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{Lecture} Vers la sobriété heureuse de Pierre Rabhi

Par Alittlepieceof @Alittle_piece

{Lecture} Vers la sobriété heureuse de Pierre RabhiPierre Rabhi a vingt ans à la fin des années 1950, lorsqu'il décide de se soustraire, par un retour à la terre, à la civilisation hors sol qu'a commencé à dessiner sous ses yeux ce que l'on nommera plus tard les Trente Glorieuses. En France, il contemple un triste spectacle : aux champs comme à l'usine, l'homme est invité à accepter une forme d'anéantissement personnel à seule fin que tourne la machine économique. L'économie ? Au lieu de gérer et répartir les ressources communes à l'humanité en déployant une vision à long terme, elle s'est contentée, dans sa recherche de croissance illimitée, d'élever la prédation au rang de science. Le lien viscéral avec la nature est rompu ; cette dernière n'est plus qu'un gisement de ressources à exploiter - et à épuiser.
Au fil des expériences, une évidence s'impose : seul le choix de la modération de nos besoins et désirs, le choix d'une société libératrice et volontairement consentie, permettra de rompre avec cet ordre anthropophage appelé " mondialisation ". Ainsi pourrons-nous remettre l'humain et la nature au cœur de nos préoccupations, et redonner enfin au monde légèreté et saveur.

Ce livre, je veux le lire depuis un bon moment ! J'ai fini par le trouvé chez Emmaüs et j'ai sauté dessus !
La sobriété heureuse, tout est résumé dans ces deux mots, la quête qui est mienne depuis quelques temps maintenant.
Se contenter de peu, mais être heureux. La décroissance comme moyen de sortir de cette crise dans laquelle nous nous sommes mis.
Je m'attendais donc à lire le livre d'une traite, totalement hypnotisée par les solutions miracles du Docteur Rabhi.
Ce ne fût pas le cas. Si le fond est très parlant et que le discours qu'il délivre me touche particulièrement, le livre, soyons honnête n'est pas très agréable à lire. Certains même pourront lui reprocher un petit côté un peu trop moralisateur. Mais c'est Pierre Rabhi est convaincu depuis trop longtemps maintenant que notre société actuelle va droit dans le mur. Et il a raison ! Cette société du consommer toujours plus n'est pas viable. Il le montre par des exemples très concrets qui touchent à toutes les sphères de la société, en passant par l'éducation, le logement, le travail, la surinformation, etc...
Peut-être aurais-je du lire son autobiographie avant de lire ce livre ci. Car il m'a manqué quelques éléments et j'en suis ressortie quelque peu frustrée. Frustrée aussi parce que oui, je pense qu'il a raison, au fond, mais que seul contre tous, et ce, malgré les nombreuses initiatives qui ne cesse de voir le jour en faveur de cette sobriété comme mode de vie, j'ai bien peur que son combat soit un combat perdu d'avance. Il faudrait une telle prise de conscience massive pour que cela fonctionne... la course au profit, au toujours plus n'est, je le crains pas prête de s'arrêter.
Évidemment, ce livre ne se présente pas comme une solution clé en main. Pierre Rabhi relate les faits, pousse à la réflexion et donne quelques pistes. Son rejet de la modernité en fera bondir certains.
Un livre qui pousse à la réflexion et encourage au débat.
La sobriété heureuse, rêve ou utopie ?

Quelques extraits qui m'ont particulièrement touchée :

Les situations de cohérence entre nos aspirations et nos comportements sont limités et nous sommes contraints de composer avec la réalité.

Tout est de plus en plus provisoire et éphémère, au coeur d'une frénésie en évolution exponentielle, produisant et subissant un stress dont on sait qu'il est à l'origine de grave pathologies.

Bien éloigné de la réalité élémentaire, fondée sur la survie et la perpétuation de l'espèce , l'être humain est pris au piège de ses fantasmes.
Il donne à des métaux ou à des pierreries une valeur symbolique exorbitante et en fait des objets d'enrichissements pour ceux qui en possèdent.
[...]Et c'est un crève coeur que de constater le pouvoir subliminal de ce qui après tout n'est que du métal.

Si l'argent peut répondre à tous les désirs, il demeure incapable d'offrir la joie, le bonheur d'exister...

Produire et consommer localement s'impose comme une nécessité absolue pour la sécurité des populations à l'égard de leurs besoins élémentaires et légitimes. Sans se fermer aux échanges complémentaires, les territoires deviendraient alors des berceaux autonomes, valorisant et soignant leurs ressources locales. Agriculture à taille humaine, artisanat, petits commerces, etc., devraient être réhabilités, afin que le maximum de citoyens puissent redevenir acteurs de l'économie.

{Lecture} Vers sobriété heureuse Pierre Rabhi


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