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[Critique série] AMERICAN HORROR STORY – Saison 4 : Freak Show

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] AMERICAN HORROR STORY – Saison 4 : Freak Show

Titre original : American Horror Story : Freak Show

Note:

★
★
★
★
☆

Origines : États-Unis
Créateurs : Ryan Murphy, Brad Falchuk
Réalisateurs : Ryan Murphy, Alfonso Gomez-Rejon, Michael Uppendahl, Ryan Murphy, Alfonso Gomez-Rejon, Michael Uppendahl, Howard Deutch, Anthony Hemingway, Bradley Buecker , Loni Peristere, Michael Goi.
Distribution : Jessica Lange, Sarah Paulson, Frances Conroy, Evan Peters, Denis O’Hare, Emma Roberts, Lily Rabe, Finn Wittrock, Kathy Bates, Angela Bassett, Michael Chicklis, Erika Ervin, Mat Fraser, Jyoti Amge, Naomi Grossman, Grace Gummer, John Caroll Lynch, Celia Weston, Patti LaBelle, Lee Tergesen, Wes Bentley, Gabourey Sidibe, Malcolm-Jawal Warner, Danny Huston, , Jamie Brewer, Neil Patrick Harris, Matt Bomer, Lily Rabe….
Genre : Fantastique/Horreur/Drame
Diffusion en France : Ciné +
Nombre d’épisodes : 13

Le Pitch :
« Ladies und gentlemen. Bienvenue au Cabinet des Curiosités de Fräulein Elsa Mars. Notre show est à couper le souffle, vous y verrez des tours et des chants interprétés par nos freaks, d’Ethel, la femme à barbe, aux sœurs siamoises Beth et Dot. Vous n’en croirez pas vos yeux, écarquillés d’étonnement ».
Nous sommes en 1952, à Jupiter, Floride. Le cirque d’Elsa Mars est l’une des dernières expositions d’êtres humains du territoire étasunien. Condamnés à lutter pour la survie de leur cirque, les freaks vont également devoir affronter moult dangers car de nombreuses ombres planent sur eux…

La Critique :
Freak out, le freak c’est chic, freak out ! Je dois avouer, j’ai mis longtemps avant de vouloir regarder la saison 4 d’American Horror Story. J’y suis même allé à reculons. Mais la mission d’un critique ciné ou série, c’est d’aller au front, courageusement, quitte à se taper des purges ignobles. Et là, la surprise, la révélation ! Alors que je réfléchissais aux tournures humoristiques que je pourrais utiliser pour dire à quel point c’était mauvais ou quelle gymnastique utiliser pour trouver un semblant de point positif, l’inattendu s’est produit. Après une première saison très bonne mais pas si horrifique que ça, une deuxième très bien travaillée pour une ambiance horrifique mais plombée par des intrigues secondaires inutiles et sûrement l’abus de substances illicites devant X-Files, qui a poussé les scénaristes à nous coller une histoire d’E.T. là-dedans (ou comment flinguer sa série en 10 leçons) et une troisième poussive, pas angoissante et même pas digne d’un mauvais ersatz de Charmed (qui pourtant, à mon humble avis, n’est que le Twilight de la sorcellerie), les scénaristes ont enfin décidé de donner une bonne suite à la première saison.
Dès le premier plan, on voit la volonté de changement, on n’est pas mis dans l’ambiance de suite. Le générique, aussi. Si c’est vrai qu’il est excellent sur les autres saisons, il était un peu répétitif à la longue, et pour la saison 4, il est nettement plus travaillé, graphiquement réussi et la musique est top. Mais ce ne sont là que des détails. Pour sa quatrième saison, les scénaristes ont réussi le tour de force d’égaler voire de dépasser la première. Pourtant, le sujet était vraiment casse-gueule.

