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Interview de H.F Diané, auteur autoédité et écrivain public

Publié le 15 mars 2015 par Thibaultdelavaud @t_delavaud

Bonjour, j’accueille aujourd’hui un jeune auteur et écrivain public, H.F. Diané, qui publie en autopublication son second roman, Le Jazzman du Misanthrope. H.F Diané nous raconte dans cette interview son parcours, sa passion pour l’écriture et ses projets d’avenir.

Comment avez-vous découvert l’autoédition ? Pourquoi avoir choisi le livre numérique ?

Bonjour Thibault, je tiens avant tout à vous remercier de m’accorder cette interview.

J’ai découvert l’autoédition en 2012, en recherchant une alternative à l’édition traditionnelle. J’ai appris que dans certains pays (notamment au Japon), les jeunes auteurs publient leurs premiers livres dans des fanzines (magazines indépendants). Cette année là j’ai donc créé le mien, dans lequel je publiais chapitre par chapitre mon premier roman. Mais le coût des impressions étant élevé, j’ai finalement opté, plus tard, pour le livre numérique avec Le Jazzman du Misanthrope.

J’ai choisi le ebook pour sa simplicité, et la possibilité d’exercer un contrôle total sur son livre. Mais attention, le parcours de l’auteur indépendant n’est pas de tout repos ! Il doit endosser plusieurs rôles : celui d’auteur, d’éditeur et de commercial.

H.F.D. & Franz-Olivier Giesbert, promo fanzine

H.F. Diané et Franz-Olivier Giesbert posant avec son fanzine Le Palais des Songes, Comédie du Livre de Montpellier.

Votre livre est un roman historique, qui nous plonge dans l’Amérique de 1941. Que vous inspire cette période ?

1941 comme un tournant dans l’histoire des États-Unis. D’un côté, on assiste à la naissance des premiers big band de Jazz constitués de musiciens Noirs et Blancs, de l’autre à l’entrée en guerre des États-Unis. 1 million d’Afros-Américains s’engagent dans l’armée pour aller combattre en Europe et en Asie. Mais à leur retour, ils réalisent que leur situation n’a pas changé, alors qu’en Europe ils étaient beaucoup mieux traités. Ce sont eux qui donneront un nouveau souffle au mouvement des droits civiques.

Il faut savoir que dans l’Amérique des années 40, la vie des citoyens noirs et blancs était régie par des lois ségrégationnistes, et leurs relations étaient très encadrées. Ceux qui les transgressaient pouvaient être emprisonnés voire lynchés.

De quoi parle votre livre ? Qu’avez-vous souhaité transmettre au lecteur ?

L’essence de mon livre est l’amour et la guerre. Egmond Parker, le héros, fuit l’Amérique, où son amour avec sa bien-aimée, qui est une jeune femme blanche, est condamné par les lois ségrégationnistes. Son voyage pour le mène à Jefferson, ville énigmatique du sud de la France « qui ne connaît pas la guerre ».

Mais dans le livre, j’aborde surtout le thème de la guerre sur le plan financier. Je voulais montrer cette autre facette dont on ne parle que très peu, et qui est peut-être son aspect plus occulte. Pendant que certains combattaient sur le front, ceux que l’on surnommait les profiteurs de guerre coulaient de jours heureux en jouissant des revenus conséquents issus de l’industrie de l’armement. Ce sont ces personnages que l’on découvre à travers les yeux d’Egmond. Écrire un roman historique à la 1ère personne était pour moi un excellent moyen de mieux plonger le lecteur dans l’histoire.

J’imagine que vous avez effectué un gros travail de documentation, comment cela s’est-il passé ?

Effectivement, je pense que j’ai même dû passer plus de temps à me documenter qu’à écrire… (rires). J’ai fait de nombreuses recherches sur des sites d’archives, en bibliothèque… Mais il m’est aussi arrivé de contacter des personnes aux États-Unis, pour me renseigner sur un simple détail ! Le Jazzman du Misanthrope étant un roman historique, le risque d’anachronisme était élevé, voilà pourquoi j’ai effectué un travail minutieux. Quelques personnages historiques ont disparu dans la version finale du roman, parce qu’après recherche, j’ai réalisé qu’ils ne pouvaient pas se trouver en France en 1941. À la fin, j’avais l’impression de réaliser un travail d’orfèvre ! (rires)

Le Jazzman du Misanthrope - Couverture

Quelle place occupe l’écriture dans votre vie ?

L’écriture a été ma première passion, mais aussi mon premier amour (rires). À l’école, je n’avais pas beaucoup d’amis, et l’écriture me permettait de m’évader. Parfois, à la fin des cours, mes instituteurs m’autorisaient à lire mes histoires. Depuis 6 ans maintenant, j’écris quotidiennement. L’écriture est pour moi une porte vers un monde où tout est possible, le lien entre le réel et l’imaginaire. Je suis toujours frappé par le nombre de personnes qui me confient avoir toujours rêvé d’écrire. Je pense que d’une certaine manière, l’écriture et l’homme sont très liés. Les mots sont un excellent remède aux maux.

Avez-vous fait de la publicité pour votre livre ? Comment ?

Oui, effectivement, c’est une étape incontournable quand on s’auto-édite. Je tiens des pages Facebook et Twitter. J’ai parlé de mon projet aux radios montpelliéraines, aux magazines municipaux. J’ai une interview prévue avec radio Campus Montpellier le 17/03 à 12h, les autres suivront. Et bien entendu, j’ai aussi contacté quelques blogueurs. D’ailleurs, j’ai récemment fait une interview avec un site d’actualité local, Hautcourant.

Quels sont vos projets à plus ou moins court terme ?

Ayant beaucoup écrit au cours de ces dernières années, j’aimerais promouvoir mes autres livres. Je compte publier avant l’été le roman jeunesse (toujours au format numérique) que je diffusais autrefois sous forme de fanzine. Mais le projet qui me tient le plus à cœur, est de publier des histoires pour enfants que j’illustre aussi, en version papier.

Intw Radio Campus

Selon vous, quel est l’avenir de l’auto-édition ?

Il y a encore peu, l’auto-édition était dénigrée, mais aujourd’hui, les mentalités évoluent. Les projets tels que KDP d’Amazon sont une véritable chance pour nous, auteurs indépendants. Nous avons un contrôle total sur nos œuvres, et nous ne subissons pas le diktat des grandes structures. J’ai récemment lu l’un de vos articles sur l’auto-édition, que j’ai trouvé très intéressant. Je pense qu’en France, on a jamais vu une telle situation, où des auteurs gravitant en dehors des structures traditionnelles jouissent d’un succès considérable. Je pense à Jacques Vandroux, Marie-Agnès Lugand, ou encore Aurélie Valognes, dont le parcours est remarquable. Ces auteurs là sont la preuve que l’auto-édition a encore de très beaux jours devant elle, et que les auteurs doivent y croire.

Un dernier mot pour la fin ?

Je tiens encore une fois de m’avoir accordé l’honneur de parler du Jazzman du Misanthrope sur votre blog, bien entendu je vous tiendrai au courant de l’évolution de mon projet. Mes lecteurs peuvent me suivre sur mes pages Facebook et Twitter. Vous pouvez aussi écouter la bande son de mon livre sur Youtube. Un dernier conseil aux auteurs indépendants : ne négligez surtout pas la promotion de votre livre ! Il peut être génial, mais s’il n’est pas référencé, il y aura très peu de chance qu’il se vende.


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