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Brussels Rock meets Celtic Music - Cité Culture- Laeken - le 4 avril 2015.

Publié le 04 avril 2015 par Concerts-Review

Brussels Rock meets Celtic Music - Cité Culture- Laeken - le 4 avril 2015.

Une organisation Road To Rock Festival et PCLProd.

En ce frileux samedi pascal, tu délaisses Les Pensées, du brave Blaise, traitant de la concupiscence humaine pour dérider ton cerveau, préférant Rabelais, en assistant au

Brussels Rock meets Celtic Music dans la coquette salle de la Cité Culture.

En attendant JP, tu devises avec le comité organisateur mais faut pas s'attarder le premier band est tenu d'entamer les débats à 17:15'.

L'horaire sera strict, le menu est copieux et varié, il n'y avait pas de Normands sur la carte on s'est contenté de Pils ( de l'eau pour JP, l'ascète).

Missiles of Octobre.

Octobre 1962, Nikita, pas la copine d'Elton John, décide d'envoyer du côté de Cuba trente-six missiles balistiques à tête nucléaire SS-4 et deux SS-5, Robert McNamara rit jaune mais s'appuie sur une stratégie de dissuasion.

2012, retour des missiles, en formule atomique, confectionnés par trois dangereux récidivistes, Lionel Beyet: bass, vocals - Bob Seytor: drums et Mathias Salas: guitar, vocals, des séditieux que tu vis au Magasin 4 en septembre 2014.

On n'est pas encore monté sur un podium en 2015, te confie Mathias, le plus salace de la bande, on en veut!

Effectivement, une entrée en matière virulente soulignée par des vocaux hargneux, 'You pray a world of shit', du metal, tendance sludge, abrasif et pervers, fait de riffs dévastateurs posés sur une assise rythmique pesante.

Pas évident à digérer au sortir de la sieste.

Un remerciement poli et une invitation 'Dance with me', t'as décliné, c'était pas un tango.

Solide accélération après une amorce, si pas poussive, du moins modérée, 'Don't panic'.

On a vite compris qu'il ne s'agit pas de confondre les missiles d'octobre avec des giboulées de mars ou des oeufs de Pâques.

Projectile suivant: 'Cheerleaders', fuzz et majorettes.

Après tous ces titres issus de l'album 'Don't Panic', Lionel promet une nouveauté bien huilée, 'Chainsaw'.

Tronçonnage efficace!

'Dead body', merde, le cadavre se rebiffe, on reprend, toujours des soubresauts, le troisième essai sera le bon!

Une basse saturée attaque 'Satisfaction for nothing', une odeur de souffre plane et vient chatouiller les premières boules de l'Atomium, les insatisfaits attaquent le furieux 'Wannabe' auquel succède la dernière salve tout aussi splanchnique ( ouais, ce mot existe, Julie la rousse confirme) ' Problems'.

Un set brutal.

Du street punk from Dublin, sauf que le trio sur scène n'est composé que d'un seul Irlandais, le guitariste/chanteur David Linehan ( un ex - Angelic Upstarts) - le costaud à la batterie, Jean Philippe Morer, est français - quant au bassiste de la soirée ( qui a assuré comme un chef), il a tout du mercenaire embrigadé pour la tournée sur le continent, le gars affichant un T-shirt Motorhead a servi de roadie pour tous les groupes suivants.

Identité?

Défunt, il reposera sous la dalle aux pieds de la Colonne du Congrès.

Le groupe est né en 2009, certains biographes citent quatre EP's.

Pendant 35'/40' il nous a servi un street punk redoutable dans la lignée de Stiff Little Fingers, Angelic Upstarts, Sham 69 ou Cockney Rejects avec quelques écarts vers Thin Lizzy ou 999 .

'Nowhere man' ( EP Prodigal Son') ouvre, quelques accords de guitare héroïques avant de partir au front la fleur au fusil.

Mot d'ordre: pas de quartier, efficience et énergie.

Sans pause ils enchaînent sur le Clashien 'Cops and robbers'.

David in French: ça fait plaisir d'être à Brussels, this is a new song, 'Criminal damage', un mix de punk et de pub rock.

On vous propose une petite chanson irlandaise sentant bon la campagne et les hors-la-loi, l'épique 'Bandit country' et la suivante est dédiée à Joe Strummer, 'Street punk hero'.

Pas question de temporiser, le rythme reste soutenu avec 'Bastards' et le formidable ' No Blacks, No Irish, No Dogs', De Wever se renseigne, il aimerait savoir s'il y a des Berbères.

Pour tous les comiques présents dans la salle, Patrick, Subsonic, Moustique et Cramique, voici l'hymne immortel de Sham 69 'If the Kids Are United'.

Toujours à fond sur la pédale, les vétérans balancent leurs dernières cartouches dont une nouveauté interprétée pour la première fois à Liège, ' Generation on Fire', mais aussi 'Borstal breakout' , le bien-nommé 'Rebel Heart', 'Alternative Ulster' de Stiff Little Fingers et enfin ' Keep the Faith'.

