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Pouvoir s’exprimer

Publié le 29 mai 2008 par Jcgbb

Pourquoi avons-nous si souvent le sentiment que les mots ne disent pas notre pensée ? Qu’ils n’ont pas traduit ce que nous voulions dire ? Est-ce notre langue qui est mal faite, ou est-ce nous qui la maîtrisons mal ? Faut-il alors apprendre à mieux parler, pour mieux se comprendre ? Tel est l’un des nombreux problèmes que pose la réflexion sur le langage. Le langage, contrairement à sa définition habituelle, ne peut-il être qu’un mauvais outil de communication ?

On pourra naturellement se demander : à quoi bon poser une telle question ? Que peut bien faire l’idée que le langage soit efficace ou lacunaire ? L’intérêt d’une critique est de rendre possible une amélioration, la recherche d’un perfectionnement. L’art n’est-il pas alors le complément nécessaire au langage ?

Y a-t-il donc des limites naturelles aux mots ? Pour cela, il faut réfléchir à ce qu’ils désignent, à ce qu’ils cherchent à traduire et à la nature particulière de cette réalité qu’on met en mots. Cette réalité est celle de notre conscience. Ce que nous décrivons, c’est toujours notre vie psychique, notre représentation mentale des choses. Non pas seulement ce que nous voyons, mais la manière dont nous le voyons ou vivons.

Or, cette vie consciente est très particulière, car elle est vivante justement. Ses différents moments ont une solidarité de type organique, difficilement analysable. Il paraît banal de distinguer nos états d’âme, de ressentir colère puis tristesse, comme s’ils étaient des éléments isolables, dénombrables, comme des objets dans l’espace – ce qui pourtant n’est pas exact.

C’est Bergson qui décrivait cette succession complexe de nos sentiments. La suite qu’ils composent ressemble à une série de notes, où chacune n’est pas entendue en soi, mais l’une par rapport aux autres. De même, les états d’âme ne se succèdent pas, ils se pénètrent et se déterminent réciproquement. Il n’y a pas une colère, puis une tristesse, mais l’une qui peu à peu devient l’autre. Nos sentiments sont comme des notes : ils se fondent ensemble pour former des mélodies successives.

A la musique revient alors le pouvoir d’évoquer ce que nous n’arrivons pas à exprimer – et à le libérer.

Révisions bac philo 2008 : Le langage

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