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Critique: Trois souvenirs de ma jeunesse

Publié le 23 mai 2015 par Robin210998
Critique: Trois souvenirs de ma jeunesse

Titre: Trois souvenirs de ma jeunesse 

Réalisateur: Arnaud Desplechin
Acteurs: Quentin Dolmaire, Lou Roy-Lecollinet, Mathieu Amalric ...
Genre: Drame
Nationalité: Français
Durée: 2H03min
Sortie: 20 mai 2015 


Victorieux du prix SCDA à la Quinzaine des Réalisateurs cette année à Cannes, 3 souvenirs de ma jeunesse est un prequel du film Comment je me suis disputé réalisé lui aussi par Arnaud Desplechin. On retrouve donc Paul Dédalus rentrant en France pour travailler au sein du Ministère des Affaires Etrangères. Mais lorsqu'il est arrêté à la douane au sujet d'un problème d'identité, des souvenirs de sa jeunesse vont refaire surface. Ceux-ci sont au nombre de trois et auront forgé l'homme qu'il est devenu. Le film est chapitré et se décompose en trois parties renvoyant aux trois souvenirs: Enfance, Russie et Esther.

Le résultat est d'une grande qualité grâce à des performances saisissantes et un scénario parfaitement maitrisé et fort en émotions. Arnaud Desplechin livre le portrait d'un jeune homme profondément marqué par une jeunesse difficile et des relations dévastatrices. Dans Enfance, on découvre un garçon devant faire face à la mort de sa mère et à la violence de son père, lui qui confie ne rien ressentir et ne plus vouloir se rappeler. C'est à Roubaix qu'il grandit et le quotidien, lui qui appartient à un milieu pauvre n'est pas facile. Cette tristesse et ce mal-être qui le conduira plus tard à être victime d'une dépression sont filmés avec une grande justesse et une certaine gravité qui parvient à émouvoir le spectateur. Son deuxième souvenir, celui de son voyage scolaire en URSS où il aida des juifs à rejoindre Israël est plus léger avec un ton moins grave. Au contraire, ce passage prend l'allure d'une mission secrète et parvient à divertir. Mais ce qui occupe les trois quarts du film est le troisième et dernier souvenir, sûrement le plus fort émotionnellement, celui d'Esther. Rencontrée au lycée, Esther fut le premier et véritable amour de sa vie. Esther est le genre de fille populaire qui sort avec tous les garçons et qui constitue par conséquent un fantasme à elle seule. Paul est de son côté plutôt réservé et discret préférant les jeux littéraires aux jeux amoureux. Cette relation entre deux êtres sensiblement différents alternant des moments de grâce comme cette séquence au musée où Paul se lance dans un parallèle déconcertant entre un tableau et Esther et des moments plus tristes, symbole d'une relation amoureuse destructrice pour eux. 
Critique: Trois souvenirs de ma jeunesse


En effet, l'éloignement va bientôt séparer les deux êtres et cela laissera des séquelles profondes chez ce jeune couple. Chaque rencontre sera pour Esther un véritable déchirement où la solitude la menace à chaque seconde de commettre l'irréparable. C'est une relation presque intellectuelle que vont finir par former Paul et Esther, nourris par une importante correspondance épistolaire livrant par la même occasion de très beaux dialogues poétiques jonglant sur les mots et les sensations. La mise en scène est tout aussi maitrisée en particulier lorsque les personnages livrent leurs sentiments face à la caméra. Cela plonge le spectateur dans le rôle de confident comme lors des scènes à caractère sexuelles qui sont si crues mais aussi symbole d'une jeunesse en quête de nouvelles aventures. Cette passion qu'il aura vécu pendant plusieurs années avec Esther restera gravée dans sa mémoire et les blessures du passé seront amenées à resurgir à la fin du film. En tout cas, Esther, d'une beauté troublante viendra hanter nos rêves pendant un bon moment ! Trois souvenirs de ma jeunesse est avant tout un film sur la jeunesse et le passage à l'âge adulte, une étape particulièrement douloureuse à franchir. Ce passage est nécessaire mais demeure inoubliable pour tous même s'il se fait dans la souffrance comme la séparation de Paul et Esther. On ne pourra que saluer l'interprétation magique des deux jeunes acteurs: Quentin Dolmaire et Lou Roy-Lecollinet qui parviennent à émouvoir et à impressionner devant tant de sincérité et d'émotion. On leur souhaite un avenir radieux ! 

En bref: un film très émouvant et parfaitement maitrisé sur la jeunesse et le passage de l'adolescence à l'âge adulte le tout sur fond d'une histoire d'amour aussi inoubliable que destructrice. 

Mes notes: 

Scénario: 2,5/4
Intrigue: 1,5/3
Mise en scène/Photographie: 3/3
Casting: 3/3
Musique: 1/1

Durée: 0,5/1
Drame: 1,5/2
Appréciation personnelle: 2/3

NOTE GLOBALE 15/20 

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