La foi, ils l'avaient!

Dead by Papercut.

Les gars de Zemst ouvraient le Road to Rock 7 en octobre 2014.

Tous les beaux mecs aux cheveux longs et aux corps virils, fringués perfecto et tatoués jusqu'à la moelle, s'accordaient à dire que ce groupe avait du potentiel.

Ils l'ont, une nouvelle fois, prouvé à Laeken, un set dense de hard rock/ heavy metal catalogué de classique.

Pour amateurs de Metallica, Megadeth, Montrose, Def Leppard et autres bands ne travaillant pas dans la dentelle.

Thomas Schuermans (Vocals/Guitars) - Wouter Decoster (lead Guitars/B-Vocals) - Nick De Cocker (Drums) et Marinus Eekman (Bass Guitars) entament leur croisade avec le musclé 'Cops' suivi par 'Dead Men's Quotes'.

La rythmique dessine un arrière-plan costaud, Wouter, le moins chevelu de la bande, nous gratifie de riffs mordants et le chant convaincant de Thomas, look Admiral Freebee, constitue assurément un autre point fort du set.

Il annonce 'Shut the fuck up' qui sera servi saignant, avant de proposer l'instrumental progrock 'The beginning'.

Steve Hackett te souffle: 'pas mal'!

'Unending hate' garde un fond melodic metal et la ballade ' Lady of the house' fait frémir Carla et Josiane.

'When the hand crawls back' et 'Wanderer', deux nouveautés, précèdent 'No control' mettant un terme à cette prestation robuste et appréciée.

Rennes, Ille-et-Vilaine, ses galettes- saucisses, ses maisons à colombages, Laure Sainclair, connue pour le teint laiteux de son balcon, Malika Ménard, Miss France 2010 et Subsonic, un trio power rock subversif et incisif.

N'y allons pas par quatre chemins, d'ailleurs le tracé est rectiligne, Pierre Parys (basse/chant), Frédéric Vogel (guitare/choeurs) et David Rouillard (batterie) ont bousculé l'assistance pendant 55'.

Sans conteste ces irréductibles Gaulois ont donné un des shows les plus chauds de ce début 2015. Point de vue confirmé par JP dont les objectifs ne savaient plus qui cibler, Frédéric l'oiseau à la crinière de lion et sa guitare féroce, le petit David, un Goliath dément derrière ses caisses ou l'explosif P P maltraitant sa basse et vociférant tel un ours blessé quand il ne cabriolait pas comme un mustang fou.

Subsonic, à ne pas confondre avec les cartouches du même nom recommandées sur les stands de tir confrontés aux nuisances sonores, c'est de la bombe!

Pas de setlist, des titres provenant de leur 4 ou 5 CD's ou EP's ( le dernier en date 'Apocalypse Circus').

Pierre arbore un magnifique T-shirt Rage Against the Machine, une influence c'est sûr.

'Hostile', un premier chant revendicatif donne le ton, t'as envie de lever le poing et de te farcir un poulet!

'Dark City' sera tout aussi cinglant et volcanique, un mix Noir Désir/Trust puissance dix, ça fait mal, très mal!

'Atomik Circus'.

Quoi, Brutus?

Des efféminés.

Tu veux une limonade, mec?

Tout n'est pas rose dans notre société donc on remonte sur les barricades.

Grosse baffe avec la reprise incroyable et sauvage de 'Requiem pour un con' du beau Serge.

Sont pas calmés, 'No Way' dédiés aux chômeurs, aux prolétaires, aux indigents... au pied du podium ils sont nombreux à scander "te voilà conditionné".

Les suivantes sont explicites 'Agressif' et 'Asocial' avec son background rap.

On nous promet du rock, 'Dis Moi' ne ressemble effectivement nullement au bruit de fond qu'on te sert chez Carrefour pour t'inciter à acquérir des denrées merdiques.

On va leur mettre dans le cul qu'il dit, Bretons et Grecs même combat, voici ' Babylone Pogo', du punk abrasif.

A la flicaille je montre mon cul, geste à l'appui!

Ce set furieux prend fin avec le bien-nommé 'Le diable au corps'.

Tiens, ket, prends ma basse et achève le morceau.

Radiguet, à l'époque, provoqua un scandale, Subsonic, dans un autre registre, propose l'insoumission.

Un grand concert.

Vu l'an dernier lors du même festival.

Le line-up a changé, The 1984 évolue désormais en formule trio.

Exit Nicholas Brynin ( chant)qui semble se consacrer essentiellement à 15 Reasons, il reste Gregory Paternoster (basse), Nicolas Claus (guitare et chant), Gary Divito (batterie).

'The key' un des titres du EP 'Self Made' ouvre.

Un tempo lancinant, un son touffu, on baigne dans l'univers Alice in Chains, Soundgarden, Screaming Trees, soit les meilleurs alt.rock/grunge bands de la fin des eighties/début des nineties.

