Pourtant, à la fin de ce court séjour, je peux dire que je le trouve beau, l'océan, fier et séduisant, sauvage surtout, comme la côte qui jouxte la plage de la Paracou et où j'ai très envie de revenir avec mes chaussures de randonneuse pour y marcher pendant des heures et des heures sans jamais me lasser du paysage. Car à chaque clignement de paupière, le panorama change de couleur, de ton et de caractère ; une sorte de voyage immobile à chaque instant. Je me suis lancée sur les rochers pour me mettre au-dessus de l'eau, au-milieu du vent. J'ai humé l'air d'ici et mémorisé chaque coin de ciel. Aujourd'hui, à l'heure où j'écris, je n'ai même pas besoin de fermer les yeux pour y être tellement je me suis imprégnée des lieux.
Il y avait des vagues qui allaient et venaient, de l'écume blanche qui s'accordait avec les rochers bruns et ocre et le ciel gris. Il y avait le vent et le sable dans lequel nos pas s'enfonçaient. Il y avait ces gens souriants qui avaient installé leur table de jardin dans un coin du paysage et qui s'y intégraient parfaitement, partageant leur pique nique avec enthousiasme et naturel, dévorant l'horizon du regard. Ils devaient se nourrir du beau et manger le vent, eux aussi.
Et puis comme tout a une fin et que, comme je dis toujours, il faut partir pour revenir, on est repartis en sens inverse. Je me suis retournée plusiseurs fois. Parfois, au coeur de la ville, au bout d'une rue qui descend, je m'attends à voir l'océan.
