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Encore une petite pincée de polars, et français s'il vous plait...

Par Filou49 @blog_bazart
05 mai 2015

 Une semaine à peine après une première revue de romans policiers, ciblée littérature anglo saxonne, on continue à vous parler d'intrigues criminelles et de romans noirs, mais ce coup ci, en axant plus sur les romans d'auteurs franco-francais, et d'ailleurs, trois romanciers plutot installés et dont on parle de plus en plus, puisqu'il s'agit de Marin Ledun, Ian Manook et le très "bankable" Michel Bussi :

 1. Au fer rouge; Marin Ledun

ferrouge

Quatrième de couverture :

Une valise échouée sur la plage du Penon, dans le sud des Landes. À l’intérieur, le cadavre d’un homme ficelé, portant des marques évidentes de torture : Domingo Augusti, trafiquant minable, trois fois arrêté, jamais condamné. Cette macabre découverte met l’équipe de la P.J. de Bayonne sur les dents. D’autant qu’elle pourrait bien avoir des liens avec une autre affaire d’assassinat au Pays basque, vieille de plusieurs années, restée non élucidée.
Emma Lefebvre, jeune recrue aussi ambitieuse que déterminée, met bientôt au jour une véritable organisation mafieuse, avec à sa tête un certain Javier Cruz, personnage énigmatique et puissant, bien connu en hauts lieux des deux côtés de la frontière.
Mais quel rapport avec les manifestations des écologistes installés sur le terrain de l’entreprise Sargentis, aujourd’hui démantelée ? En existe-t-il un, seulement ?
Falsifications, détournements, trafics d’influences, meurtres, les visages de la corruption sont souvent les mêmes, toujours hideux..

La citation :

"Le type était parfaitement clean. Les papiers de la Mondeo étaient en règle, il n'avait pas bu une goutte ni tiré sur un joint depuis trois jours - ¡ Muuuy profesional, comme attitude, cabrón !
Le trajet aller se passa comme sur des roulettes. Pas l'ombre d'un flic sur la route ou à la douane, radio en sourdine, un véritable parcours de santé. Juste ce qu'il faut de nerfs à vif et d'adrénaline pour rester concentré sur le volant".

Ce qu'on en pense :En janvier dernier, nous vous avions parlé d'un excellent polar français," L'homme qui a vu l"homme", thriller haletant et extrêmement documenté dans lequel le drômois Marin Ledun réveillait les années de plomb qui ont agité le Pays basque il y a quelques années.

 Sauf que, à l'époque de cette chronique, nous n'étions pas très en avance, puisque ce roman avait été publié un an auparavant, et qu'au moment de ce post, la suite de cette histoire était déjà publiée, à savoir ce " Au Fer rouge", sorti donc en janvier 2015 aux Ombres Noires.

L'intrigue du roman " au Fer Rouge" débute ainsi quatre ans après les faits décrits dans le premier volet,  avec de nouveau comme point de départ,  une disparition ; celle de Domingo Augusti, maillon d’un trafic de drogue entre l’Espagne et la France. 

Roman tout aussi  ambitieux que L'homme qui a vu l'homme, le roman patit certes un peu de l'absence d'effet de surprise et de dépaysement du premier, mais conserve en complexité et en maitrise narrative toutes les qualités de  L’homme qui a vu l’homme.

Roman dense, complexe ( parfois un peu trop), ce "Au Fer rouge" confirme largement tout le bien que l'on pense de ce Marin Ledun qui mériterait une reconnaissance critique et publique encore plus forte qu'actuellement...

 2. Yeruldegeer, Les Temps sauvages, Ian Manook

temps sauvages

 Quatrième de couverture : 

Quand le vent du Nord s’abat sur les steppes enneigées d’Asie centrale, personne ne vous entend mourir. Pour Yeruldelgger, le salut ne peut venir que de loin, très loin…

 Après le succès mondial de Yeruldelgger, couronné par de nombreux prix, Ian Manook retrouve la Mongolie et ses terres extrêmes dans un grand thriller d’une originalité absolue.

