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[Critique] CENDRILLON

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] CENDRILLON

Titre original : Cinderella

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Kenneth Branagh
Distribution : Lily James, Cate Blanchett, Richard Madden, Stellan Skarsgård, Holliday Grainger, Sophie McShera, Derek Jacobi, Helena Bonham Carter…
Genre : Fantastique/Romance/Adaptation
Date de sortie : 25 mars 2015

Le Pitch :
Quand le père d’Ella décide de se remarier, plusieurs années après avoir perdu sa chère épouse, la jeune fille ne se doute pas que son existence, jusque-là paisible, va alors devenir très pénible. Sa belle-mère et ses deux demi-soeurs ne sont en effet pas tendres avec elle. Quand le père d’Ella succombe à la maladie pendant l’un de ses voyages, la situation empire pour celle qui devient alors la servante. Appelée Cendrillon par sa marâtre, elle passe ses journées à travailler, la tête pleine de rêves au sujet desquels elle ne se fait plus guère d’illusions. Sa rencontre avec le Prince du Royaume va néanmoins tout changer. L’apparition d’une bonne fée également, elle qui va prendre en charge Cendrillon pour lui permettre de se rendre au grand bal organisé par le Roi, afin de trouver une épouse au Prince…

La Critique :
Mais pourquoi Disney a-t-il décidé de sortir Into The Woods et Cendrillon la même année ? En pleine frénésie, le studio aux grandes oreilles a pour ainsi dire un peu chargé la mule, en nous imposant, à seulement quelques semaines d’intervalle, deux visions de Cendrillon. La première correspondant à celle interprétée par Anna Kendrick dans la comédie musicale qui compile plusieurs contes de fée, et la seconde à celle jouée par Lily James, dans ce qui s’avère être une adaptation très fidèle du classique de l’animation connu de tous.
Car contrairement à Maléfique, qui prenait un malin plaisir à remixer un peu La Belle au Bois Dormant en mettant en avant la « méchante » de l’histoire, dans un film un peu plus axé heroic-fantasy, le Cendrillon de Kenneth Branagh colle de près à l’histoire telle qu’elle a toujours été racontée au fil des générations. Le risque, dont Branagh semble pleinement conscient, étant de lasser le public. Surtout ceux qui ont revu en boucle le dessin-animé de 1950 et plus particulièrement ceux qui attendaient une relecture, portant des thématiques plus modernes, comme le faisait justement Maléfique.
Il faut donc accepter et/ou adhérer au parti-pris. La condition pour laisser entrer la féerie en somme toute assez rare dans les salles ces dernières années, que Cendrillon impose sans jamais défaillir.
Mieux que tous les réalisateurs qui se sont récemment frottés à ces univers hyper codifiés et inscrits depuis belle lurette dans l’inconscient collectif, Kenneth Branagh parvient à retrouver toute sa superbe, un poil éreintée par son expérience chez Marvel (on lui doit le premier Thor). L’homme de théâtre respecte son récit, qu’il s’applique à illustrer avec toute la grandiloquence nécessaire, en acceptant la naïveté qui va avec. Ainsi, là où un trop plein de cynisme pourrait ne nous laisser voir qu’un simple manichéisme et un torrent de sentiments dégoulinants, le cinéaste fait véritablement le maximum pour raviver la flamme des grands classiques de chez Disney et pour justifier ses choix. Sa version « live » de Cendrillon est alors peut-être un peu trop calquée sur son modèle animé, mais force est de lui reconnaître une superbe éblouissante.

Cendrillon-Helena-Bonham-Carter

Visuellement, Cendrillon est une réussite exemplaire. Les paysages et les décors sont tous sublimes, tout comme les costumes d’ailleurs. D’une cohérence rare, le long-métrage impose une magie spectaculaire et remarquablement dosée. Là où par exemple, La Belle et la Bête, de Christophe Gans a lamentablement échoué, Cendrillon arrive à faire cohabiter les personnages et cette magie propre à ces charmantes petites souris ou à la Bonne Fée, incarnée avec une malice bienvenue par Helena Bonham-Carter. En cela, la fameuse séquence attendue de la transformation, avec la citrouille qui se change en carrosse, semble tout droit sortie des livres qui ont bercé notre enfance. Illustré à grand renfort d’effets-spéciaux étonnants car parfois portés par un souffle étonnamment old school, Cendrillon prend un malin plaisir à donner vie une nouvelle fois à des personnages cultes, en soignant au maximum les formes, sans chercher à les remixer afin de les replacer dans une dynamique plus contemporaine.
À l’écran, le spectacle sonne comme les grands films fantastiques familiaux d’antan, ce qui reste vraiment impressionnant, pour quiconque ayant grandi dans les années 80. Contrairement à l’artificiel Maléfique, Cendrillon ne tombe pas dans l’excès et sait se contenter de faire au mieux avec le formidable texte qu’il doit mettre en scène.

Du côté des acteurs, Lily James, une des stars de la série Downtown Abbey, mène la danse, à fond dans son rôle, pile poil dans le ton. Cate Blanchett apporte quant à elle toute sa classe, dans une composition impeccable très justement un poil accentuée, qui nous fait aimer la détester. Richard Madden, alias Robb Stark dans Game of Thrones, fait un Prince certes très classique, mais encore une fois parfaitement cohérent, et tous les seconds rôles contribuent à donner de la substance à un scénario studieux et fédérateur.
Le fait de connaître par cœur l’histoire, et donc son dénouement, ne constitue en aucun cas un frein à l’enthousiasme et à la magie que distille le film. Cendrillon ravive la flamme des vieux Disney. Ceux qui collent des papillons dans le ventre, sans autre prétention que de livrer un divertissement profondément honnête et enchanteur. Alors que la méfiance était de mise, le long-métrage parvient à percer les défenses et, avec tout le naturel qui caractérise les grands classiques, s’impose sans forcer. À chacun de voir. La démarche de Kenneth Branagh étant plus audacieuse qu’elle n’y paraît. Il serait cependant dommage de ne pas embarquer dans la citrouille faite carrosse et de se laisser guider par les petites souris, dans un monde féerique en compagnie d’une princesse plus que jamais recommandable.

À noter que le film est précédé par le court-métrage La Reine des Neiges – Une fête givrée. Un film d’animation en forme de suite directe à La Reine des Neiges. Également réalisé par le duo Jennifer Lee/Chris Buck, ce petit clip tout à fait sympathique, rameute les personnages principaux du classique de Disney et raconte brièvement l’organisation par Elsa, de la fête d’anniversaire de sa sœur. Presque entièrement chanté, le court-métrage plutôt anecdotique, arrive néanmoins en quelques minutes seulement, à convoquer l’esprit qui porte le film et constitue en cela un apéritif de premier choix. Avant Cendrillon donc, mais aussi avant le second volet de La Reine des Neiges, attendu pour 2016.

@ Gilles Rolland

Cendrillon-Lily-James-Richard-Madden
Crédits photos : The Walt Disney Company France


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