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[Critique] CELLULAR

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] CELLULAR

Titre original : Cellular

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : David R. Ellis
Distribution : Kim Basinger, Chris Evans, Jason Statham, William H. Macy, Eric Christian Olsen, Matt McColm, Noah Emmerich, Brendan Kelly, Eric Etebari, Valerie Cruz…
Genre : Thriller/Action
Date de sortie : 17 novembre 2004

Le Pitch :
Prof de biologie à Brentwood, Los Angeles, Jessica Martin vient juste d’accompagner son fils Ricky au bus d’école quand elle se fait kidnapper par une bande d’intrus violents qui font irruption dans sa maison et abattent sa femme de ménage. Jessica est retenue prisonnière dans un vieux grenier, où ses ravisseurs l’informent qu’ils veulent quelque chose qui appartient à son mari, menaçant d’enlever également son fils si elle ne coopère pas. Puisqu’elle a pu voir leurs visages à découvert, Jessica devine qu’elle n’a pas longtemps à vivre et use de ses ressources pour faire re-fonctionner le téléphone cassé qui lui tient compagnie dans le grenier. Par coïncidence, elle réussit à rejoindre le portable de Ryan, un jeune gaillard irresponsable de vingt ans qui vient de se faire larguer par sa copine. Quelque chose dans la voix de Jessica finit par le convaincre, et Ryan se retrouve embarqué malgré lui dans une course effrénée à travers la ville pour trouver et sauver sa correspondante, tout en s’efforçant de garder l’appel en ligne. Pendant ce temps, un vieux flic de bureau appelé Mooney, s’embrouille tardivement dans l’affaire, et découvrira au cours de cette folle journée des ressources intérieures qu’il ne pensait pas avoir…

La Critique :
Jouant le rôle d’une prof de biologie dans le thriller percutant qu’est Cellular, Kim Basinger porte une robe noire designer moulante et des bas résille (Sans doute son cours était absolument passionnant pour tous les pré-pubères de sa classe). Malheureusement, on a à peine le temps de se poser d’autres questions sur le code vestimentaire très libre de son école primaire, parce que l’institutrice de rêve est vite kidnappée et enfermée dans un vieux grenier, avec seulement un téléphone mural bousillé pour lui tenir compagnie. Experte en science, Basinger arrive à réparer deux ou trois fils et se bricoler un système à partir des morceaux pour composer des numéros au hasard. Elle finit par joindre Ryan, une tête de pioche beau-gosse incarné par Chris Evans (avant qu’il ne devienne un super-héros).

Jusque-là, l’intrigue de Cellular ressemble à un gimmick. Et en effet, c’en est un – le pitch glorieux du film emporte Ryan dans une course contre la montre à travers Los Angeles, enchaînant un coup raté après l’autre pour essayer de sauver la demoiselle en détresse, parce que si jamais l’appel est déconnecté, il l’aura perdue pour de bon. Ce qui est surprenant, c’est à quel point le gimmick est convaincant sous les circonstances : l’histoire est bien racontée, à moitié plausible et assez impliquante, au final.

Cellular-Chris-Evans-William-H-Macy

Légende dans le cinéma d’exploitation/grindhouse, Larry Cohen avait cassé tardivement la baraque à Hollywood grâce à l’excellent scénario claustrophobe qu’il a écrit pour Phone Game, où Colin Farrell était pris au piège dans une cabine téléphonique par un sniper psychopathe. Maintenant en équipe avec les scénaristes Chris Morgan et J. Mackye Gruber, Cohen transforme Cellular en une sorte de suite spirituelle frénétique au film de Joel Schumacher. Inversant la formule de ce dernier, le scénario est une mini-merveille de savoir-faire en béton et d’ingénuité old-school, trouvant d’innombrables permutations sur tous les gags de téléphone portables imaginables – plus une ou deux nouveautés.

Mis en scène efficacement par le regretté David R. Ellis, Cellular empile les complications, les surprises, les obstacles et les catastrophes. On va éviter de dire grand-chose à propos des motivations derrière l’enlèvement de Basinger, vu que les plaisirs simples du long-métrage se trouvent dans leur révélation graduelle et leur timing inestimable (on ne sait jamais exactement pourquoi il se passe quelque chose dans ce film avant que cela ne devienne absolument nécessaire – ce qui fait un contraste étonnant à la manière dont pas mal de thrillers modernes s’essoufflent au bout de la première demi-heure et préfèrent planer en automatique jusqu’à la fin).

À un moment, Ryan met même Basinger en attente, en accord avec la stratégie du film à faire monter notre frustration en créant un imprévu crédible après l’autre. Puis il y a le passage où Ryan n’a pas plus de batterie, donc bien entendu il se retrouve dans l’équivalent du Nokia Store où on lui dit avec la condescendance la plus exaspérante du monde de prendre un numéro et faire la queue. Et ça c’est sans mentionner la multitude d’autres fonctions que Cohen et compagnie trouvent pour les portables à part téléphoner : le fait qu’ils peuvent enregistrer des preuves, archiver les appels, fonctionner comme un système d’alarme, fournir des infos accidentelles ou même trahir le correspondant. Aujourd’hui, nous sommes habitués à tout ceci, mais ici, le cellulaire qui donne au film son titre sert non seulement de moyen de communication, mais aussi d’expédient narratif.

Pour les acteurs, c’est autre chose. Basinger est un idéal de casting pour camper les femmes vulnérables, et a donc principalement besoin de gémir et d’avoir l’air terrifié, tandis qu’Evans, bien qu’il soit un acteur très sous-estimé, mettra un moment à convaincre si on ne sait pas d’avance qu’il vient de débarquer du plateau de Sex Academy (et donc c’est assez poilant de le voir jouer les héros en portant un t-shirt rose bonbon pendant tout le film). Jason Statham impose son premier rôle de méchant au cinéma, ainsi que les débuts de sa lutte indécise avec l’accent américain (règle d’or : Le Stath est toujours plus menaçant quand il est British).

Mais Cellular a un as dans sa manche, et c’est un énième rôle génialissime tenu par le grand William H. Macy. En bon sergent de bureau fastidieux à deux doigts de la retraite, Macy se cache discrètement derrière une moustache balai-brosse et rajoute une douzaine de nuances professionnelles et bien-pensées à son personnage dans les marges de l’intrigue machinée par Cohen. Oui, il y a des scènes d’action et des courses-poursuites sur l’autoroute, mais le film n’en est pas dépendant, et on accroche surtout parce que les motivations et les intentions des personnages sont claires et solides.

Cellular est un bon petit thriller sympathique qui en jette – précisément le type de film bien fait et sans ambition qu’on aime toujours survendre à un groupe d’amis. Peut-être que c’est une question de goût, mais quand on voit tellement de divertissements pop corn impersonnels qui peuvent mal tourner, tomber sur un film qui sait utiliser des caractéristiques comme l’intelligence et le savoir-faire sans trop en faire un plat, devient souvent un événement à fêter. Et puis mince, n’importe quel film où Bill Macy fait un saut en slow-motion, brandissant un flingue et shootant une poignée de bad guys (toujours avec cette moustache ridicule) est automatiquement assez génial, non ?

@ Daniel Rawnsley

cellular-Kim-Basinger
Crédits photos : Metropolitan FilmExport


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