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[Critique] Salsa Fury

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] Salsa Fury

Titre original : Cuban Fury

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : Angleterre
Réalisateur : James Griffiths
Distribution : Nick Frost, Rashida Jones, Chris O’Dowd, Ian McShane, Olivia Colman, Rory Kinnear, Alexandra Roach, Steve Oram…
Genre : Comédie
Date de sortie : inconnue (diffusé pour la première fois en juin 2015 sur Ciné +)

Le Pitch :
Champion célébré de danse salsa, le jeune Bruce est une véritable star des pistes de danse. Un jour néanmoins, lassé des brimades de ses petits « camarades » il décide de tout laisser tomber. Une bonne vingtaine d’années plus tard, Bruce, employé modèle avec quelques kilos en trop, vit une existence bien rangée et morose. L’arrivée dans son service d’une nouvelle patronne aussi séduisante qu’avenante, bouscule alors brutalement ses habitudes. Lorsqu’il découvre que cette dernière est folle de salsa, Bruce prend une décision radicale : réapprendre à danser pour conquérir son cœur…

La Critique :
Depuis leurs débuts dans Spaced, l’une des meilleures séries de l’univers, puis leur consécration en trois parties dans la Cornetto Trilogy (Shaun of the Dead, Hot Fuzz et Le Dernier Pub avant la Fin du Monde), Nick Frost et Simon Pegg poursuivent chacun de leur côté une carrière plutôt prolifique , tout en prenant soin de ne jamais rester éloignés très longtemps l’un de l’autre. Alors que Simon Pegg joue notamment la carte des blockbusters, en se payant deux franchises à succès (les Mission : Impossible et Star Trek), sans se priver d’apparaître dans des productions plus confidentielles, Nick Frost tourne moins, mais se construit lui aussi une jolie filmographie, où, bien entendu, le rire se taille la part du lion. Ceux qui ont notamment vu Good Morning England ou Attack the Block confirmeront…
Cela dit, la conséquence est la suivante : Nick Frost reste moins connu et moins populaire que Simon Pegg. Est-ce pour cela que Salsa Fury, où il tient le premier rôle, fut copieusement ignoré par les distributeurs, au point que le film fut non seulement privé d’une sortie en salle, mais reste à ce jour indisponible en DVD ? Peut-être… Quoi qu’il en soit, c’est directement à la télévision, sur le bouquet Ciné + de Canal Sat que Salsa Fury est présenté pour la première fois au public français.

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Comme son nom l’indique, Salsa Fury traite de salsa. Pas de la sauce, mais bien de la danse. Jouant à fond la carte du décalage, toujours très porté sur l’auto-dérision, qu’il manie à la perfection, Nick Frost campe ici un ex-champion de la discipline. Un ancien gamin brimé par les autres enfants de son âge à cause de sa passion pour les chorégraphies spectaculaires cubaines, qui, afin de séduire sa nouvelle chef, quelques 20 années plus tard, se décide à opérer un flamboyant come-back. Pas forcément super original, le pitch de Salsa Fury s’avère par contre d’une efficacité à toute épreuve. Quelque part entre les productions Apatow et les comédies britanniques dans lesquelles Frost a débuté, le film de James Griffiths (qui signe son premier film de cinéma après avoir dirigé plusieurs épisodes de séries tv) ne cache pas ses intentions modestes, et s’applique ainsi à exploiter au mieux les éléments mis à sa disposition.

Truffé de références à la pop culture des années 80, Salsa Fury se repose en grande partie sur ses acteurs. En chef de file, Nick Frost est formidable dans la peau d’un homme complexé et timide. Une partition qu’il maîtrise à la perfection et qui donne ici lieu à une succession de scènes aussi drôles et touchantes les unes que les autres. En face, Chris O’Dowd, que nous avons pu apprécier dans Mes Meilleures Amies et dans Good Morning England, campe l’antagoniste du héros. Salopard jusqu’au bout des ongles, il mise sur un contre-emploi payant, grâce à un décalage permanent ainsi qu’à un dévouement total à un scénario qui ne lui épargne pas grand chose. Moment de grâce intense, son duel de danse avec Nick Frost, sur un parking, restera comme l’une des meilleures scènes de danse du cinéma contemporain, quelque part entre le final de Dirty Dancing et les chorégraphies guerrières de Tigre et Dragon. Une séquence réservant en outre une méga surprise absolument jubilatoire.
Ne pas faire référence à la trop rare Rashida Jones serait une grave erreur tant celle-ci impose un charme inné et un sens de la comédie parfaitement calibré. Idem pour les seconds rôles, tous parfaits, d’Olivia Colman (Broadchurch) à Ian McShane (Deadwood), en passant par Rory Kinnear (Penny Dreadful) et Kayvan Novak (Skins).

Baigné dans une ambiance typiquement british, parcouru de répliques et de situations hilarantes, Salsa Fury assure le show, en prenant soin d’utiliser la salsa pour délivrer un message de tolérance et d’épanouissement personnel. Feel good movie fort recommandable, Salsa Fury ne va pas révolutionner le septième-art. Là n’est pas le propos. Lui se « contente » de raconter une histoire solide et légère, d’être drôle et divertissant, sans commettre de quelconques faux pas. En somme, le genre qu’on regarde et regarde encore et encore avec plaisir.

@ Gilles Rolland

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Crédits photos : StudioCanal


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