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[Critique série] ENTOURAGE

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] ENTOURAGE

Titre original : Entourage

Note:

★
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Origine : États-Unis
Créateur : Doug Ellin
Réalisateurs : David Frankel, Daniel Attias, David Nutter, Julian Farino, Craig Zisk, Patty Jenkins, Mark Mylod, Seith Mann, Ken Whittingham, Doug Ellin, Tucker Gates, Adam Davidson, Kevin Connolly, Roger Kumble…
Distribution : Adrian Grenier, Kevin Dillon, Kevin Connolly, Jerry Ferrara, Jeremy Piven, Emmanuel Chriqui, Beverly D’Angelo, Carla Gugino, Constance Zimmer, Rex Lee, Perrey Reeves, Debi Mazar, Leighton Meester, Monica Keena, Autumn Reeser, Gary Cole, Scott Caan, Sasha Grey, Scarlett Johansson, Jessica Alba, Mark Wahlberg, Martin Scorsese, James Cameron, Gary Busey, Chris Penn, Seth Green, Johnny Galecki, Mandy Moore, Anna Faris, Frank Darabont, Jamie-Lynn Sigler, Gus Van Sant, Bob Saget…
Genre : Comédie
Diffusion en France : W9/Série Club/OCS
Nombre d’épisodes : 96 (8 saisons)

Le Pitch :
Vincent Chase, un jeune acteur originaire de New York, commence à sérieusement se faire connaître à Hollywood. Accompagné de son demi-frère, Johnny, lui aussi acteur, et d’Eric et Turtle, ses deux meilleurs amis, Vincent est en passe de devenir la star incontournable. Épaulé par son entourage, qui ne manque pas de lui prodiguer de précieux conseils et par son frère, dont la carrière ne se porte pas aussi bien, le jeune homme se lance à la conquête de la Mecque du cinéma…

La Critique :
Si Entourage est bel et bien une création de Doug Ellin, un scénariste/réalisateur de Brooklyn également connu pour sa carrière dans le milieu du stand-up, c’est avant tout du côté de Mark Wahlberg qu’il faut aller chercher les origines de cette fantastique série.
Tout est en fait partie lorsque l’assistant de Wahlberg a demandé à ce dernier si il pouvait se laisser filmer dans son quotidien, histoire de faire profiter au public de l’ambiance qui régnait dans le groupe d’amis du comédien. Un projet de documentaire fut également envisagé, dans le but de raconter la trajectoire de Wahlberg, et ainsi de revenir sur les origines de son succès à Hollywood. Pour autant, c’est sur une série que les réflexions débouchèrent. Sur une série plutôt comique et non dramatique, histoire de ne pas revenir sur le passé très tumultueux de l’acteur, qui eut, fut un temps, quelques frictions avec les autorités. De fil en aiguille, Entourage est donc devenu une peinture souvent drôle et parfois plus dramatique, des coulisses d’Hollywood, vues à travers le regard d’un acteur en pleine ascension et de son groupe d’amis enfance. Un show sur le cinéma certes, mais aussi et surtout sur l’amitié, cette notion si chère à Wahlberg qui débarqua lui-même sous les palmiers de Californie accompagné de ses potes, toujours à ses côtés aujourd’hui.
Vous l’aurez compris, Entourage n’a rien d’un biopic de Mark Wahlberg. Vincent Chase, le héros de la série possède des traits de caractère similaires et est lui-même réputé pour son physique avantageux, mais c’est tout. Le reste est issu de l’imagination de Doug Ellin et de ses scénaristes, même si des anecdotes de la vie de Mark Wahlberg ont certainement inspiré des passages de l’histoire et que le personnage de Turtle, interprété par Jerry Ferrara, fait lui-même directement référence à un proche de celui qui passa par la case prison et par la case Calvin Klein, avant de devenir la star de films comme Boogie Nights ou Fighter.

