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Jean Luc Godard héros de... romans!!

Par Filou49 @blog_bazart
12 mai 2015

 Jean Luc Godard, dans le palmarès du dernier Festival de Cannes- avant que la nouvelle édition ne commence demain- était déjà un des héros du formidable roman de Christophe Donner sorti en septembre dernier, voilà qu'en ce début 2015 ( début largement entamé s'il en est), il est redevenu sur le devant de l'actualité littéraire grâce à deux romancières, dont une qui l'a particulièrement bien connu :

1. Et elles croyaient en Jean Luc Godard; Chantal Pelletier

 

jlgodard

Quatrième de couverture :

Assise sur une chaise en formica du ciné-club de la Maison des jeunes, Anne, quinze ans, a une véritable révélation, un soir de 1964, en voyant Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, les deux cinglés magnifiques d'À bout de souffle, s'aimer, jouer et en finir. Touchée par la grâce, elle va se libérer du carcan lyonnais routinier où, seule entre ses parents paysans exilés à la ville et mangés par le travail, elle périt d'ennui.
Ses deux «plus que sœurs», Marie, l'intello politisée, et Brigitte, la sulfureuse comédienne au regard violet, communient avec elle dans le culte de JLG, le seul auquel elles croient. Toutes trois «ne veulent pas que du pain, elles veulent toute la boulangerie». Elles l'auront. Le succès, les hommes, les voyages. Les mariages, les enfants. Et les malheurs.
D'une écriture charnelle et acidulée, ce touchant hommage à l'amitié nous emporte tambour battant, avec gravité et légèreté, en noir et blanc et en couleurs, de 1964 à 2014. La citation : « C'est l'automne 64, Anne a un peu plus de quinze ans et sa vie commence avec À bout de souffle dans la pièce minuscule provisoirement dévolue au ciné-club d'une Maison des jeunes en chantier. »

Ce que j'en pense :

J'avais lu quelques romans de la discrète et talentueuse Chantal Pelletier ( dont la visite et le dernier, 5 femmes chinoises), et ici avec ce roman générationnel qui prend sa source dans les années 60 ( pour une seconde partie de 1969 à nos jours), on sent que l'auteur y a mis pas mal d'éléments autobiographique. 

Roman d'une génération qui devrait toucher pas mal de lecteurs qui ont vécu cette époque, ces années 60 où une génération découvrait la liberté grâce aux livres, aux films ou au théâtre.

Ici c'est grace à une  Maison des jeunes qui est le refuge de l'héroine,   mais aussi "son oasis, sa cour de récréation, son centre de formation et d'apprentissage, son église", elle va découvrir tous les films de l'époque au ciné-club. Antonioni, Bergman, Visconti, Bunuel, Welles , et bien sur les films de JLG.  Anne va donc s'émanciper grâce aux films de Godard,  tant ces films sont plein de  folie, de la liberté, de l’amour, de la joie…  D’un seul coup, grâce aux films et aux livres, la vie lui paraît bien plus vaste, riche et passionnante, que l’existence qu’elle mène avec ses parents dans leur petit appartement.

 Un livre optimiste et juste, parfois un peu trop court pour ce genre de saga d'une vie, faite de rencontres, d’aventures, de découvertes et de passion, mais un message sur le pouvoir libérateur et formateur de la culture qui ne peut évidemment me laisser indifférent.

 2. Un an après; Anne Wiazemsky

un an apres

Quatrième de couverture :

La fin des années 60. La société française, immobile jusqu’à lors, tente de sortir de son cocon. Les révolutions nationales éclatent à travers le monde et ses idées se répandent comme une trainée de poudre. En France, ces idéaux représentent un nouvel eldorado pour bon nombre d’intellectuels et artistes. A travers son autobiographie, Anne Wiazemsky nous fait revivre ces moments chargés d’histoire, de son histoire qui se mêle à la Grand histoire.Les manifestations contre la guerre du Vietnam, les comités maoïstes, mai 68 balisent l’itinéraire artistique et personnel d’Anne Wiazemsky dans cette autobiographie alerte, dense et chargée de sens. Jean-luc Godard et elle-même traversent ces événements avec espoir et crainte. Nous revivons toute cette époque où les étudiants livrent une bataille qui laissera des traces dans les consciences ouvrant la voie à une société différente. Nous suivons Anne Wiazemsky et Jean-Luc Godart sur les pavés du Quartier Latin dans les bousculades et leurs fuites éperdues essuyant au passage les gaz lacrymogènes et les charges de CRS. En marge de cette société qui se révolte et se transforme, Anne Wiazemsky nous laisse également entrevoir son parcours artistique dont l’époque nous rappelle sa fécondité. Un livre chargé d’émotions à découvrir d’urgence !

La citation :

« Notre séparation définitive prit plus d'un an, presque deux. Cela fut extrêmement douloureux pour lui comme pour moi, même si l'initiative semble me revenir. La fin malheureuse de notre histoire devint banale et privée, je cessai d'être un témoin privilégié de l'époque. Je ne l'écrirai pas".

Ce que j'en pense :

On avait beaucoup parlé d'Anne Wiazemsky au moment de la sortie de son livre Une année studieuse dans lequel elle racontait, comment alors jeune actrice, petite fille de François Mauriac,  elle avait rencontré puis tourné avec Godard qui allait devenir son futur époux.

Un an après commence là ou une année studieuse se termine. , Anne Wiazem­ski, 20, et quelques rôles prestigieux déjà derrière elle, chez Bresson (Au hasard Balthazar) ou chez son mari (La Chinoise). Cet second- et dernier, au vu de la citation que j'ai mis en exergue et qui clot le livre, raconte Mai 68 et la moitié de 1969 alors que le couple vient  d'emménager dans un appartement du Quartier Latin

Voici donc de la même époque que dans le roman de Chantal Pelletier, mais ce coup ci du coté des nantis et des célébrités. Nous partageons la vie trépidante et les rencontres incroyables qu'Anne peut faire, avec Deleuze, Brel, les Beatles Truffaut, ou encore le trs à la mode Cohn Bendit, aussi grand ami d'Anne W...

L'auteur nous décrit un Godard fidèle à l'image qu'on peut se faire de lui : extremement cérébral et torturé, colérique, exigeant, possessif et aussi profondément amoureux, malgré les différences de points de vues et d'âge entre les deux membres du couple.

Malgré un intérêt certain pour le sujet et cette époque, et une vraie admiration devant la précision et la justesse des souvenirs de l'auteur presque 50 ans après  on peut être un peu agacé par le coté un peu trop tourné sur elle même de l'auteur, ses préoccupations de jeune bourgeoise privilégiée et la frivolité de certains des passages. Interessant mais aussi un peu vain, ce livre est à réserver aux fans de Godard et de ce cinéma de l'époque...


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