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Le TsimTsoum réussi de Guy Birenbaum

Publié le 07 avril 2015 par Davidme

Un choc. C’est le mot qui vient le plus rapidement à l’esprit une fois la lecture du livre de Guy Birenbaum achevée. Dans « Vous m’avez manqué, histoire d’une dépression française », Birenbaum se livre et raconte sa dépression. Ce moment où plus rien ne lui semblait possible. Ce moment de vide où il est tombé.

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Trop connecté, trop distancié par rapport à sa propre histoire, trop bagarreur, trop coureur, trop travailleur, trop profond, et trop futile, à un moment donné, Birenbaum a craqué. Il n’a pas pu se lever le matin, il n’a pas pu aller travailler, il a dû se confronter à lui-même et aussi à son histoire. Celle de ses parents qu’il n’a jamais voulu voir en face. Ce moment de confrontation qu’il raconte avec sincérité et pudeur est un moment très puissant du livre. En deux phrases : Guy porte ce prénom car c’était le surnom de son père, résistant au sein de l’Affiche rouge. Guy est né car sa maman a été cachée, rue Saint-Maur à Paris et sauvée par une juste qui a préféré la maman de Guy à son propre fils, fricotant avec la milice. Tout comme est passionnante la réflexion qui sous tend l’ouvrage sur notre monde médiatique, sur notre hyper connexion et sur notre façon d’exhiber nos vies.

Au moment de refermer le livre, on s’interroge sur soi, sur ses propres renoncements et réalisations, sur son rapport aux autres, sur son rapport au travail. Des questions fortes induites par les mots de Guy Birenbaum qui nous tend son livre à la fois comme un regard optimiste – quand on est au fond on peut s’en sortir nous dit-il – mais aussi comme un miroir vers nous-mêmes. A chacun d’en tirer, ou non, des réponses.

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Comme dans un pied de nez à l’histoire qu’il raconte et à l’acceptation de son judaïsme, qu’il avait jusque là laissé de côté, Birenbaum livre un message : du vide, du néant, du chaos surgit la lumière et la créativité.

Ça vous rappelle quelque chose ? Le TsimTsoum si cher aux juifs et si essentiel à chaque  homme. Ce moment où Dieu (ou autre chose, peu importe) se retire pour laisser la place au vide puis à la création. En d'autres termes, c'est quand il n'y a plus rien des oripeaux de nos croyances passées que l'on peut inventer, se réinventer et ainsi se reconnecter au monde.

Guy Birenbaum, "Vous m'avez manqué. Histoire d'une dépression française", éditions Les Arènes.

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