La citation : 

« Yeruldelgger en était intimement persuadé, tout comme il se convainquit assez vite que la montagne, ce jour-là, pleurait en silence un autre malheur. Peut-être était-ce ce qui rendait le Kazakh si taciturne. Lui aussi semblait devenir perméable à cette sensation étrange que la roche et la glace s’endeuillaient d’un tragique devoir. La première de se faire caveau, la seconde de devenir le linceul. »

Ce qu'on en pense :

Là encore, comme pour Au fer rouge, il s'agit d'un second volet d'un roman policier que nous avions énormément défendu à sa sortie ( et là encore avec un léger manque de synchronisation).

Yeruldegger d'un certain Ian Manook ( pseudonyme  de Patrick Manoukian, ancien journaliste de 65 ans qui a déjà écrit sous d'autres pseudos) était un roman haletant, original et parfaitement dépaysant,puisqu'il avait pour décor la Mongolie, un pays peu usité par la littérature, policière ou générale.

Dans ce second volet, on retrouve avec plaisir le commissaire Yeruldelgger qui donne son nom à la série, et on retrouve avec plus de plaisir encore les descriptions des paysages et les spécificités de cette culture si différente de la notre sur pas mal de points. Les yourtes  de steppes de Mongolie restent toujours aussi passionnantes, décrites par l'auteur, et celui ci nous fait partager de nouvelles spéficités culturelles ignorées au premier volet.

Mélange  parfaitement maitrisé d'un polar haletant et tendu et étude ethnologique et sociologique d'un peuple et d'une culture, ces Temps sauvages, là encore, perd sans doute un peu de son pouvoir de surprise par rapport au premier volet mais conserve largement efficacité stylistique et narrative, et ce Ian Manook, fait comme Marin Ledun partie de ces auteurs de polars français qui comptent largement...sauf que lui, le public le suit largement..

3 :Maman a tort ;  Michel Bussi

maman a tort

Quatrième de couverture :

Rien n'est plus éphémère que la mémoire d'un enfant.
Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n'est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit.
Il est le seul... Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l'aide.
Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple.
Car déjà les souvenirs de Malone s'effacent.
Ils ne tiennent plus qu'à un fil, qu'à des bouts de souvenirs, qu'aux conversations qu'il entretient avec Gouti, sa peluche.
Le compte à rebours a commencé.
Avant que tout bascule. Que l'engrenage se déclenche. Que les masques tombent.
Qui est Malone ?

 La citation :

« Des wagonnets de fer qui servaient de bacs à fleurs à chaque entrée de la ville, une rue de la Mine, un stade des Gueules Rouges avec son terrain de de la Pétanque Minière, un château d’eau en forme de derrick. Comme si le temps s’était perdu. Comme si les enfants qui avaient grandi ici s’étaient perdus. Plus de mine, plus de parents, plus de travail. Ce n’était pas une excuse. Juste une explication. Ici à Pontigny, la misère. Là-bas, à Deauville, à peine cinquante kilomètres plein nord, la mer. Deux villages de la même taille, dans le même coin, mais comme s’ils n’appartenaient pas au même monde. »

Ce qu'on en pense  :

 Un enfant qui dit avoir une maman d’avant et une d’aujourd’hui, un pédo-psy opiniâtre et sexy, une flic curieuse et prête à tomber amoureuse. Un casse dans le centre-ville de Deauville qui tourne mal, une enquête qui piétine, un butin introuvable.

Le Havre géométrique d’Auguste Perret comme décor, une chasse au trésor, un petit Poucet, un agouti pour confident, un ogre, un pirate, un château, deux mamans, Michel Bussi, l'auteur du génial "Ne Lache pas ma main" ( voir notre critique ici même) convoque Dolto, Bettelheim et Cirulnik pour un polar social en Pays d’Auge, il plonge son lecteur dans une intrigue emberlificotée comme la double hélice d’une molécule d’ADN.

Le problème de "Maman a tort" c'est quand même son déficit de crédibilité ( légèrement ennuyeux pour un polar) : le livre essaie d’être profond et lourd de sens mais il pêche par une partie de l’intrigue peu crédible et qui prête notamment à un gamin de trois ans et demi une maturité plutôt exceptionnelle....

Bref, Michel Bussi nous livre, comme il sait  bien le faire, un page-turner efficace, mais à défaut d’être vraiment crédible.

chronique de Michel D

 

Maman a tort par Michel Bussi

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