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Mad max : fury road│immersion post-apocalyptique.

Publié le 25 mai 2015 par Acrossthedays @AcrossTheDays

Le célèbre Mad Max est de retour au cinéma avec son réalisateur George Miller. Transcendant une nouvelle fois ce western d’anticipation, c’est en partie grâce à la performance de ces acteurs (Tom Hardy, Charlize Theron, Nicholas Hoult) et à la superbe maîtrise de la réalisation et des décors que Mad Max : Fury Road entre dans la liste des petits bijoux hardcore de l’année.

MAD MAX : FURY ROAD│IMMERSION POST-APOCALYPTIQUE.

Dans le désert sablonneux, un vrombissement se fait entendre. Mélange de cris, de musique et de moteurs, il se rapproche de nous, de plus en plus vite. Puis nous englobe, entièrement et effrayant, de toute son impétuosité. Sous le soleil étouffant de ce désert à la localisation inconnue, le sable nous monte dans la gorge, les oreilles bourdonnent, le coeur se crispe. Autour de nous tout d’un coup la mouvance des êtres étranges se démultiplie, violente et soudaine. Les cris affluent, les moteurs hurlent de plus en plus forts. Et nous voilà à nouveau sur la route, à toute vitesse, laissant derrière nous un nuage de poussière et priant pour ne jamais en faire partie. Du soleil de braise touchant la peau à l’éclair de l’orage, de la clareté d’une nuit sans étoile à l’espérance d’une pluie qui ne viendra jamais, les décors finalement se ressemblent tous, vides dans leur immensité, aussi silencieux que les voitures sont bruyantes.

L’homme en ces lieux n’est plus maître de rien, et il le sait. L’apocalypse est déjà passée par là, le monde s’est auto-détruit. Le pétrole est un moteur de guerre bien plus puissant que celui des voitures qui nous dépassent dans le désert. De première richesse il est devenu source de tous les maux. Les hommes – de plus en plus blancs – ont reconstruit leurs vies autour de sa douceur noire. Les autres, peau obscurcie par la saleté et la maladie, soumis par l’eau et le besoin, ont laissé de côté tout espoir de liberté. Les hommes sont fous en ce monde, rouillés par le désoeuvrement, rouillés par le sable incrusté dans leur peau, rouillés par les roues brulantes des engins qu’ils lancent sur les routes.

MAD MAX : FURY ROAD│IMMERSION POST-APOCALYPTIQUE.

La course-poursuite semble interminable, longue et tumultueuse, chargée par les souffles morts des explosions des cargaisons. Et des kilomètres durant, elle s’appauvrit en hommes et s’enrichit en violence. Plus vive, plus passionnée, plus excentrique à mesure que le temps passe, les hommes et les quelques femmes qui la composent s’endurcissent alors que la terre s’unifie dans sa perdition. Et nous d’être témoins des suicides fanatiques des war boys fous dans leur innocence, innocents dans leur insouciance, persuadés de retrouver une vie dans leur mort, un échappatoire au bonheur introuvable qui n’animera plus jamais leurs espoirs de futur. De l’angoisse pousse l’adrénaline, et la course poursuite finalement en devient jouissive, ivresse non pas du pouvoir mais de la force collective. La route n’est pas quête mais fin d’un monde qui n’attendait que son moment pour entièrement mourir et mieux revivre grâce à celles qui forment la véritable roue de secours de ce périple.

Car les femmes sont la force de ce monde post-apocalyptique. Le remède à la folie des hommes. Les femmes nourricières, les femmes pondeuses, les femmes enfermées dans leurs rôles caricaturaux qui libèrent leurs chaînes pour devenir femmes créatrices d’un nouveau monde où la vie peut être décidée, assumée, où le pouvoir d’accepter est de nouveau en vigueur. Les femmes qui, prenant la route, ne fuient pas vers un monde meilleur mais s’efforcent de construire à partir de ce qui existe, déconditionnant tantôt les hommes de leurs extrémismes, s’alliant tantôt à la folie des éternels solitaires.

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Ainsi nous faisons route avec Max durant les deux heures de folie de cette belle journée, participant de l’extérieur à l’accomplissement de destinées majestueuses et hors-normes, effrayantes et palpitantes. Au son des riffs de la guitare flambante de l’étrange homme sans visage, en haut des perches montantes des voitures reconstituées, tranchant le sable d’un désert d’hommes et de natures, nous avons l’impression jouissive d’être englobés (dans une 3D tout à fait justifiée) dans cette course-poursuite entre la fin du monde et le renouveau de la vie. Une immersion folle dans l’univers décadent d’une série cinématographique que nous connaissions déjà mais que nous prenons un plaisir fiévreux à revivre à travers les décors réels de ce petit chef d’oeuvre. Dans Mad Max, nous sommes finalement tous pris de folie.


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