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Jin Si Yan et Jean-François Sené : La Lecture

Publié le 19 mars 2015 par Lebouquineur @LBouquineur

Si Yan Livre.jpgJin Si Yan est professeur de langue et de civilisation chinoise à l’université d’Artois et rédactrice en chef adjointe de la revue Dialogue transculturel. Jean-François Sené, né en 1946 est professeur agrégé de l’Université, il a enseigné dans divers établissements au Maroc et en France avant d’être nommé à Paris. Depuis 1981, il est également traducteur de langue anglaise (il a traduit les poèmes de Samuel Beckett). Il poursuit parallèlement à ses activités un travail d’écriture personnelle et collabore à des revues poétiques.

La Lecture, paru en 2012, regroupe deux textes, Serrer la main des ancêtres écrit par Jin Si Yan et La Lecture, cette drogue douce par Jean-François Sené.

Avec Jin Si Yan nous sommes dans la Chine de Mao. La « Révo Cul dans la Chine Pop » a envoyé la famille à la campagne dans son cadre de rééducation et la petite fille va découvrir les livres d’abord par les lectures faites par son père médecin, le soir et en secret pour ne pas éveiller les soupçons des oreilles qui pourraient trainer dans le coin, puis par les quelques ouvrages qu’elle pourra consulter. L’auteure nous brosse un bref historique de l’histoire du livre et de l’écriture en Chine, ainsi que de la censure sans oublier d’insister – point très intéressant - sur la sonorité des mots et la phonétique qui peuvent en faire varier le sens dans sa langue et ouvrir la porte à des interprétations diverses. La célèbre réplique d’Hamlet, « To be or not to be...” devenant “Naître ou redresser la natte, c’est la question.”

Mais c’est aussi très étonnant de constater qu’elle semble étrangère à se qui se passe dans son pays et son texte, souvenirs d’une enfant ceci expliquant cela, est bien loin des récits dramatiques que nous avons pu lire chez d’autres. Elle s’en explique, en prenant la lecture comme moyen utilisé pour ignorer ce qui se déroulait autour d’elle, « Les livres me faisaient aller au plus loin, me rendant le passé très proche, et le présent plus vide, moins important. » Une sorte de déni qui lui restera puisqu’elle reconnait que même aujourd’hui, avec la lecture, elle « reste ailleurs, en dehors de l’époque actuelle. Tel un spectateur, je me tiens à l’écart du monde. »  


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