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“De la boxe” de Joyce Carol Oates (1987)

Publié le 03 mars 2015 par Lionel B

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“Méditation profonde, nourrie par la vision des combats et les propos saisissants des athlètes sur leur activité et le sens qu’ils lui donnent, De la Boxe est aussi une évocation historique de la discipline, depuis les gladiateurs romains jusqu’aux boxeurs actuels.” (résumé éditeur)

“Quand on lui pose la question habituelle “Comment pouvez-vous regarder ?”, l’aficionado n’a pas vraiment de réponse. Il ne peut parler de boxe qu’avec ses semblables.”

Ressorti l’année dernière dans une nouvelle traduction, le texte de Joyce Carol Oates fait d’emblée aveu de la toute la complexité de parler noble art aux non-initiés.                          Ce que l’auteur s’attelle pourtant à faire à travers son essai : long monologue se présentant comme une suite de pensées en apparence décousues mais liées entre elles par un remarquable esprit d’analyse.

Qui lui permet, en un même élan, de mêler Histoire, anecdotes, ,sociologie et envolées poétiques de manière étonnement fluide…

Car si la brillante (et hautement stylée) pensée de Oates remet la discipline dans le contexte de son époque, ce qui en fait son prix est de la voir, en fait, chercher bien au-delà en s’interrogeant sur la profonde ambiguïté de cette dernière – aussi malsaine que magnifique.

On n’aura, ainsi, jamais mieux écrit sur l’attraction exercée par une activité aussi antinomique de toute forme sociétale en ce qu’elle légalise la barbarie – et parfois le meurtre.                                                                                                                                           Allant jusqu’à rappeler ce que Gustav Hasford (in “Le merdier”) écrivait à propos de la guerre : “La guerre est laide parce que la vérité peut être très laide et que la guerre est très sincère.”.                                                                                                                                         Puisque, comme la guerre, la boxe ne triche pas. Elle qui renvoie à ce que l’être humain possède de plus primal, de plus viscéral, de plus authentique…                                              Qui nous rappelle notre essence la plus intime – celle-là même qu’on tente la plupart du temps de (se) camoufler.

Et explique la fascination morbide qu’on peut ressentir à son égard – comme envers celui des pratiquants, eux qui partagent un secret inconnu de la majorité. Que parfois ils dévoilent, malgré eux, au grand jour “rendant alors visible ce qui, normalement, reste toujours invisible”.

Et dont on ne sait, au juste, s’il faut ou non s’en réjouir…

(Editions Tristram)



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