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Etre femme

Publié le 30 mai 2008 par Jcgbb

La femme c’est toujours l’Autre, celle qui n’est pas l’homme, celle qui se définit relativement à lui, par rapport à ce qui existe déjà, par rapport à l’évidence masculine. La femme vient toujours en second, après Adam par exemple. C’est elle qui fut soumise, elle qu’il faut protéger. Mais pourquoi serions-nous forcément « le deuxième sexe », demande Simone de Beauvoir ? Pourquoi en est-il ainsi ? Faut-il vraiment qu’il en soit ainsi ?

Sans doute n’y a-t-il pas de sentiment d’identité sans effet de contraste, sans le support d’une ou plusieurs différences. Nous nous « construisons » et définissons les uns par rapport aux autres et toute identité semble relative. Je deviens quelqu’un en me différenciant d’un autre. Je ne puis être quelqu’un qu’en étant différent d’un autre. Mais pourquoi les différences homme/femme ne sont-elles pas réciproques ? Pourquoi l’homme se définit-il d’abord, la femme ensuite, par négation ?

Il y a de quoi s’étonner, car les femmes, contrairement à la plupart des catégories dominées, ne constituent pas une minorité : il y a autant de femmes que d’hommes sur terre, et cela depuis toujours ! Alors pourquoi nous laissons-nous faire ? L’homme aurait-il moins besoin de la femme, qu’elle de lui ?

Préjugé, illusion, vanité : que serait la masculinité sans son comparatif ? Où serait sa vigueur sans son indocile compagne ? Que deviendrait sa lignée, et sa virilité sans sa postérité ? Les besoins sont réciproques, mais n’empêchent pourtant pas l’inégalité au sein du rapport. C’est comme pour le Maître et l’Esclave : le maître a besoin de son serviteur, mais n’en a pas conscience. C’est sa supériorité sur l’autre…

Le plus difficile dans l’histoire de cette longue domination, c’est que cette histoire n’est pas historique justement. Elle n’a pas d’origine, elle n’est si spatiale, ni sociale. Elle n’est liée ni à un événement particulier, ni à un passé assignable, convertible et modifiable. C’est une condition sans commencement ni date, d’où la difficulté d’en finir ! C’est parce que cela paraît naturel, que cela défie tout changement…

Le mieux serait d’en finir avec les querelles de supériorité et d’infériorité, et surtout de ne pas être tenté de répliquer qu’au fond il y a du bon à être les deuxièmes, car ce qui vient en second est souvent plus parfait que la première ébauche !


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