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Les derniers jours de nos pères, roman de Joël Dicker

Par Mpbernet

Dicker

Joël Dicker n'a que 30 ans et déjà deux volumineux romans à son actif. Celui-ci est le premier qu’il a écrit en 2010, avant le best-seller qui le fit connaître : La vérité sur l’affaire Harry Quebert. Pour ce premier roman, un thème historique : le roman d’apprentissage d’une équipe de jeunes patriotes désireux de se battre derrière les lignes allemandes, à l'appui d'une documentation fouillée ... C’est crâne !

C’est la mission du SOE (Special Opérations Executive), créé par Churchill, et un peu en marge des autres services secrets britanniques. Un service d’action chargé de créer la panique chez l’ennemi, faire de la propagande noire en diffusant de fausses nouvelles, de l’intoxication, former les réseaux de Résistance, les équiper, leur fournir de l’argent et des armes, appuyer leurs attentats. La section F regroupe des agents maîtrisant la langue française : leur formation est longue, fastidieuse, on élimine les plus faibles. C’est une organisation un peu « foutraque », dirigée par Maurice Buckmaster, ex-directeur de la branche française de la compagnie Ford … pas toujours très efficace.

Ceux qui réussissent la sélection deviennent naturellement amis. Enfin, pas tous … Ils prennent des noms de guerre : il y a ceux qui se révèleront des héros, ceux qui ne tiendront pas le coup, ceux qui mourront en parlant, ceux qui reviendront grandis, ceux qui reprendront le fil de leur vie mais changés à jamais. Les plus sympathiques ne sont pas les plus élégants ni les plus courageux, mais ce sont des Hommes. Même et surtout s’ils ont dû tuer des Hommes. L‘amour est omniprésent : celui de Paul-Emile pour son père qui l’attend, celui de Laura pour Paul-Emile, celui de Stan pour ces jeunes recrues qu'il envoie au casse-pipe … L’absurdité de la guerre, les remords des combattants, les motifs de faiblesse, tellement humains : on n’a pas l’habitude de traiter l’espionnage de cette façon, de l’autre côté du miroir. Il est vrai aussi que les sources deviennent, avec le temps, plus accessibles et que l’on sait, notamment à travers le livre de Daniel Cordier – Alias Caracalla – comment la négligence ou le manque de discrétion, les sentiments personnels interférant avec la mission, pouvaient conduire à la catastrophe.

Malgré les élégances de style, les accumulations un peu incantatoires mais furieusement poétiques, le propos manque toutefois de rythme. J’ai eu un peu de mal à terminer le livre, même si l’émotion submerge le lecteur dans la quatrième partie. L’auteur en a encore sous le pied, c’est certain … restons optimistes !

Les derniers jours de nos pères, roman de Joël Dicker – aux éditions de Fallois, L’âge d’Homme – 450 p. 8,50€


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