les savoirs déjà constitués dans l’expérience vécue qu’elle nourrit la représentation. Plus précisément elle mobilise les savoirs et elle convertit l’acquis en visible. Gérard Guyomard sait par exemple que la jeune Marie-Louise O’Murphy, dite « Morphise », quatorze ans et demi, fille d’une maquerelle notoire, fut le modèle de François Boucher pour sa fameuse Odalisque blonde, représentée allongée nue sur une couchette à la turque, s’appuyant sur un oreiller et, comme l’écrit le très sérieux historien Jean-Christian Petitfils, « offrant impudiquement au regard un fessier bien cambré ». Voilà qui suffit à enflammer l’imagination du peintre (comme celle de Louis XV d’ailleurs). Il en résulte la délicieuse Jeune fille au repos (acrylique sur toile, 1973). Qui n’est pas seulement une image érotique par un artiste volontiers égrillard (voir sa Suzanne et les vieillards à cet égard), pas non plus exclusivement un hommage au maître rococo François Boucher : c’est tout cela à la fois, mobilisation de différents savoirs pour faire advenir un nouveau visible. Tout Guyomard est là dès le départ ou peu s’en faut, grand intégrateur de savoirs en images, orfèvre en synthèse de l’imagination transcendantale et de l’imagination empirique, la première lui donnant la possibilité de voir, la seconde d’exploiter le savoir concret qui commente la perception. Lire la suite…

Jean-Luc Chalumeau Février 2015

Catalogue de l’exposition

galerie anne-marie et roland pallade, 35, rue Burdeau 69001 Lyon Tél.:  +33 (0)9 50 45 85 75

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