Magazine Cinéma

Valdez

Par Tepepa
Valdez

Valdez is coming
1971
Edwin Sherin
Avec: Burt Lancaster

Valdez est une production Burt Lancaster, et en tant que telle, ce n'est pas sans une légère appréhension que l'on met la galette dans le lecteur de..., je veux dire, la clé USB à l'arrière de... pardon, que l'on streame le film directement de son smartphone sur sa TV. En effet, ceux qui ont lu le roman auront du mal à s'imaginer l'armoire Burt Lancaster et son sourire étincelant en ancien éclaireur métèque humble et sec, et le fait qu'il ait nommé un parfait inconnu pour réaliser le film n'est pas de nature à calmer cette appréhension.

Cependant, bien vite, on est soulagé de constater que Burt Lancaster ne fait pas du Burt Lancaster. Âgé, légèrement voûté, les cheveux grisonnants, du maquillage un poil trop voyant pour le transformer en greaser, Lancaster campe un personnage qui physiquement est loin de celui qu'on a pu s'imaginer en lisant le roman, mais qui respecte à la lettre l'esprit du personnage. Mutique et stoïque, Valdez ne fait pas de coups d'éclats et garde son air renfrogné jusqu'au bout, c'est bien simple, vous ne verrez pas les dents de Burt dans ce film. 
Le scénario est aussi étrangement très fidèle au livre, rien n'est fait pour le rendre plus spectaculaire, ni plus violent, ni plus commercial, jusqu'à la fin abrupte qui clôt magistralement le livre. Mais, comme tous les gens cultivés le savent, la fidélité d'un film au roman ne fait pas un bon film. Si certains éléments ont tout de même été expurgés pour améliorer la lisibilité du film, d'autres auraient mérité d'être plus développés, comme la relation entre Valdez et la femme, et surtout la relation entre El Segundo et Tanner, qui est un des pivots du roman. Le film montre peu l'évolution de cette relation et anéantit l'effet du dénouement en donnant carrément l'impression que la fin a été bâclée. Un rien dommage, d'autant que le reste de la réalisation sans éclat ne parvient pas à rehausser l'ensemble. Le film ayant été tourné en Espagne, on ne manque pas de reconnaître ici et là des décors mille fois vus dans les westerns spaghetti, et dans l'absolu je n'ai rien contre, sauf quand cela me sort de l'histoire, et que cela raccroche le film à un genre auquel il n'appartient pas. Pour toutes ces raisons, Valdez est un film assez mineur dans l'histoire du western et dans la filmographie de Lancaster, mais qui passe quand même assez bien.

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