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[Critique] KUNG FURY

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] KUNG FURY

Titre original : Kung Fury

Note:

★
★
★
★
☆

Origine : Suède
Réalisateur : David Sandberg
Distribution : David Sandberg, Jorma Taccone, Steven Chew, Leopold Nilsson, David Hasselhoff…
Genre : Comédie/Action
Date de diffusion : 28 mai 2015 (sur internet)

Le Pitch :
Miami, 1985. Kung Fury est un flic qui vient de perdre son coéquipier Dragon, coupé en deux par un ninja rouge. Lors de cet incident, il est frappé par la foudre et mordu par un cobra et développe d’impressionnants pouvoirs, et devient maître d’un nouveau kung-fu. Après avoir fait d’importants dégâts en battant une machine d’arcade devenue meurtrière, il se retrouve avec un nouveau coéquipier, Triceracop. Au même moment, Adolf Hitler, qui a voyagé dans le futur, attaque le commissariat de police de Kung Fury en tirant à travers un téléphone. Kung Fury décide de retourner dans le passer pour détruire celui qui se fait appeler… Kung Führer…

Le film dans son intégralité :

Le clip de David Hasselhoff :

La Critique :
Fin mai 2015, une semaine après sa diffusion à Cannes, il fut difficile de passer à côté d’un court-métrage qui a fait le buzz sur Internet. Tout est partie d’une envie de David Sandberg alors qu’il était créatif dans la pub et réalisateur de clips. Son désir : rendre hommage aux films de série B voire Z des années 80. Après avoir réalisé avec un budget minuscule ce qui allait devenir la bande-annonce du film, Sandberg a lancé une campagne sur le site de crowdfunding Kickstarter avec l’objectif de réunir 200.000 dollars pour faire une version de 30 minutes du film puis en deuxième but cinq fois plus de budget pour faire un long-métrage. Au final, au bout d’un mois, grâce à l’appui de 17.000 contributeurs, le projet a atteint plus de 600.000 dollars, soit trois fois l’objectif de départ. Du coup, en attendant de faire la version longue, Sandberg a décidé que la version de 30 minutes irait plus loin, serait plus délirante que prévue. Quelques semaines avant la sortie de Kung Fury, le clip de la chanson du film, True Survivor, avec David Hasselhoff donnait un petit aperçu de ce qui allait être la production la plus what-the-fuck de l’année trouvée sur internet.
La créativité dans le format court est sans limite, on a pu le voir à plusieurs, notamment avec l’excellent Pixels qui, à l’époque, avait bien tourné sur la toile. Kung Fury ne se refuse rien, ne cherchez rien de plausible, ni de probable, comme l’illustre la toute première scène, quand des lascars surarmés font voler dans les airs une voiture de police juste avec un skate-board avant de l’exploser en plein vol. Le héros hacke le temps comme on piraterait un système informatique, se retrouve à une époque où existaient des raptors-laser chassés par des valkyries armées de mitrailleuses lourdes, Hitler abat des gens en tirant à travers un téléphone, etc… Les dialogues étant tout aussi improbables à l’image de cet échange hilarant et surréaliste entre Kung Fury et Thor quand ils se rencontrent.

Kung-Fury-Techno-Viking

Mais au-delà de l’enfilade de séquences très drôles et décalées, le film est un hommage à la culture video-club. Celle des films bis sortis en VHS et qu’on prenait un plaisir coupable à louer. Les codes sont repris, du générique tout moche, aux fusillades délirantes, en passant des explosions à la pelle, des bimbos peu habillées mais très maquillées, des séquences illustrant la vie à Miami incrustées dans le film et n’ayant aucun intérêt autre que de montrer la ville, ou encore la grosse voix de fumeur bien badass du héros. Le tout motivé par un soucis du détails assez incroyable comme le prouvent ces distorsions d’image et de son dues à la bande VHS en mauvais état au début de la cassette qui coupent une scène intéressante (on a tous connu cette frustration quand il se passe un truc important en début de film et que c’est gâché par une bande en mauvais état). Kung Fury rend également hommage aux films d’action américains avec des arts martiaux dedans comme les bis American Ninja ou American Warrior et aux les films avec des dinosaures, sans oublier les buddy movies d’action/comédie. Sans oublier la séquence où Kung Fury traverse le temps dans un univers 3D à l’ancienne, qui est un clin d’œil à Tron. Mais au-delà des films, c’est à la culture des 80’s qu’il fait du pied. À celle des héros en Ferrari, à la musique gorgée de synthétiseurs, aux premiers téléphones portables gros comme des parpaings, ou aux premiers nerds et aux coupes mulets.
Dans cette optique, il était tout naturel de glisser dans le casting David Hasselhoff, acteur culte de séries des années 80/90, que l’on voit dans le clip de la B.O. ou plus brièvement en Hoff9000, référence évidente à K2000. Le reste du casting est très bon, avec en premier lieu David Sandberg, hilarant héros condensé de toute cette pop culture de l’époque. Un Adolf Hitler complètement décalé et très drôle (les nazis sont depuis quelques temps des méchants complètement WTF et souvent ridicules comme le montrent les comédies d’horreur Dead Snow et le bien barré Iron Sky) est joué par Jorma Taccone de The Lonely Island, un collectif d’humoristes américains auxquels on doit des sketchs comme la chanson culte Dick in a Box avec Justin Timberlake. Leopold Nilsson est très drôle en Hackerman, le plus grand des pirates informatiques, capable de se transformer en Hackerbot, Andreas Cahling l’est tout autant en Thor passionné par ses propres muscles, et les bombes Eleni Young et Helene Ahlson campent très bien les icônes féminines de cinéma bis.
Complètement taré et sans limite, Kung Fury est un régal de film devant lequel on pose le cerveau et on rit. C’est un brillant hommage à une culture certes dépassée mais faisant objet d’un culte sans faille . C’est une véritable madeleine de Proust fourrée aux ecstasy et aux champignons hallucinogènes qui nous fait remémorer, avec nostalgie et stupeur, ces films bis sortis en DTV, que l’on regardait avec un certain plaisir.

@ Nicolas Cambon

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