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Amye - Thon Music Sessions- Thon Hotel Brussels City Centre - le 5 mai 2015

Publié le 05 mai 2015 par Concerts-Review

Amye - Thon Music Sessions- Thon Hotel Brussels City Centre - le 5 mai 2015

Thomas Rahatoka

Après une journée lourde et orageuse, le soleil décide de pointer timidement le bout de son nez sur Bruxelles. L'atmosphère de la ville retrouve une once de légèreté, de quoi respirer un peu avant le concert d' Amye. Le groupe programmé sur les coups de 18 heures au bar spacieux du Thon Hotel, est présenté sous le style jazz-world music et pop. L'affiche laisse dubitatif. Toutefois, la diversité culturelle du groupe (chanteuse suédoise, choristes belges, batteur néerlandais, contrebassiste polonais et guitariste angolais) alliée à la fraîcheur de leur un an et demi d'existence, contribue à amoindrir tout scepticisme. Dans l'ambiance mi-feutrée, mi-plastique de la salle, et devant un auditoire faussé par l'armée de costards cravates réunis en "afterwork" d'on ne sait quel séminaire ou conférence, le concert commence.

Laissant baguettes et balais de côté pour battre le rythme à la main, le batteur amorce le premier morceau, progressivement rejoint par la contrebasse et la guitare pour préparer l'entrée du chant en douceur. "Við Gengum Tvö", une reprise en suédois dans le texte, paisible comme un bord de la mer Baltique. La voix de la chanteuse est fine et maîtrisée. Son charme scandinave prononcé se marie avec harmonie à la musique. On vient de larguer les amarres, emporté par une houle calme et régulière.

On pense alors le voyage "world music" commencé mais les escales nous prennent à contre pieds. Les reprises s'enchaînent alors sur un swing jazzy entrecoupé de solos de basse et de guitare dont la résonance platonique se retrouve occultée par l'information nous parvenant du chant: son [My] "heart belongs to daddy". Déçu par cette annonce ou plus simplement pas concerné par la musique, l'armée de costard cravate lève le camp. Tant pis pour eux s'ils manquent les versions de "Age" et "Jolene" qui permettent au groupe de faire étal de sa maîtrise et de ses connaissances musicales, acquises peut-être via le Conservatoire de Maastricht, où le groupe est basé. L'aspect académique du premier set se ressent également sur le toujours bienvenu "Summertime", où les musiciens se lâchent tour à tour dans des solos plus engagés, concluant un premier acte sérieux et bien exécuté.

Deuxième set et place aux compositions de Bettina Reuterberg, la chanteuse. "Wake me tomorrow", titre aux sonorités africaines est entraînant. L'élégance visuelle et auditive des trois choristes, jusque-là entraperçues, apporte une couleur particulière à l'ensemble. L'identité d'Amye est dévoilée. Des rythmes chaloupés mélangés à des nappes de basse pincées ou caressées à l'archet, le tout orchestré par des arpèges de guitare venus d'Afrique, et servi par la grâce et la justesse des quatre voix féminines. "Colours" et "The End" nous confirme l'arrivée à bon port, alors qu'"I am the Water" nous rappelle la touche nordique de la joyeuse bande.

Avec énergie et enthousiasme, le groupe conclut sur "Bottom of the River" et "Fire is low", deux reprises plus contemporaines. Les voix ne boudent pas leur plaisir et nous font admirer leur technique et leur bonne entente musicale, tandis que les musiciens à défaut de s'exprimer à travers de longs solos, contribuent à terminer le concert sur une seconde moitié riche, charismatique et prometteuse, à l'image de l'univers musical d'Amye.

Thomas Rahatoka


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