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Comme un avion : en poste restante

Par Rémy Boeringer @eltcherillo

Comme un avion : en poste restante

Comme un avion, le dernier film de Bruno Podalydès est vendu comme une balade mélancolique et onirique au fil de l’eau. C’est surtout un sempiternel recommencement assez ennuyant sauvé de la noyade par sa brochette d’acteurs investis.

Michel (Bruno Podalydès) est infographiste. Mais il est surtout passionné d’aviation. Un jour, il tombe par hasard sur la fiche informative d’un kayak. Il y retrouve les courbes des avions et décide de partir à l ‘aventure sur une rivière.

Comme un avion : en poste restante

Rachel (Sandrine Kiberlain) et Michel (Bruno Podalydès)

Vous lirez souvent dans nos lignes des critiques dithyrambiques pour peu qu’un réalisateur est fait le choix d’un univers mélancolique en ayant su lui insuffler une véritable poésie. Nous ferons une exception pour Comme un avion qui semble davantage avoir été écrit sous Xanax qu’avec l’aide de la fée verte. Tous les personnages de Comme en avion semble éteint et malheureusement, rien ne les rallumeras vraiment malgré l’horizon scénaristique affiché en ce sens. Rachel (Sandrine Kiberlain, excellente dans le néanmoins exaltant 9 mois ferme), la femme de Michel l’accompagne dans ses pérégrinations mais semble s’en désintéresser totalement. Dans leur couple, tout est affaire d’automatismes bienveillants. C’est le véritable problème pour Comme un avion qui semble lui-même scénarisé sans y penser. Michel, accompagné de son ukulélé, passe son temps à écrire des poèmes sur lui-même, à faire des mots d’esprits sur tout et surtout sur n’importe quoi. Ce qui devient vite lassant.

Comme un avion : en poste restante

Michel (Bruno Podalydès)

Laëtitia (Agnès Jaoui), la tenancière de la guinguette où il dépose ses affaires lui fait remarquer qu’elle n’apprécie pas ses jeux de mots. Mais si Podalydès en avait conscience, pourquoi diable en fait-il autant l’usage ? Le principe de Comme un avion est celui de décrire un cinquantenaire en pleine crise existentielle qui retrouve la joie de vivre en changeant ses habitudes. Un scénario convenu qui fonctionne généralement bien lorsqu’il est conjugué avec des joutes verbales bien écrite. Malheureusement, les monologues du héro sont assommants et le reste du film terriblement silencieux. Seul petit charme subsistant, celui de l’actrice Vimala Pons et d’Agnès Jaoui qui apparaissent lumineuses au milieux de la morosité ambiante. On ne peux au contraire vraiment pas s’attacher à Michel qui subit les événements plus qu’il ne les vit.

Comme un avion : en poste restante

Mila (Vimala Pons), Michel (Bruno Podalydès) et Laëtitia (Agnès Jaoui)

C’est paradoxal mais les défauts de Comme en avion sont évoqués en filigrane par les dialogues liminaires comme si Bruno Podalydès avait déjà conscience des critiques à venir. Les événements qui devrait faire l’effet de feu d’artifice dans la vie de cette homme sont accueillis si mollement qu’au final, en lieu et place des réjouissances, on assiste à des ronds dans l’eau sans répercussions aucunes. L’éloge de l’amour devient un plaidoyer pour l’ennui. Comme un avion, titre pourtant évocateur de mouvement, fais du surplace.

Boeringer Rémy

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