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“Le Capital financier” de Rudolf Hilferding [1910]

Par Louis

Le capital financier

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“Publié en 1910, l'ouvrage de Hilferding allait au-delà d'une application “sectorielle” ou “nationale” du Capital, comme cela avait été le cas avec Kautsky [La question agraire] et Lénine [Le développement du capitalisme en Russie], et en offrait une “remise à jour” globale, tenant compte des changement globaux dans le mode de production capitaliste en tant que tel, en cette époque nouvelle de trustes et des guerres tarifaires et commerciales. Centrant son analyse sur l'importance croissante des banques, l'accélération de l'emprise des monopoles et l'utilisation de la machine d'Etat pour une expansion du capital, Hilferding souligna la montée des tensions internationales et de l'anarchie qui étaient liées à l'organisation et à la centralisation de plus en plus contraignante de chaque capitalisme national” [Perry Anderson, Sur le marxisme occidental].

Lu dans la préface de Yvon Bordet :

“Lorsque, quelques années plus tard, en 1916, celui-ci écrivit l'Impérialisme, stade suprême du capitalisme, il cita, à la première page de son livre, les deux ouvrages dont il s'était inspiré : L’Imperialisme de l'économiste anglais J. A. Hobson (1902) et Le Capital financier « du marxiste Autrichien Rudolf Hilferding » dont il signale la traduction en russe, parue dès 1912. Selon Lénine, « au fond, ce qu'on a dit de l'impérialisme pendant ces dernières années - notamment dans d'innombrables articles de journaux et de revues, ainsi que dans les résolutions, par exemple, des congrès de Chemnitz et de Bâle en automne 1912 - n'est guère sorti du cercle des idées exposées ou, plus exactement, résumées par les deux auteurs précités »… Plus précisément il ajoute en ce qui concerne le Capital financier, que cet ouvrage constitue une analyse théorique éminemment précieuse de « “la phase la plus récente du développement du capitalisme” comme l'indique le sous-titre du livre ». Lénine cite plusieurs fois le texte de Hilferding, le plus souvent d'ailleurs pour critiquer les thèses de Kautsky, assez semblables selon lui à celles de Hobson. sur le caractère pacifique du développement du capitalisme : « Ce raisonnement de Kautsky […] mérite un examen plus détaillé. Commençons par une citation de Hilferding […] : « Ce n'est pas l'affaire du prolétariat. écrit Hilferding, d'opposer à la politique capitaliste plus progressive la politique dépassée de l'époque du libre-échange et de l'hostilité envers l'Etat. La réponse du prolétariat à la politique économique du capital financier, à l'impérialisme, ne peut être le libre-échange, mais seulement le socialisme. Ce n'est pas le rétablissement de la libre concurrence, devenu maintenant un idéal réactionnaire, qui peut être aujourd'hui le but de la politique prolétarienne. mais uniquement l'abolition complète de la concurrence par la suppression du capitalisme ». Un peu plus loin. Lénine utilise de nouveau Hilferding contre Kautsky par une citation d'une grande page ainsi introduite : « Hilferding note très justement la liaison entre l'impérialisme et le renforcement de l'oppression nationale » 



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