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[Critique] ABOUT ALEX

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] ABOUT ALEX

Titre original : About Alex

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Jesse Zwick
Distribution : Jason Ritter, Aubrey Plaza, Max Greenfield, Maggie Grace, Nate Parker, Max Minghella, Jane Levy…
Genre : Drame/Comédie
Date de sortie : 27 mai 2015 (DTV)

Le Pitch :
Quand Alex tente de mettre fin à ses jours, ses amis d’enfance décident de se réunir pour le soutenir dans la maison de campagne de ce dernier. L’occasion de se retrouver, de faire le bilan, et de raviver des souvenirs du passé. Pour le meilleur, mais aussi pour le pire…

La Critique :
Avec ses acteurs en vue mais pas encore tout à fait consacrés, son scénario doux-amer et sa réalisation suivant les canons du cinéma indépendant américain à destination des trentenaires, About Alex a en effet tout du pur produit de la nouvelle école alternative du septième-art yankee. À la barre, un certain Jesse Zwick, soit un parfait débutant, jusqu’alors vaguement populaire pour avoir écrit pour la série Parenthood, mais surtout pour être le fils d’Edward Zwick, soit le réalisateur du Dernier Samouraï, Blood Diamond, ou encore de Légendes d’Automne. Un cinéaste ayant ainsi décidé de partir de presque rien et de s’attacher à une somme de petits détails pour au final parler de l’amitié, de l’amour, de la mort et de la vie. Vous en conviendrez, dit comme cela, pas de quoi se lever la nuit pour glisser toutes affaires cessantes le DVD du film dans votre lecteur. Dit comme cela… Mais About Alex mérite justement le détour car il sait illustrer de manière à la fois pertinente et sincère son propos, sans aller chercher l’originalité certes, mais en gagnant sans cesse au fil des minutes une authenticité en somme toute assez rare.

About-Alex-cast

Réunis autour de leur ami, dont ils avaient un peu perdu la trace, quand ce dernier tente de se suicider, accablé par un trop plein d’idées noires, les personnages du long-métrage commencent sans le savoir une introspection, à la minute même où ils arrivent là où le drame a failli se produire. Beaucoup se sont perdus de vue depuis la remise des diplômes. Quand certains étalent leur réussite pour la jeter à la face de ceux qui ne demandent pas à être impressionnés, d’autres jouent franc jeu. Au milieu, le rescapé observe ce joli monde en train d’essayer de le sauver d’une deuxième tentative… Non, About Alex n’invente rien, mais il sait aborder son sujet et distiller une atmosphère relativement immersive. Assez en tout cas pour éprouver rapidement de l’empathie pour les intervenants de cette réunion d’anciens élèves auxquels il n’est pas difficile de s’identifier. Peu importe qu’il soit question de suicide. Au fond, là n’est pas l’important. Le Alex du titre n’est pas vraiment suicidaire et son geste est avant tout un cri de détresse. L’essentiel est dans la façon dont Sarah, Josh, Siri, Isaac et les autres essayent à la fois de se raccrocher aux branches de leur passé commun, mais aussi de faire valoir un « présent » dont les valeurs constitueraient en soi une bonne façon de les définir, maintenant qu’ils sont tous devenus adultes. La présence de Jane Levy (vue dans le remake d’Evil Dead), seule à être beaucoup plus jeune que les autres, n’est d’ailleurs pas un hasard, tant elle remet en perspective les apparences, dont certaines sont trompeuses. On y revient, mais l’empathie est bien là. Écrit un peu maladroitement, notamment pour ce qui est de la progression de l’histoire et de son rythme, un peu bancal, About Alex arrive à capturer ces petits rien qui, mis bout à bout, suffisent à l’ancrer dans une réalité palpable. Pas du tout manichéen, et bien au-dessus de bon nombre de sitcoms traitant du même sujet, le film justifie sa démarche par des dialogues pleins de vérité, et ce sans jamais choisir entre le drame pur et la comédie. About Alex est à mi-chemin et se « contente » d’y rester pour explorer les non-dits, gratter le vernis et livrer une interprétation de cet âge un peu entre deux eaux.

Les acteurs, tous excellents, savent saisir au vol la perche qu’on leur tend pour surfer habilement sur une partition un peu casse-gueule, pour toutes les raisons évoquées plus haut. Aubrey Plaza tire habilement son épingle du jeu (comme toujours cela dit), tout comme l’impeccable Max Minghella, Jane Levy, ou encore Maggie Grace, bien mieux à son avantage ici que dans les Taken. Personne ne tire la couverture à lui au détriment de ses petits camarades, chacun à son mot à dire, et son rôle à jouer. Conférant de plus un supplément de prestige au film, la distribution trouve une jolie harmonie, bien sûr pas étrangère du tout à la réussite de l’ensemble. On a certes vu mieux, mais ce n’est pas une raison de bouder son plaisir. Mine de rien, About Alex fait son chemin. Les messages qu’il tente de faire passer, comme celui sur le vrai passage à l’âge adulte, sans ambages, arrivent à destination, calmement, sans forcer le passage, et le tout fleure bon un cinéma empreint d’une belle mélancolie et de beaucoup de tendresse.

@ Gilles Rolland

About-Alex
Crédits photos : Sony Pictures Releasing France


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