Un premier ballet basse/guitare campées devant la batterie de Gary nous ressert l'imagerie d'Epinal de l'époque.

Ils enchaînent sur 'Glassbreaker' suivi par le sombre, oppressant et angoissant 'Lovely Bones'.

C'est plus aux pieds de l'Atomium que tu te trouves mais du côté de Seattle, the Emerald City.

Loin des revendications sociales de Subsonic, the 1984 nous plonge dans un milieu stoner lourd et écrasant.

Après 'Compromises' d'une lenteur obsédante, les Bruxellois nous invitent à faire la connaissance de 'Julia', ni celle des Beatles, ni celle de Pavlov's Dog, mais un titre rugueux datant d'il y a quelques années.

On compte prendre une pause pour graver de nouveaux titres, clame Gregory, voici 'Cycle'.

Quelques cris guerriers avant d'entamer 'Are You Gonna Go My Way' de Lenny.

'Saturday' - 'Such a call' et 'Dark passenger' terminent ce concert carré et pro.

The 1984, un band qui déçoit rarement.

22:40' disait la carte, le soundcheck de The Black Tartan Clan s'est allongé, la tribu punk/Palm à volonté/ rock celtique originaire des moors brabançons ne commencera son numéro de music-hall gaélique que vers 23h.

En bas dans la fosse, la phratrie BTC n'a pas abusé de la consommation de Spa Reine, Jacques disait ça sent la bière de Londres à Berlin... à Bruxelles ça ne sentait pas la rose, pour certains ça faisait 8 heures qu'ils éclusaient un liquide jaunâtre jaillissant des pompes, l'oeil était devenu aussi hagard que celui d'un Viking célèbre.

Malgré l'attente interminable, l'armada, aux mollets velus et à la descente vertigineuse, reste relativement calme.

Derniers préparatifs, : Mac Touche: Vocals, Mac Pië: Bass, Mac Marsh: Guitar, Mac Hoze: Bagpipe Mac Aël: Drums, Mac Hoze Jr: Djembe/Snare/Bouzouki/banjo, même identité qu'à Halle en 2010, pourtant plusieurs d'entre eux ont une gueule différente, peaufinent les dernières mesures du soundcheck.

Ready?

Jawohl.

' Toora Loora' les Pogues rencontrent John Wayne, les Apaches se tirent.

Le village s'énerve, les camisoles ont disparu, torse nu, les braves entament une farandole agitée.

Les corps à corps n'ont rien de langoureux, JP, face au podium, se fait secouer comme l'Arche de Noé un jour de déluge, lâchement tu te caches derrière Simone, une matrone se tapant 120 kilos sans soutien-gorge.

'Here we go', 'Belgian Tartan Army', 'Piper Bill', les hymnes sacrés se succèdent tandis que les fidèles, tous presque aussi beaux que Shane MacGowan, poursuivent leur gymnastique athlétique.

Watte, JP?

Je bent weg, bonne route, menneke!

Le clan a attaqué 'Friends until the end', Mac Brol un Ecossais de Ninove ne peut réprimer deux ou trois renvois, sa moitié Mac Boudin rigole et ajoute en dialecte de Gleann Fhionghain " hij is zat".

Les intellectuels poursuivent la lecture de leur répertoire sibyllin, 'We are the clan' - 'Don't walk alone'.

Un cousin de William Lawson a escaladé la scène et s'essaye au plongeon artistique dévoilant un slip rouge emprunté à Di Rupo.

La foule l'intercepte, lui, pas le sous-vêtement.

Sont 25 à se tabasser pendant le moshpit, dont une nana, Mieke, elle jette l'éponge après 37 secondes, Frankie venant de lui écraser les pare-chocs pas tout neufs.

La scène est ouverte, signale Mac Adam, sont 49 à répondre à l'invitation pour gueuler ensemble 'If the Kids Are United'.

Leur credo, ' Beer and women', à volonté, une espèce de valse punk.

Un coup d'oeil à la tocante, tu décides de t'en jeter une dernière avant de regagner tes terres.

Il a fallu enjamber quelques cadavres, du bar tu peux voir Gaston, à peine imbibé, foutre le feu au calebar rubis du buveur de pur malt trafiqué, le clan s'en tape et balance 'Maggots in my haggis' et 'All for one'.

Non, ils n'ont pas joué 'Fire Brigade' de The Move.

'Belgian and Drunk' et 'Standing Strong' sont les dernières salves auxquelles tu assistes, tu laisses les kilts terminer leur fiesta pascale pour retrouver ton tas de ferraille.

Oh Lord, please, no cops on my way home!


photos: JP Daniels @ Concert Monkey

PS:Au fait, le bassiste d'Hooligan s'appele Vince Dekempeneer. Cela fait plus de 20 concerts au compteur avec le groupe, dont une première partie de Sham69 à Belfast.- signale l'organisation!


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