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CINEMA: #Cannes2015 - JOUR 4, les pontes sont en ordre de marche / DAY 4, the big shots are coming

Par Bullesdeculture @bullesdeculture

Par/by Antoine Corte
Rédacteur/Editor


La Forêt des songes - poster Mia Madre - poster
En ce 4ème jour de festival, on rentre enfin dans le vif du sujet. Les pontes Gus Van Sant (La Forêt des songes) et Nanni Moretti (Mia Madre) sont enfin là pour donner les premiers grands frissons de cette année. Journal de bulles.
In the fourth festival day, we finally enter the heart of the subject. The big shots Gus Van Sant (The Sea of Trees) and Nanni Moretti (Mia Madre) are there to finally give the first thrills of this year. Bubbles diary. More in English >> (Translation in progress, come bubble later)
Songe d'une belle nuit d'été

La Forêt des songes - image

© SND

La Forêt des songes (The Sea of Trees) de Gus Van Sant est une épopée ésotérique dans la peau endeuillé d'Arthur Brennan, joué par Matthew McConaughey, qui vient de perdre sa femme et qui cherche le meilleur endroit au monde pour se suicider, une forêt en Asie. Le protagoniste va se retrouver dans un univers à la fois luxuriant et hostile. Pour l'accompagner dans ce parcours, il rencontre Takumi, lui aussi en plein désarroi sentimental.
On s'attendait à du grand Gus Van Sant... et on est complètement servi ! Pourquoi un tel acharnement de critiques autour de cette oeuvre lors des projections presse ? C'est sûrement parce que c'est un film différent de ces précédentes réalisations. On oublie ses thématiques de prédilection autour de la jeunesse, comme Elephant ou Paranoid Park, pour se plonger dans une réflexion plus adulte sur le travail de deuil.
Comme dans un Naomi Kawase, la forêt a une vie. Elle est un personnage à part entière de l'histoire puisqu'elle guide les pensées et orientent les actions. Comme dans un M. Night Shyamalan, on ne sait pas si ce qui se joue à l'écran est un subterfuge ou bien une réalité. Le mélange des deux est tout simplement magnifique. Il donne à l'écran une ambition démesurée. Gus van Sant utilise les codes fantastiques d'une manière invraisemblable. On pourrait presque être dans un prequel de Lost.
L'image est superbe. Elle nous embarque grâce à cette touche verdoyante et omniprésente, alternant entre lumière vive et clair-obscur.
En plan large, c'est une évasion totale pour les yeux et on sent la chaleur du soleil.
En plan rapproché, caméra à l'épaule centrée sur Matthew McConaughey, c'est l'angoisse qui se lie sur un visage expressif.
Dans la peau de l'amour perdue, Naomi Watts est également très touchante. On sent en elle de la passion exacerbée et du mystère. Elle rappelle sa prestation de Mulholland Drive de David Lynch.


La force de la famille

Mia Madre - image

© Sacher Film - Le Pacte

Nanni Moretti, ancien président du jury du festival, présente cette année en compétition son film Mia Madre. Bien que le sujet soit centré sur un portrait d’une femme réalisatrice qui lutte contre ses angoisses privées, le cinéaste livre beaucoup de lui dans ce film humaniste.
On y retrouve des valeurs fortes et universelles : l’importance du noyau familial, la force de l’ambition professionnelle, la maternité.
Le scénario est parfaitement maîtrisé et focalisé sur son personnage principal, sans aucune fausse note artistique.
En cela, Margherita Buy est d'une époustouflante maîtrise. Cette retenue douce fait inévitablement penser à une Robin Wright italienne, la ressemblance physique n’y est peut-être pas étrangère. Muse de ce festival, on sent très fort le prix d'interprétation.
Au delà de cette femme centrale, le réalisateur a doté sont films de deux autres comédiennes exceptionnelles qui font le lien intergénérationnel : Giuilia Lazzarini, interprétant la mère en fin de vie du protagoniste, et Beatrice Mancini, jouant la fille de cette dernière.
Dans la même veine que Habemus Papam, on est encore une fois dans la thématique du doute et de l’incertitude. Comme un pape qui ne veut pas l'être, l'héroïne angoisse autour du départ de sa mère. Réussira-t-elle à affronter le deuil ? Est-elle capable de construire sa propre vie ? L’histoire aurait pu être écrite par Xavier Dolan ou Pedro Almodovar.
L’œuvre n’en oublie pas moins d’être drôle. Entre les comédiens qui ne savent pas leurs textes sur un tournage ou la réalisatrice qui pète un plomb, l’œuvre est pleine d’autodérision. On la sent ponctuée d’anecdotes qui confirment que cela doit être très compliqué de travailler aux cotés du grand maitre Moretti.


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- http://www.festival-cannes.fr (site officiel)
- http://www.snd-films.com (site officiel du distributeur de La Forêt des songes)
- Date de sortie France La Forêt des songes : 09/09/2015
- http://www.le-pacte.com/france/prochainement/detail/mia-madre/ (site officiel du distributeur de Mia Madre)
- Date de sortie France Mia Madre : 23/12/2015

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