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Après l'effet papillon, l'effet noisette!

Publié le 13 avril 2015 par Lucie Cauwe @LucieCauwe
Après l'effet papillon, l'effet noisette!Les contes-randonnées ne sont jamais aussi réussis que quand ils poussent à fond les manettes du genre. C'est le cas de l'excellent album "Une si petite noisette" des Français Sylvain Alzial pour le texte et Sébastien Touache, un nouveau venu, pour les illustrations (Les fourmis rouges, 32 pages). Imprimé en quatre tons directs, malgré son thème guerrier, il explose de couleurs vives pour des scènes au look mi-vintage mi-nippon où mille détails sont à observer.

Après l'effet papillon, l'effet noisette!

Un homme au sac troué traverse un village. (c) Les fourmis rouges.

Souvent, les pires cataclysmes commencent d'un petit rien. Ici, le petit rien est une noisette. Même pas une noix, une noisette! On n'imagine pas le nombre d'histoires qu'elle va déclencher. Une toute petite noisette donc, qui, dans un village, tombe incidemment du sac que porte sur son dos un homme qui se rend d'un bon pas au marché de la ville vendre ses... noisettes.

Après l'effet papillon, l'effet noisette!

Une noisette, une fourmi, un lézard. (c) Les fourmis rouges.

En quelques phrases, le décor est planté et la musicalité des phrases remarquée.
A terre, la si petite noisette est repérée par une fourmi que sa découverte rend "folle de joie". Sauf qu'un lézard a aussi tout vu. "File de là! siffle le lézard en gonflant les muscles", dit le texte. Et il se rue sur le fruit sec, devant tous les autres villageois.
Il ne savourera pas longtemps ce trésor "au parfum si doux": un gros chien débarque, l'air peu commode: "File de là! aboie le chien en gonflant les muscles", dit le texte.

Après l'effet papillon, l'effet noisette!

Le maître du chien, l'ours, la dresseuse d'ours. (c) Les fourmis rouges.

Si on comprend à ce moment le procédé de l'album, le chasseur étant chaque fois chassé, et en public de surcroit, par plus gros que lui, on est loin d'imaginer la suite des événements. Car la querelle ne va pas se cantonner aux animaux, elle va essaimer chez les humains. Deux d'abord, le propriétaire du chien et la dresseuse d'ours, celui qui a piqué la noisette au chien. Chaque fois revient la phrase ritournelle de nouvel arrivant "gonflant les muscles": "File de là!"

Après l'effet papillon, l'effet noisette!

La guerre mondiale et totale. (c) Les fourmis rouges.

Ensuite, la bagarre fera tache d'huile auprès des amis de l'un et des amis de l'autre. C'est tout le village qui s'empoigne. On se menace avec diverses armes... jusqu'à ce que la guerre se propage à l'ensemble de la planète. On se rappellera en souriant le motif de ces combats armés...
Les illustrations sur doubles pages montrent avec minutie et dérision les empoignades multiples, la montée de la violence et des combats.
Comme dans "Le Cid" de Corneille, "le combat cessa faute de combattants...". Les grands chefs décident de "mettre fin à cette terrible guerre". Reviennent le calme et la paix. "Les blessés sont soignés, les maisons réparées et les armes rangées" et ce sont alors des scènes d'amitié et d'amour qui apparaissent dans les images.
Quant à l'homme au sac troué, il repassera bien entendu par le village où la si petite noisette était tombée, un peu surpris par ce qu'il découvre. La fourmi lui donnera l'explication...
L'album "Une si petite noisette" fait à la fois beaucoup rire par les énormités que l'histoire rapporte dans le texte et dans les images et un peu réfléchir sur les engrenages guerriers qui peuvent se mettre en place au départ de rien ou de pas grand-chose.

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