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Yves Grevet : U4. Koridwen

Par Stephanie Tranchant @plaisir_de_lire

U4. Koridwen d’Yves Grevet   4,5/5 (18-06-2015)

U4. Koridwen (360 pages) sort le 27 août 2015 aux Editions Nathan et Syros.

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L’histoire (éditeur) :

Koridwen a survécu à tous les habitants de son hameau de Bretagne. Avec l'aide d'Yffig, elle les a inhumés les uns après les autres, puis le vieil homme est lui aussi décédé. 
Le jour de ses 15 ans, suivant les dernières volontés de sa mère, la jeune fille ouvre une enveloppe laissée par sa grand-mère. Dans ce courrier, il est question d'un long voyage et de mondes parallèles.

Mon avis :

Présentée comme la série de LA rentrée littéraire, U4 avait de quoi titiller ma curiosité et jouer sur ma patience. Difficile d’attendre plus de deux mois avant de la découvrir, et comme l’occasion s’est présenté j’ai donc tout de suite englouti un premier tome. Comment ça UN premier tome ? Pourquoi pas LE premier tome ? Tout simplement parce qu’aucun ordre n’est imposé pour la lecture de U4.

Mais laissez-moi vous en dire plus…

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U4 c’est l’association de 4 auteurs qui tenaient à travailler ensembles sur un même projet : Florence Hinckel, Carole Trebor, Vincent Villeminot et Yves Grevet. Ces deux derniers, publiés l’un chez Syros et l’autre chez Nathan, ne souhaitant pas quitter leur éditeur, ont présenté le projet à chacune de leur maison d’édition qui se sont naturellement associées pour publier U4.

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U4 est donc une série non pas écrite à 4 mains mais qui met en scène 4 personnages chacun sous la plume d’un auteur. Ces quatre héros ont trois points communs : ce sont des ados, ils sont les experts d’un jeu vidéo et vont être confrontés à l’Apocalypse. Du 7 novembre au 24 décembre, Koridwen, Yannis, Jules et Stéphane vivent une aventure qui sera immanquablement confrontée à celle des autres tout en vivant tous indépendamment une destinée qui leur est propre.

La promesse de cette série ? Les quatre romans  ont beau dérouler au même moment et dans le même univers ils peuvent se lire de manière indépendante et sans donner le sentiment de lire la même chose de quatre points de vue différents.  Chaque auteur signe son propre roman, racontant à la première personne l’histoire de son personnage mêlée à celles des autres, un roman qui se suffit à lui-même tout en donnant envie de lire les autres.

Pari réussi ? Oui, oui, oui !

Ne sachant pas par lequel commencer, j’ai profité de la présence d’Yves Grevet au Salon Saint Maur en poche pour attaquer Koridwen.

Koridwen est la seule survivante de son hameau de Ménesguen. Elle survit grâce à la présence de ses bêtes, les animaux de la ferme qui lui donnent une raison de vivre (et aussi la fatigue nécessaire pour arriver à dormir et ne pas broyer du noir, au risque d’aller retrouver ses proches disparus). Depuis octobre, 90% de la population a été victime de U4, un virus ultra violent qui tue en à peine  40 heures ceux qui sont touchés. La nourriture et l’eau commencent à manquer, internet n’existe plus et l’électricité vit ses dernières heures. Avant de retomber à l’âge de pierre, Kori, adepte du jeu vidéo WOT (Warriors of Times) reçoit un étrange message dont elle ne tient pas vraiment compte, avant de tomber sur la lettre de sa grand-mère, une guérisseuse bretonne (un peu sorcière) qui lui révèle l’avenir qu’elle a vu en elle : un grand malheur, un voyage et un rôle majeur dans le sauvetage de l’humanité. Cette prédiction n’est pas sans lui rappeler le message du jeu reçu quelques semaines plus tôt, et les rêves qui l’habitent depuis plusieurs jours.

Face à la vulnérabilité de sa situation et aux menaces constantes de pillages et de violence, l’idée de partir pour Paris devient évidente. Elle charge son tracteur, y installe Max son cousin autiste et note les 97 villes à franchir.

U4. Koridwen devient durant une bonne partie du roman un road trip palpitant fait de dangers et de rencontres. Puis vient Paris et ses épreuves. La capitale est livrée aux mains de quelques gangs et de l’armée qui a installé des R.Points et qui tente de contrôler les derniers adolescents survivants. Koridwen et quelques autres jeunes résistent et s’organisent. Pour quoi ? Sauver le monde ? Rien n’est certain en vérité, car si la jeune bretonne croit en la prédiction et même si les nombreux signes lui prouvent que sa grand-même disait vrai, le doute reste omniprésent et l’extravagance de la situation la laisse dans l’incertitude.

L’histoire que vit l’adolescente est intrigante. Scotchée à son récit c’est difficile de la quitter tant on veut connaitre la fin et savoir de quoi le 25 décembre sera fait . Kori est attachante, c’est un personnage intéressant et chouette à suivre, sans être imprévisible elle réserve des surprises dans ses choix. Elle est posée, intuitive, forte mais fragile parfois (capable de tuer quand c’est nécessaire mais avec à chaque fois le regret d’une vie perdue), respectueuse et protectrice.

Son récit est imprégné de culture bretonne (comptine, prières, pratiques, potions, dieux et déesses celtes) qui rythme son aventure. J’ai beaucoup aimé cette appartenance omniprésent et voir  grandir cette espèce de magie liée à la prophétie. Même si l’ambiance reste proche de la réalité, le lecteur se laisse prendre par ces histoires de signes et de sorcières. L’esprit aussi rationnel que sensible de Koridwen donne envie de croire et d’espérer, et rend surtout plus désireux de savoir comment tout cela va finir.

La fin, pleine d’optimisme, est un peu abrupte mais donne franchement envie de se jeter sur un des autres personnages. Voilà une première lecture de U4 très réussie. Pour une lecture jeunesse, c’est raconté avec sensibilité (il y a même une certaine pudeur par moment qui m’a plu) et  simplicité.

L’action ne manque pas et le peu de temps morts présents ne gâchent vraiment rien à l’histoire qui reste addictive du début à la fin. On croise évidement Yannis, Jules et Stéphane  qui ont chacun un rapport différent avec Koridwen et il me tarde de découvrir leur propre histoire, comment ils vivront cette fin du monde et son sauvetage.

Bref, U4. Koridwen se suffit à lui-même mais je doute qu’après sa lecture vous décidiez d’en rester là. Un conseil ; achetez directement les quatre tomes le 27 août !

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  Teaser de U4 ici


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