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Vers la sobriété heureuse, Pierre Rabhi

Par Laurielit @bloglaurielit

vers la sobriété heureuse"Seulement après que le dernier arbre aura été coupé, que la dernière rivière aura été empoisonnée, que le dernier poisson aura été capturé, alors seulement vous découvrirez que l'argent ne se mange pas" - Prophétie-

Pierre Rabhi, cet homme est souvent mon référent quand je constate que notre société ou notre monde ne prend pas assez en compte à la fois les besoins des autres mais également ceux de notre planète. Voilà ce que j'aime chez lui. Souvent on nous alerte sur les ressources qui s'épuisent de notre planète et la nécessité de trouver des solutions de manière urgente. Un sujet dont chacun est conscient mais que peu prennent vraiment en compte dans notre quotidien pour réduire l'impact. Les reportages se multiplient et prouvent que notre action, même minime, mais multipliée par 2 milliards d'individus peut avoir un effet. La force de Pierre Rabhi est de nous alerter sur cela mais de nous donner une solution : la sobriété heureuse. La grande valeur de cette solution est qu'elle s'applique à faire du bien à la planète mais aussi aux autres.

Dans ce livre, Pierre Rabhi nous raconte son parcours, son choix de vie à la campagne, ce retour aux sources, cette volonté d'utiliser les ressources naturelles pour vivre. Dans les villages africains restés en mode traditionnel, chaque famille exploite un morceau de terre pour sa propre consommation. Si la terre en donne plus, cette famille remercie la terre pour cela (la gratitude) et va le donner à la famille qui en a moins (la solidarité). Finalement tant que la volonté de profit n'a pas gangréné le système, chaque individu naît sur terre et a ce que la vie lui offre sur terre : de quoi se nourrir. Nos sociétés modernes et le capitalisme, avec la notion de profit, en introduit le chacun pour soi et l'épuisement de la planète : j'exploite au maximum les ressources de la terre, je l'épuise pour mon propre profit, celui qui me permet de revendre le surplus dont je n'ai pas besoin à des personnes capables de l'acheter. Voilà l'origine de l'inégalité ou comment passer d'un système simple que nos ancêtres pronaient naturellement, que les animaux font, à un système que l'Homme a modifié pour son profit et au détriment de la Planète. Ce texte évoque aussi les autres servitudes de la société moderne : notre rapport au travail, notre rapport au temps, notre rapport à l'argent, notre rapport aux autres.

Ce livre est un texte de réflexion, de philosophie sur la vie, notre manière de l'approcher et surtout une solution ou comment s'en approcher sans être nécessairement dans l'extrême de cette solution. Un livre qui m'a profondément marqué, des réflexions que je partage autour de moi pour arrêter aussi d'envier le matériel, l'avoir et rester dans l'être. La notion de gratitude est aussi très forte, nous avons oublié à quel point nous avons la chance que notre planète puisse nourrir les individus présents sur terre. Modérons nos envies, n'épuisons pas notre ressource majeure pour que chacun ait sa part et ce pendant encore de longues années. Une lecture coup de poing pour se remettre en question, un homme d'une haute intelligence que j'admire.

"Travaillons-nous pour vivre, ou vivons-nous pour travailler?"

"Dans la quasi-totalité des traditions, le temps ne semble pas avoir de configuration particulière. Il est comme immobile, et le destin humain y inscrit ses cycles, naissances, morts, filiations. (...) Pour les hommes des origines, qui n'ont cure des anniversaires et autres mesures de la durée, il semble que ce n'est pas le temps qui passe mais nous qui passons pour aller vers un ailleurs pressenti, mais tout aussi réel que l'ici-bas. Pour la modernité, c'est bien le temps qui passe, surtout depuis qu'il est indexé sur l'argent. Par conséquent, il ne doit pas être perdu mais toujours gagné, ce qui a instauré la frénésie comme mode d'existence collective. (...) Cette frénésie, pathologie collective à laquelle on ne veut ou on ne peut renoncer comme à une anomalie manifeste, inspire, pour mieux en être servie, la création d'outils de déplacement et de communication rapides. Les rythmes sont frénétiques, le manque de temps permanent. C'est une machine qui harcèle le citoyen et distille en lui une insidieuse anxiété, le tétanisant, infligeant raideur et douleur à un corps sans cesse malmené par ses desideratas quotidiens..." p57

"Il ne faut surtout pas minimiser l'importance et la puissance des petites résolutions qui, loin d'être anodines, contribuent à construire le monde auquel nous sommes de plus en plus nombreux à aspirer" p62


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