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Dan deacon – gliss riffer│maître de la pop bordélique

Publié le 16 mars 2015 par Acrossthedays @AcrossTheDays

Trois ans à peine après la sortie d’America, le virtuose de l’électro le plus cinglé Dan Deacon revient avec Gliss Riffer, nouvel album de huit titres sorti fin février. Dan Deacon, c’est cet artiste un peu étrange, dont les rythmes endiablés donnent sacrément envie de sauter partout et dont les concerts se finissent souvent en câlins collectifs/pistes de danse démentielles. Mais l’Américain de 34 ans sait surtout parfaitement manier les loops et autres synthés, suffisamment en tout cas pour décrocher sa place dans les classements de Pitchfork, Rolling Stones et autres New York Times. Revenu à l’autoproduction (il enregistrait en groupe depuis son album Bromst, sorti en 2009), Dan Deacon ressort les armes pour une nouvelle expérience musicale très prometteuse. 

DAN DEACON – GLISS RIFFER│MAÎTRE DE LA POP BORDÉLIQUE

Ouvrir un album avec un tube, c’est possible. En tout cas, c’est ce que nous propose Dan Deacon. Feel The Lightning, bijou électro pop transcendantal annonce la couleur. Une voix féminine (celle de Dan Deacon, aussi) se balade sur des nappes de synthés dont les sonorités indiennes glissent au creux de nos oreilles, tandis que la voix grave et robotisée de l’artiste vient subitement contraster avec cette douceur, et faire de ce morceau un duo de charme, avec lui-même.

Sheathed Wings enchaîne énergiquement, le rythme s’accélère, la voix se dénude et les instruments s’empilent, dans un grand bazar plutôt fascinant. On retrouve ici le Dan Deacon de Spiderman Of The Rings (rappelez-vous de Wham City) : agité, presque pressé de faire sautiller son public mais dont la cohérence des instruments utilisés reste toujours intacte. Un morceau aussi efficace que frénétique, en somme.

Les chœurs surmultipliés de When I Was Done Dying prennent le relais et accompagnent le public dans un nouvel univers aux sonorités ethniques. Le chant de Dan Deacon, à nouveau mis à nu, prend ici tout son sens : considérablement mis en avant, les fioritures sont rangées au placard pour ne laisser place qu’au timbre du chanteur et à la puissance de ses intonations. Et c’est très beau.

Plus de voix en revanche dans Meme Generator, morceau très épuré dont les seules interférences aux notes de synthé et machines sont des loops placées ici et là, ne semblant pas déranger la volupté du morceau, dont le potentiel planant atteint des sommets. Essayez, c’est encore mieux les yeux fermés.

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La fête reprend, et c’est avec Mind On Fire que l’on replonge dans du pur Dan Deacon, arpèges insensés de synthés et flûtes orientales compris. La voix, qui retrouve son arpeggiator et ses effets robotiques, ne se repose parfois plus que sur un beat incessant. Elle scande sans jamais crier, les notes se mélangent sans jamais détonner, les montées se succèdent sans jamais lasser.

Learning To Relax, un nouveau duo de voix, l’une féminine (toujours celle de Dan Deacon) et l’autre masculine. Comme une suite à Feel The Lightning, les chants se répondent sur un rythme effréné semblable à une course de synthés, guidée par des loops à nouveau jonchés sur une montagne d’instruments en tout genres. Un troisième chant prend place en fin de morceau, comme pour venir canaliser les deux précédents. Il s’impose en lead, puis est rapidement rattrapé par le duo qui clôturera le morceau sur quelques notes de piano savamment pensées.

Take It To The Max est ce genre de morceau qui parvient à vous maintenir en haleine pendant près de huit minutes. Cette montée perpétuelle évolue au fil des secondes, laissant le temps aux instruments de s’implanter dans le morceau, un par un. Le résultat final est prenant, et les basses captivent : Dan Deacon fait du DIY, certes, mais tout semble parfaitement millimétré et lâché au moment opportun.

Pour conclure Gliss Riffer, l’artiste nous propose Steely Blues, outro logique et sensée mais un tout petit peu décevante après l’enchaînement de tubes que l’on vient d’écouter. Malgré tout, ce morceau conclut vraiment bien l’album en confirmant le talent de Deacon en matière de sonorités électroniques et autres successions de loops.

Toujours hypnotique, toujours réjouissant, toujours entraînant, Dan Deacon fait désormais du Dan Deacon mais en mieux. Malgré des sonorités rappelant les albums passés de l’américain, il ajoute des idées nouvelles, des morceaux surprenants et des passages qui confirment que sa musique est (bien) loin de nous lasser. On notera également l’émancipation de la voix du chanteur, qui endosse parfaitement tous les rôles de la comédie musicale qu’est ce nouvel album. Dan Deacon, un OVNI qui ne vous veut vraiment que du bien.


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