American-Horror-Story-saison4-Freak-Show-clown

Peu ont essayé de représenter ceux qui étaient nommés « monstres de foire », le culte controversé Freaks, la Monstrueuse Parade de Tod Browning étant presque une exception. Ici, les freaks ne sont pas des monstres méchants (bien que dans le premier épisode, il y a des séquences où ils se montrent glauques) et on échappe à la moquerie condescendante du style « hé, regarde, des monstres, tu as vu ? On dirait des humains mais en plus rigolos ». C’est d’ailleurs ce comportement cruel qui est pointé du doigt par les créateurs de cette saison qui s’avère une ode à la différence. Les freaks ne sont pas déshumanisés et même, au contraire, sont valorisés. Et une partie des rôles est jouée par de vraies personnes souffrant de ces handicaps. Ma Petite , jouée par Jyoti Amge est une actrice indienne connue comme plus petite femme vivante du monde. L’acteur (et musicien de rock) anglais Mat Fraser, qui joue Paul, souffre de phocomélie, une malformation des membres qui ressemblent à ceux d’un phoque. Ben Woolf (Meep) souffrait de nanisme, tout comme Drew Rin Varick qui joue Toulouse. Rose Siggins (Legless Suzi) n’a pas de jambes non plus dans la vraie vie. Les créateurs de la série ont toujours agi en faveur des acteurs dits « différents ». Pour la troisième fois, l’actrice Jamie Brewer, atteinte du syndrome de Down apparaît, après une prestation remarquée dans les saisons 1 et 3.
Pour le reste du casting, comme d’habitude c’est du solide. On va commencer par les habitués. Jessica Lange fait sa meilleure saison avec un personnage plus complexe et torturé, Elsa Mars, directrice d’un cirque de freaks égocentrique mi-garce mi-ange gardien, on ne sait pas trop s’il faut la haïr ou l’aimer. En plus, elle joue avec un accent allemand (son personnage est une exilée berlinoise) tout au long de la saison et s’en sort vraiment bien de ce côté aussi. Sarah Paulson a droit cette fois à un double rôle, celui de jumelles siamoises, et comme d’habitude elle estt très bien. Frances Conroy est impeccable en bourgeoise qui a trop couvé son salopard de fils (son meilleur rôle depuis la saison 1). Denis O’Hare (présent dans la 1 et la 3), très bon à nouveau dans le rôle d’un autre méchant. Evan Peters, comme à l’accoutumée, est parfait. Emma Roberts, talentueuse nièce de Julia Roberts, et qui était dans la saison précédente, confirme tout le bien que j’avais pensé d’elle lors de la saison 3 (elle était une des meilleures de la saison). Kathy Bates, femme à barbe et confidente de Jessica Lange sur cette saison (d’ailleurs la complicité avec cette dernière depuis la saison 3 transparaît à l’écran) est meilleure que dans son précédent passage. Même constat pour Angela Bassett, ici femme à trois seins (pour ceux qui ont un kif sur ces femmes, ça leur rappellera celle dans Total Recall).
Au rang des bizuts, on notera Michael Chiklis. L’acteur de The Shield fait là sa meilleure apparition depuis la défunte série policière culte, et quand on le voit, ici, dans un personnage torturé, on se dit qu’il n’a pas eu la carrière qu’il méritait. Finn Wittrock, star de The Normal Heart et du soap La Force du Destin, change de registre en campant le glaçant Dandy, salopard trop gâté et meilleure nemesis de l’histoire de la série, un type aussi détestable que le roi Joffrey dans Game of Thrones. L’imposant John Carrol Lynch (Zodiac) est le méchant clown, un peu entre le Pennywise de Stephen King et John Wayne Gacy. Grace Gummer, fille de Meryl Streep (d’ailleurs, elle a les traits de visage de sa mère) est très prometteuse.
Enfin, les guest stars nous régalent. En premier lieu Neil Patrick Harris dans sa meilleure apparition à la télé depuis How I Met Your Mother, changeant radicalement de registre et se montrant vraiment inquiétant. Gabourey Sidibe (Precious) qui a un rôle récurrent dans la saison 3, fait une apparition clin d’œil. Même chose pour Danny Huston (frère d’Angelica Huston et Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle pour The Constant Gardener), le tueur à la hache de la saison 3. Celia Weston (La Dernière Marche) campe une directrice de musée peu scrupuleuse. Matt Bomer (The Normal Heart) apparaît en gigolo. Wes Bentley, Malcolm-Jamal Warner (Theo Huxtable du Cosby Show), Lee Tergesen (Tobias Beecher dans Oz), et la chanteuse Patti LaBelle (connu pour son tube Lady Marmelade) complètent cette distribution en béton armé.

Cette saison dénote aussi des autres car il n’y a cette fois pas de référence explicite à l’histoire criminelle américaine et il n’y a pas non plus de jeu sur le temps entre le passé et l’époque contemporaine. Tout ce passe, à l’exception de quelques flashbacks et de la fin de saison, en 1952. En revanche, si les autres saisons sont indépendantes l’une de l’autre, cette saison offre un pont vers la saison 2, avec des explications plus claires sur la vie de Pepper, atteinte de microcéphalie, personnage récurrents de cette saison. Un personnage phare de la deuxième saison fait d’ailleurs une apparition clin d’œil.
Portée par un excellent casting, une très bonne direction d’acteurs, des personnages complexes, et une certaine originalité alors que les autres saisons s’enfonçaient, cette dernière saison est menée tambour battant et ce (première fois d’ailleurs depuis la création de la série) jusqu’au final. Elle possède les atouts des autres saisons, notamment une photo classieuse, un générique travaillé, un cadre fantastique servant de prétexte à la dramaturgie, mais sans les défauts, et on se régale. À part les anachronismes foireux consistant à faire des reprises fumeuses, pendant les tours de chants des freaks, de tubes sortis bien après l’époque où la saison se passe (entre autres, Come As You Are, de Nirvana, massacrée par Evan Peters, ce qui fait baisser la note que j’aurais pu lui donner), rien à signaler de déplaisant. Au contraire, elle est probablement (et ce bien plus que la saison 1, pourtant prometteuse) l’une des raisons d’être de la série. You’re such a beautiful freak, I wish there were more just like you, you’re not like all the others, but that’s why I love you, beautiful freak, beautiful freak.

@ Nicolas Cambon

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Crédits photos : FX / Ciné +


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