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Foxcatcher : chasse à l'homme

Publié le 27 janvier 2015 par Marcel & Simone @MarceletSimone

Après Truman Capote et Le Stratège, Bennett Miller s'empare d'une autre histoire vraie pour en faire la matière de son troisième long-métrage. Ici, il s'agit d'un fait divers glaçant, qui prend son essence dans une relation malsaine entre un coach, un champion de lutte et son frère. Prix de la mise en scène au festival de Cannes, Foxcatcher met en scène une vérité sous la forme d'un exercice de style, qui peut exclure certaines formes de réalisme, pour un côté plus abstrait, plus voilé.

Ce film, à l'étrangeté parfois dérangeante, est organisé à travers un triptyque de personnages, interprétés par des comédiens qui eux font du naturalisme leur source de jeu. Tout d'abord, il y a Mark Schultz, joué par Channing Tatum, une brute au grand cœur qui rêve d'or pour les prochains jeux olympiques. Il y a son nouveau coach, John Du Pont, débordant d'ambiguïté, interprété par un Steve Carell méconnaissable, qui délaisse le comique pour un burlesque morbide, oscillant sans cesse entre pitoyable et impitoyable. Lui veut aussi de l'or, mais surtout, désire à tout prix une reconnaissance qu'il n'a jamais eue. Puis, il y a Dave Shultz, le grand frère protecteur de Mark, appelé et forcé de s'immiscer dans cette relation toxique. Foxcatcher marque en grande partie par les numéros de ses trois comédiens principaux. Les corps sont mis à nu, et symbolisent une rupture avec la délicatesse au dépit d'une brutalité, tremblante entre amour et rage.


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