ENTOURAGE - saison 6

Les œuvres traitant de l’envers du décors de l’usine à rêve qu’est Hollywood sont nombreux. À chaque fois ou presque pourtant, alors que le sujet est à priori passionnant pour quiconque aime le cinéma, quelque chose manque. Un petit truc qui fait la différence et qui permet de livrer simultanément un spectacle enlevé, mais aussi de raconter une vraie histoire et de livrer au passage une réflexion pleine de recul sur toute une industrie. En cela, Entourage est probablement la seule fiction ayant totalement réussi à toucher au but. Sans se répéter, au fil de 8 saisons remarquables, avec l’appui d’un nombre spectaculaire de guest stars pour la plupart plutôt prestigieuses.
Et c’est cela aussi qui rend Entourage crédible. Comment en effet parler d’Hollywood sans être en mesure d’impliquer des personnalités du milieu qui interprètent leur propre rôle. Que ce soit lorsque Vincent Chase se rend à une fête chez Jessica Alba, lorsqu’il tourne sous la direction de James Cameron (une adaptation d’Aquaman !) ou même quand il sort avec l’ex-star du porno Sasha Grey, Entourage ancre son récit dans une réalité tangible, et par la même dans un inconscient collectif concret et extrêmement crédible.
L’un des principaux effets secondaires de cette propension à une générosité flagrante est ce plaisir constant que la série procure. Sur un plan purement visuel, Entourage est tout bonnement jubilatoire et ne baisse jamais la garde. Que ce soit avec ses guests, avec les acteurs plus ou moins célèbres interprétant des rôles secondaires (Martin Landau par exemple ou Carla Gugino et Jamie-Lynn Sigler de la série Les Soprano), dont la simple présence confère une aura vraiment particulière à l’ensemble, sans que cela ne vienne jeter un voile sur l’intrigue principale et tous les récits annexes, eux aussi pertinents et rythmés à la perfection.

Car outre le fait qu’Entourage s’impose comme l’une des séries les plus sexy et attractives de la télévision américaine, elle se paye aussi le luxe de ne pas se la jouer superficielle. Les personnages aiment le sexe, faire la fête et profiter de tout ce que Los Angeles peut offrir à ceux qui sont riches et célèbres, mais ne sont pas pour autant de gros bourrins tout juste bons à multiplier les aventures sans lendemain et les gueules de bois. Que l’on parle de Vincent Chase, le protagoniste central, acteur vedette en devenir, beau gosse assisté par ses amis, de Johnny Drama, le comédien looser abonné aux mauvais plans et principal vecteur d’un comique de situation brillant, de Turtle, le chauffeur qui essaye de profiter du statut de son meilleur ami pour grimper à sa façon les échelons et s’émanciper, de Eric, alias E, le manager, sérieux et droit dans ses bottes, ou encore de inénarrable Ari Gold, l’agent incarné par le génial Jeremy Piven, boule de nerfs incontrôlable, lui aussi très drôle et parfois carrément touchant, tous ont largement les coudées libres pour s’exprimer, exister et développer leur propre arc narratif en marge du fil rouge. Les acteurs, excellents, sont pour beaucoup dans la réussite de l’ensemble. Leur personnalité, leur charisme propre et leur faculté à jouer sur les nuances de leurs rôles, font d’Entourage une vraie série de comédiens, où chacun peut se donner le temps d’apporter sa pierre à l’édifice. Y compris pour celles et ceux qui arrivent en cours de route, comme la superbe Emmanuelle Chriqui ou Scott Caan, pour ne citer qu’eux. Mais forcément, certains possèdent en main une combinaison de cartes plus propices à une échappée, comme Jeremy Piven, seul comédien à avoir été par ailleurs récompensé pour sa prestation. C’est bien simple, il est fabuleux. Fabuleux, excessivement drôle et parfaitement timbré, il fait d’Ari Gold l’un des meilleurs personnages de série, tous genres confondus. Oui, carrément, il est bon à ce point. Idem pour le trop rare Kevin Dillon, qui trouve ici une bonne occasion de prouver qu’il en a au moins autant sous le pied que son frangin, Matt. Vu dans le biopic sur The Doors, d’Oliver Stone, Dillon ne se contente pas de jouer : il est Johnny Drama, ce galérien du cinéma et de la télé, condamné à vivre dans l’ombre de son petit frère superstar. Loin d’être relégué au second plan, les autres, comme Jerry Ferrara, Adrian Grenier et Kevin Connolly, travaillent plus sur la durée, tout en se nourrissant mutuellement les uns les autres. Du travail de maîtres assurément.

Entourage-Emmanuelle-Chriqui

Titre phare de HBO, injustement ignoré en France lors de ces diffusions par le groupe M6, Entourage mérite vraiment d’être découverte. Depuis sa conclusion en septembre 2011, et avant que le film tant attendu ne débarque dans les salles obscures, la série reste unique en son genre. Exploitant à merveille le format « 20 minutes », les épisodes se prêtent de plus remarquablement bien à de multiples visionnages et, mis bout à bout, constituent une peinture au vitriol de l’industrie cinématographique et du rêve américain. Tour à tour drôle, toujours très juste, jouissive en quasi-permanence, cohérente et ne cherchant jamais la facilité en tirant sur la corde, Entourage est un monument. Même la musique, compilation de quelques morceaux incontournables, entre rock, heavy, hip-hop, pop et soul, est à tomber à la renverse !

@ Gilles Rolland

Entourage-cast-HBO
Crédits photos : HBO


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