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Día de la Memoria, la Verdad y la Justicia [Actu]

Publié le 24 mars 2015 par Jyj9icx6
Le quotidien Página/12 consacre une bonne demi-douzaine d'articles aux commémorations de ce jour consacré à la Mémoire, à la Vérité et à la Justice : celui du coup d'Etat d'il y a 39 ans et celui des victimes, dont beaucoup restent disparues aujourd'hui (par elles, 400 enfants aujourd'hui adultes, dont on ne sait s'ils sont vivants ou morts et s'ils vivent, à quelle famille officielle ils appartiennent).

Día de la Memoria, la Verdad y la Justicia [Actu]

En une, les révélations sur les vols de la mort
en manchette à gauche l'interview de Estela de Carlotto
et à droite les rebondissements de la procédure autour de Nisman


Parmi les articles, tous plus intéressants les uns que les autres, des révélations sur les vols de la mort, dont certains participants ont fini par avouer qu'il y avait eu dans ces opérations nocturnes des meurtres d'enfants, jetés à l'eau depuis les avions en altitude au dessus de l'océan Atlantique ou du Río de la Plata, et une interview de la présidente de Abuelas de Plaza de Mayo, Estela de Carlotto, qui rappelle que plus que jamais il faut renforcer et développer la démocratie en Argentine (en cette année électorale où deux pré-candidats de l'opposition, Sergio Massa et Mauricio Macri, ont annoncé qu'ils souhaitaient, s'ils étaient élus président, donner un coup d'arrêt aux activités des ONG).
Il est à noter qu'aujourd'hui, pour la première fois, Madres de Plaza de Mayo semble bien isolée. L'association se trouve dans l'œil du cyclone du fait d'irrégularités dans ces comptes, alors qu'elle reçoit des subventions publiques. La marche qui partira à 14h de Congreso pour se rendre jusqu'à Plaza de Mayo comme tous les ans rassemblera toutes les ONG, sauf Madres (en revanche, l'autre association, Madres de Plaza de Mayo Linea Fundadora, figurera bien au premier rang).
Et en ce jour si symbolique pour les droits de l'homme et les bonnes pratiques judiciaires, l'un des experts choisis par la partie civile dans le procès sur la mort du procureur Alberto Nisman a annoncé son retrait de l'équipe constituée par la juge Sandra Arroyo Salgado. Il s'agit d'un expert-psychiatre, Ricardo Risso, qui estime que dans les actuelles conditions de deuil et d'implication judiciaire (1) qui sont celles de tous les proches, parents, collaborateurs ou amis, du défunt, il est impossible de faire une évaluation de l'état d'esprit dans lequel il se trouvait au moment des faits. Qu'il se dissocie ainsi de la partie civile met en lumière, une fois encore, l'opacité des opérations conduites par l'ex-épouse du magistrat décédé... Et ajoute de l'eau au moulin de Estela de Carlotto qui dénonce une nouvelle fois le corporatisme dans la magistrature et l'auto-protection dont jouit de fait ce corps constitué dans la République argentine.
Pour aller plus loin : lire l'article sur les vols de la mort lire l'interview de Estela de Carlotto lire l'article sur l'expert-psychiatre et son désistement.
(1) L'un des salariés du juge, l'informaticien Lagomarsino, est poursuivi pour avoir confié une arme à feu dont il était propriétaire et qui se trouve être l'arme du crime (voir mes autres articles sur le sujet en cliquant sur affaire Nisman dans le bloc Pour chercher, para buscar, to search, qui se trouve sous le titre de chaque entrée). L'ex-femme fait feu de tout bois pour conduire la justice à en faire le meurtrier du père de ses enfants. La mère et la sœur du magistrat disparu sont impliquées dans l'existence d'un compte bancaire non déclaré et ouvert à l'étranger (qui plus est richement doté puisqu'il y aurait jusqu'à 600 000 USD – au regard du niveau de vie argentin, c'est vraiment beaucoup d'argent).

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