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Rêves syncopés de Laurent Bonneau et Mathilde Ramadier

Publié le 22 juin 2015 par 7bd @7BD
Editions Dargaud Titre : Rêves Syncopés Dessin : Laurent Bonneau Scénario : Mathilde Ramadier Editeur : Dargaud
Résumé :  
Cette BD est un témoignage. Un grand personnage nous parle de son sujet favoris : la naissance de la culture musicale électronique techno jusqu’à son expansion vertigineuse en à peine une dizaine d’année…  Laurent Garnier, célèbre DJ underground, nous explique comment il a vécu cette mouvance novatrice.  Il nous décrit donc sa carrière (De Manchester à Berlin en passant par Paris et Detroit), ses rencontres, ses sensations, ses convictions, ses sources, ses expériences, ses anecdotes etc…, le tout avec entrain et une passion toujours aussi constante.
La bande annonce par Laurent Garnier Himself !
Mon avis :
Cette œuvre est une expérience graphique adaptée au thème en question. Une BD bizarre mais en même temps très agréable et intéressante. On tombe parfois dans du kitsch et/ou du psychédélique mais toujours graphiquement très travaillé, un vrai bonheur pour les yeux. Laurent Bonneau est un véritable artiste au-delà de la ligne claire, le design est en premier plan.

laurent Bonneau et Mathilde Ramadier, Dargaud

Planche 36


 Le dessin, les couleurs, le style, la mise en scène :
Le dessin de Laurent Bonneau est de toute beauté, très élaboré, puissant, dynamique, donnant cette impression de mouvement. Il colle à merveille avec le sujet techno,  le mariage avec la musique s’opère donc parfaitement. Ce dessin nous transcende dans cet univers rythmé, les gens dansent, le dessin danse et nous fait planer, voire rêver. Nous sommes plongés dans la musique, dans ces salles de danse… on croirait que la musique sort du dessin. 
C’est magique.  Les couleurs sont vives et fugaces, entraînantes et apaisantes à la fois, tantôt chaudes et tantôt froides suivant la cadence de la mélodie du découpage et du scénario. J’ai beaucoup apprécié aussi les bulles de couleurs lors des dialogues, que l’on associe évidemment aux couleurs des vêtements des interlocuteurs.
Le style est à la fois moderne et rétro, très design et réaliste.  Les portraits sont d’une justes et carrément bluffants. J’adore le portrait de Jeff Mills par exemple...  Les mises en scène des cases sont bien agencées, alternant donc portraits, vues d’ensemble, gros plans, détails, flous etc…

Dargaud

Planche 9


Le scénario, le découpage :
Le scénario part d’une base classique : une interview de Laurent Garnier. (A noter, chose assez rare, que la scénariste est l’intervieweuse, et donc qu’elle est dessinée par le dessinateur…) Mais la magie de tout bon scénario fait effet, on finit par oublier l’interview classique pour se plonger corps et âmes dans le fond de la BD et avoir envie de danser et d’écouter la musique sujette de l’œuvre. 

Cette interview se transforme donc en une véritable aventure, un documentaire captivant aux multiples références musicales et de leurs origines, comme l’Acid House ouleDisco, mais aussi le matériel légendaire comme la TB-303 de ROLAND, les Technics MK2, les lieux : Manchester, Detroit, Paris, Berlin, Chicago, et les artistes :  Jeff Mills, Moritz von Oswald, Scan X etc…
Laurent Garnier nous expose ses réflexions sur cette culture, et le besoin de susciter des émotions au travers de son travail. Les textes de Mathilde Ramadier nous transmettent ainsi ses pensées à merveille. Le résultat est surprenant, graphique, fantastique, nouveau, transcendant.
Le découpage, quant à lui est carré, très dynamique. La cadence est rapide comme le tempo musical Techno. Les multitudes de vignettes nous tiennent réveillé, en haleine et on en demande ainsi toujours plus… Ce découpage suit une véritable mélodie, par moments très rythmée avec bon nombre de vignettes, puis un ralenti en revenant sur les scènes d’interview, pour repartir finalement en une montée en puissance classique, et cela se répète, comme dans tout bon morceau de House suivant sa fameuse sinusoïde cyclique...
Les auteurs nous agrémentent aussi l’œuvre de quelques pages de biographie sur les artistes ayant marqué cette mouvance. C’est un petit intermède particulièrement appréciable.

Dargaud

Planche 6


Il n’y a pas à dire, ce livre est original et exceptionnel.
Les auteurs et la maison d’édition ont relevé le défi de tenter une telle expérience bizarroïde et on peut dire que le pari est réussi. L’ensemble est très cohérent, voire plus encore, la musique se fait largement entendre à travers ce remixe de textes, dessins et conception graphique. 
Il en ressort beaucoup d’émotions positives et un formidable documentaire hommage sur cette culture qui fut trop longtemps obscure.
Ciao,  Yann 

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