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Le processus post-photographique au cœur des constellations

Publié le 09 juin 2015 par Lifeproof @CcilLifeproof

Prenant comme point de départ une thèse de doctorat à l’Université de Strasbourg, l’essai intitulé Constellations photographiques d’Anne Immelé vient de paraître pour nous faire partager sa démarche sur l’importance d’associer les photographies après la prise de vue.

Rédigée entre 2004 et 2006, la thèse a été développée par la suite jusqu’à l’année dernière pour donner lieu à cet ouvrage. Photographe et commissaire d’exposition, Anne Immelé partage sa vision d’une exposition photographique à travers des exemples précis d’œuvres, notamment celles de Wolfgang Tillmans, Raymonde April, Peter Puklus…

Le travail d’Anne Immelé s’articule autour de notre rapport aux autres et à notre environnement. Et la relation entre les clichés, soigneusement choisis pour créer un ensemble, fait partie de sa réflexion. D’ailleurs, l’assemblage des prises de vues est primordial et l’auteure décrit ce phénomène en ces termes : « La constellation de photographies est une forme d’organisation plus souple, plus libre et plus éclatée que la science linéaire ou que d’autres agencements comme le mur d’images ». Elle poursuit en écrivant qu’ « au mur, c’est une combinaison de photographies issues de corpus hétérogènes, dans laquelle c’est la relation elle-même qui devient l’enjeu ». En effet, la conscience des liens entre les photographies que nous observons oriente notre regard, nous permettant de comprendre l’ensemble du récit et ce que chaque cliché veut exprimer. Il s’agit « d’un processus actif, c’est en train de se faire ».

Anne Immelé, Constellations photographiques, 2015, Médiapop Editions

Couverture du livre

Mais qu’est-ce qu’une constellation photographique ? Anne Immelé nous donne une définition. « C’est une disposition éclatée, au caractère fragmentaire, en propension. Les liens entre les différentes photographies se font par connexions omnidirectionnelles. Le caractère fluide des liens crée une mobilité à l’intérieur de l’œuvre. L’agencement est un équilibre précaire suffisamment construit pour former une œuvre unitaire, mais dont certains liens se délient de manière permanente ».

Pour elle, la création artistique ne s’opère pas lors de la prise de vue, mais plutôt pendant l’agencement des clichés entre eux. En effet, que faisons-nous après, avec une multitude de photos ? L’œuvre est donc le résultat de la mise en espace d’une constellation. L’agencement des photos est alors similaire au montage cinématographique, dont les différentes séquences sont assemblées dans le but de créer une œuvre globale. 

Bien que les clichés n’aient aucun lien entre eux, réaliser des constellations photographiques à l’aide de plusieurs séries permet de créer une œuvre singulière ; l’interactivité entre l’assemblage et le spectateur est évidente. Il y a une implication à la fois de l’artiste dans la sélection et la disposition des clichés, et du spectateur qui analyse le récit ainsi proposé par une telle organisation. Finalement, être photographe n’est pas simplement d’exposer des clichés esthétiquement plaisants. C’est avant tout une réflexion sur le processus post-photographique, qui est à l’œuvre.

Caroline.

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Anne Immelé, Constellations photographiques, 2015, Médiapop Éditions


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