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François Morel , bien plus utile que futile !

Par Filou49 @blog_bazart

François Morel , bien plus utile que futile ! François Morel est dans le paysage cultuel et médiatique depuis pas mal d'années, et pour moi comme pour beaucoup de gens, sa première apparition mémorable fut bien sur sur la petite lucarne, avec les "Deschiens" (qui a oublié le mythique" 36-15 qui n'en veut?").

De cette troupe, il est certainement celui qui a le mieux réussi à se détacher de l'image pas toujours très reluisante de ces petites gens parfois, avouons le avec le recul du temps, un peu caricaturés par Deschamps et Makaief.

Cet avis, je me le suis notamment forgé il y a maintenant presque 15 ans, lorsque je suis allé voir dans un théâtre parisien jouer François Morel au théâtre jouer son one man show Les habits du Dimanche et j'avais été sacrément touché par sa petite musique singulière et le regard tendre qu'il portait sur l'humanité et sur les gens, pas du genre , comme d'autres pourraient le faire( pas besoin de donner des noms) à tirer sur les ambulances et à lyncher ceux qui sont déjà à terre.

Caustique, cinglant, émouvant, François Morel, à la fois comédien, metteur en scène, chanteur et chroniqueur de radio, Francois Morel n'a peut etre jamais été aussi populaire et acclamé qu'actuellement.

L'ensemble des écrits de Morel, au théâtre ou à la radio est empreint d'une humanité et d'une générosité qui nous touche et nous enchante.Pour prolonger ces bonnes impressions de départ, je me suis récemment plongé dans son livre " Je veux être utile à la France", recueil de chroniques qu'il nous offrait chaque vendredi matin sur France Inter, et comme je n'écoute pas la radio, j'ai pu me rattraper et j'ai apprécié à sa juste valeur la façon dont Morel réussit à assaisonner l'actualité pour le bonheur de ses auditeurs et de ses lecteurs. Cette compilation de chroniques est un véritable antidote à la morosité ambiante.

François Morel , bien plus utile que futile !
Je veux être futile à la France, recouvre l'intégralité de ses chroniques radio auxquelles s'ajoutent des textes inédits (la moitié du livre), et on est forcément frappé par sa justesse de trait, son amour de la langue française, et sa capacité avec presque rien à émouvoir,et réussir à faire sourire et surprendre dans la même phrase.

Quelques clins d'oeil à l'actualité, bien sûr, mais on décèle aussi ici et là une volonté de nous emmener ailleurs, de sortir du quotidien dans ces chroniques toutes plus réussies les unes que les autres: drôles, tendres, caustiques ou cinglantes, il y en a pour tous les goûts mais toujours avec cette humanité extrême dont Français Morel sait faire preuve.

Dans la préface de ce volume, François Morel est tendrement décrit par Jean Rochefort comme un "Christ gauchiste camouflé en dadais", le comparant aussi à un Molière d'aujourd'hui. Et on comprend largement ce que l'immense comédien veut dire : que Morel disserte sur l'adoption par les couples homosexuels, de la disparition du terme Mademoiselle qu'il imagine le quotidien de Jacques Chirac aujourd'hui ou qu'il disserte sur la tarte au citron déstructurée, lire du François Morel, c'est comme l'écouter- sans l'intonation évidemment-, un vrai bonheur!!

"François Hollande n'a pas encore réglé tous les problèmes. C'est vrai. [...]Il a pris des initiatives courageuses. François Mitterand en 1981 avait aboli la peine de mort. En 2012, François Hollande a rétabli la présence du fromage à la table du palais de l'Elysée, qui sous le quinquennat Sarkozy avait honteusement disparu".

La particularité de la plume de Morel, c'est certainement cette poésie qui ne dit pas son nom, cette mélancolie amusée, et que l'on retrouve à chacune des pages, et qui contrairement à la plupart des chroniques sur l'actualité de ses compères (Guillon, Aram...) restent assez intemporelles et toutes aussi savoureuses les unes que les autres.
L'ensemble, parfois drôle, souvent tendre, touche férocement et forcément au coeur.

Et on se dit une fois le livre posé queFrançois Morel, c'est le genre de type qu'on a l'impression de le connaître, le bon copain sympa et toujours pertinent dans ses conseils.

François Morel , bien plus utile que futile !
Et pour prolonger le plaisir de lire du Morel pour ceux qui n'ont pas la chance de le voir en chair et en os, sachez qu'est publié aux solitaires intempestifs, "La Fin du Monde est pour dimanche" (tiens encore un titre de spectacle avec Dimanche dans le titre) : autrement dit, un spectacle, très personnel, sur le temps qui passe, l'amour, la mort.

Morel y imagine la durée de sa vie comme celle d'une semaine. Il en serait au vendredi, et son adieu est pour bientôt : "Ça va tomber par où ça penche / La fin du monde est pour dimanche."

Tour à tour facétieux, lunaire, poétique, il dessine un personnage dense et léger qui fait penser à du Raymond Devos d'aujourd'hui, mais qui n'est autre que du François Morel, et ca c'est qui ( c'est ça que je vous dis, ca vous rappelle rien? :o)) est si précieux et si utile à notre pays.


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